Après la chute du rĂ©gime d’Assad, des membres de la communautĂ© juive syrienne installĂ©e aux États-Unis ont effectuĂ© une visite inĂ©dite dans le quartier juif de Damas la semaine dernière.
Cette dĂ©lĂ©gation, composĂ©e de figures religieuses et communautaires, a explorĂ© plusieurs sites du patrimoine juif de la capitale syrienne et s’est entretenue avec des reprĂ©sentants du nouveau gouvernement.
Parmi les participants figurait le rabbin Asher Lopatin, 60 ans, directeur des relations communautaires Ă la fĂ©dĂ©ration juive d’Ann Arbor, dans le Michigan, et leader de la communautĂ© « Etz Chaim ». DiplĂ´mĂ© en relations internationales et en Ă©tudes islamiques de l’universitĂ© de Boston, il a partagĂ© son expĂ©rience dans un entretien avec la chaĂ®ne israĂ©lienne Kan 11, soulignant l’atmosphère d’ouverture ressentie par les visiteurs.
Mouaz Moustafa, directeur de la Syrian Emergency Task Force, a confiĂ© Ă l’agence de presse turque Anadolu qu’il s’agissait de la première visite officielle d’une dĂ©lĂ©gation juive en Syrie depuis 33 ans.
« Il ne reste plus que très peu de Juifs en Syrie. Nous espérons restaurer les synagogues et mobiliser la communauté internationale pour lever les sanctions qui pèsent sur notre pays », a-t-il déclaré.
S’adressant aux Juifs d’origine syrienne dispersĂ©s Ă travers le monde, Moustafa a affirmĂ© : « Votre patrie est en sĂ©curitĂ©, vous pouvez revenir. » Il a insistĂ© sur le fait que le nouveau gouvernement s’engage Ă rĂ©intĂ©grer tous les Syriens, contrairement Ă la politique d’exclusion pratiquĂ©e sous le rĂ©gime Assad.
La communautĂ© juive de Syrie, autrefois l’une des plus prospères du Moyen-Orient, Ă©tait rĂ©partie entre Damas, Alep et Qamichli. Cependant, sous le règne autoritaire de la famille Assad depuis les annĂ©es 1960, elle a presque entièrement disparu.
En 1992, plus de 5 000 Juifs ont Ă©tĂ© forcĂ©ment dĂ©placĂ©s sous le rĂ©gime de Hafez al-Assad et contraints de s’exiler en Europe, tandis que leurs biens Ă©taient confisquĂ©s par l’État.
Aujourd’hui, si des synagogues historiques et des sites du patrimoine juif subsistent, le nombre de Juifs rĂ©sidant encore Ă Damas est devenu infime.
Selon des sources locales, contrairement Ă la vague de violences qui avait marquĂ© le conflit en 2015, la chute d’Assad s’est cette fois produite de manière relativement pacifique, les forces rebelles ayant pris le contrĂ´le de Damas sans rĂ©sistance majeure.
.





