Le souverain de DubaĂŻ a espionnĂ© son ex-femme Ă  l’aide du logiciel israĂ©lien NSO

Le souverain de DubaĂŻ, le cheikh Muhammad bin Rashd al-Maktoum, a utilisĂ© le logiciel espion Pegasus de l’ONS israĂ©lien pour pirater le tĂ©lĂ©phone de son ex-femme, la princesse Haya de Jordanie. La Cour suprĂŞme britannique a statuĂ© ce soir que selon le tribunal, les tĂ©lĂ©phones des avocats de la princesse et de son personnel ont Ă©galement Ă©tĂ© piratĂ©s Ă  l’aide de « Pegasus » lors des audiences de garde Ă  vue et de son divorce avec le Sheikh Muhammad. L’ONS a confirmĂ© les dĂ©tails.

« Il s’agit d’une grave violation de la loi britannique », a dĂ©clarĂ© le tribunal. « Il s’agit d’une intervention dans le processus judiciaire du tribunal et d’un abus de pouvoir du chef de l’Etat. Les tĂ©lĂ©phones portables de la mère, deux avocats, un assistant personnel et deux membres de l’Ă©quipe de sĂ©curitĂ© ont souffert d’une tentative rĂ©ussie d’intrusion d’un système de surveillance. Le logiciel utilisĂ© est celui d’une sociĂ©tĂ© israĂ©lienne : « La surveillance a Ă©tĂ© effectuĂ©e par des serviteurs du père (Cheikh Muhammad), et a eu lieu avec son approbation directe ou tacite. »

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Selon le tribunal, le piratage de l’appareil de la princesse Haya a rĂ©ussi et a entraĂ®nĂ© la suppression de 250 mĂ©gaoctets d’informations de l’appareil. Le Dr Bill Marzak, du Citizen Love Institute de l’UniversitĂ© de Toronto, a tĂ©moignĂ© devant le tribunal qu’il n’avait aucun doute que les tĂ©lĂ©phones avaient Ă©tĂ© piratĂ©s Ă  l’aide de Pegasus, et a estimĂ© avec une grande confiance qu’ils avaient Ă©tĂ© piratĂ©s par un opĂ©rateur d’État, et avec une confiance modĂ©rĂ©e que c’Ă©tait le Emirats Arabes Unis. L’ONS a confirmĂ© dans une lettre au tribunal mes conclusions. « 

L’Ă©quipe juridique de la princesse Haya a appris l’effraction pour la première fois le 5 aoĂ»t 2020. Selon le tribunal, Marzak a Ă©tĂ© la première Ă  informer son Ă©quipe d’avocats de l’effraction dans l’appareil. La deuxième alerte a Ă©tĂ© reçue lors d’un appel tĂ©lĂ©phonique urgent passĂ© par Sherry Blair, l’Ă©pouse de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, Ă  la baronne Fiona Shackleton, l’un des avocats de la princesse.
Blair, qui est conseillère aux droits de l’homme au NSO, a contactĂ© Shackleton après qu’un haut responsable de l’entreprise l’a appelĂ©e pour lui faire savoir que l’entreprise avait appris que son logiciel avait Ă©tĂ© utilisĂ© Ă  mauvais escient pour surveiller les tĂ©lĂ©phones de la baronne et de la princesse. Il a dĂ©clarĂ© qu’il n’Ă©tait plus possible d’accĂ©der aux tĂ©lĂ©phones via Pegasus et a demandĂ© de l’aide pour contacter Shackleton. Selon un reportage de la BBC, la sociĂ©tĂ© a annulĂ© son contrat avec les Émirats arabes unis Ă  la suite de l’incident.

La princesse Haya, la fille de feu le roi Hussein de Jordanie, a fui avec ses deux enfants de DubaĂŻ vers le Royaume-Uni en 2019, après avoir dĂ©couvert que son mari avait alors ordonnĂ© l’enlèvement de deux de ses autres filles Ă  DubaĂŻ. « La mère vit dans la peur pour sa vie, et dans la peur pour la vie de ses enfants depuis avril 2019 », ont soutenu les avocats devant le tribunal, qui ont Ă©galement dĂ©clarĂ© qu’elle recevait rĂ©gulièrement des menaces de la part des agents de son ex-mari. Cheikh Muhammad a mĂŞme achetĂ© une propriĂ©tĂ© rĂ©sidentielle près de l’endroit oĂą vit la princesse, selon ses avocats, afin de la retrouver.

L’effraction a eu lieu en juillet et aoĂ»t 2020, Ă  un stade critique de la procĂ©dure de garde Ă  vue entre Cheikh Muhammad et la princesse. « Les accusations de piratage ont Ă©tĂ© portĂ©es devant le tribunal alors qu’il y avait dĂ©jĂ  des conclusions très sĂ©rieuses contre le père », lit-on dans le verdict.

« Il est dĂ©sormais clair que la mère est obligĂ©e de jouer Ă  un terrible jeu de vie et de mort, et marche dans l’obscurité », ont dĂ©clarĂ© les avocats de la princesse au tribunal. « Alors que nous cherchons des rĂ©ponses concernant l’achat de la propriĂ©tĂ©, des pirates informatiques s’efforcent de perturber ses communications personnelles et confidentielles. »

NSO a rĂ©pondu : « Chaque fois qu’il y a un soupçon d’abus, NSO enquĂŞte, NSO met en garde, NSO se dĂ©connecte. NSO est fier que son engagement en faveur de la protection des droits de l’homme ait Ă©tĂ© prouvĂ©. NSO n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  fermer les systèmes des clients passĂ©s, d’une valeur de plus de 300 millions de $. « Comme l’a dit le tribunal, NSO choisit des normes Ă©thiques plutĂ´t que des revenus. Le tribunal a exprimĂ© son apprĂ©ciation pour la coopĂ©ration de NSO, qui est donnĂ©e mĂŞme si l’entreprise n’est pas sous la juridiction du tribunal. »