«Parfois, des roquettes tombent sur notre territoire. Certains intervenants de cette guerre tentent de nous provoquer. Mais nous faisons de notre mieux pour ne pas rĂ©agir. Notre mission est de ne pas intervenir et ĂŞtre sur sur nos gardes pour assurer que cette guerre n’arrive pas en IsraĂ«l « , explique un jeune officier des Forces de dĂ©fense israĂ©liennes (FDI), qui prĂ©fère rester dans l’anonymat, et se trouve Ă l’un des points les plus Ă©levĂ©s du Mont Hermon.
Ce sommet, se trouve Ă 2814 mètres au dessus du niveau de la mer, la frontière entre la Syrie, le Liban et IsraĂ«l depuis que l’Etat juif pris cette rĂ©gion dans la guerre des Six-Jours de 1967, avec les hauteurs du Golan.
« Il y a deux principales menaces dans ce domaine. D’une part, l’instabilitĂ© totale en Syrie, oĂą le groupe contrĂ´le une zone qui peut changer en quelques heures. En outre, les organisations extrĂ©mistes en Syrie et au Liban, » a dit un porte-parole militaire.
Les soldats sur la frontière avec la Syrie jouent un rĂ´le moins connu dans la guerre qui sĂ©vit dans le pays voisin ; ils sont souvent ceux qui transportent les blessĂ©s qui s’approchent de la frontière, plus de 1.700 depuis 2013.
Selon la gravité des blessures, les soldats décident si le médecin les soigne dans la base militaire ou si leur état nécessite de les déplacer dans un hôpital public.
« Ils acceptent sans demander Ă Â quel groupe ils appartiennent, car beaucoup sont des enfants qui sĂ©journent quelques mois dans nos hĂ´pitaux. Ils sont ensuite renvoyĂ©s dans leur pays», explique Nir Boms, professeur d’Ă©tudes du Moyen-Orient Ă l’UniversitĂ© de Tel Aviv.
Cet universitaire qui a commencé en Israël en Mars 2012 a été actif dans le mouvement national pour aider la population syrienne , une contribution qui dans de nombreux cas a dû être anonyme pour assurer la sécurité des intervenants.
«Je devais enlever les autocollants d’aides qui sont identifiĂ©es comme israĂ©liens. Le moment oĂą vous dĂ©couvrez tout ce qui touche Ă IsraĂ«l peut avoir des consĂ©quences graves », a dit le professeur.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment rejeté la possibilité que le pays accueille des réfugiés de la guerre en Syrie, en expliquant qu’Israël est une petite nation et doit se défendre du «terrorisme».
Le chef de l’opposition travailliste, Isaac Herzog, avait demandĂ© au gouvernement d’autoriser l’entrĂ©e des rĂ©fugiĂ©s syriens, car, Ă son avis, «les Juifs ne peuvent pas voir avec indiffĂ©rence ( par rapport Ă la Shoah) l’arrivĂ©e des centaines de milliers de rĂ©fugiĂ©s qui cherchent un endroit sĂ»r. »
« Peu de rĂ©fugiĂ©s ont voulu rester en IsraĂ«l jusqu’Ă maintenant. Beaucoup ont un choc de se rĂ©veiller dans un hĂ´pital israĂ©lien, car ils ont Ă©té endoctrinĂ©s par la propagande anti-israĂ©lienne, et ils ont une vision satanique du pays», dit Yigal Palmor, directeur la communication de l’Agence juive, l’organisme chargĂ© de l’immigration juive en IsraĂ«l .
Il y a une communauté en Israël qui vit la guerre en Syrie de façon particulièrement douloureuse : ce sont les Druzes, une minorité religieuse qui vit principalement dans ces deux pays, le Liban et la Jordanie.
La plupart des habitants vivent dans Majdal Shams, qui est une ville au pied du mont Hermon, d’origine druze syrienne, la plus grande communautĂ© dans le territoire conquis par IsraĂ«l en 1967.
« Nous sommes Ă Â proximitĂ© des bombes. On a entendu les« boum, boum, boum », mais rien ne tombe ici ( en IsraĂ«l). Nous n’avons pas peur, nous sommes indignĂ©s par ce qui se passe lĂ -bas (en Syrie)», dit Mona, de la communautĂ© druze qui possède une maison avec ce restaurant de la ville frontalière.
«Nos familles sont là , mais nos proches ne viendront pas. Ils veulent restés la bas. Voilà comment nous sommes, » explique t-il.
Quand aux IsraĂ©liens et leur rĂ´le dans la crise des rĂ©fugiĂ©s syriens en provenance d’autres parties du pays, les rĂ©sidents de JĂ©rusalem, Tel-Aviv et Ă Sderot, naviguent entre l’empathie et l’Ă©motion, devant ces familles qui veulent fuir sans regarder en arrière avec la peur de nouveaux Ă©pisodes de terrorisme et de violence en IsraĂ«l.




