« ON NE PEUT PLUS VIVRE COMME ÇA » : une femme enceinte s’emporte contre le chaos migratoire à Ceuta

Une femme de Ceuta a confronté en pleine rue un homme qui défendait la vague migratoire ayant submergé le mois dernier cette ville autonome espagnole, frontalière de l’Afrique du Nord.

Le chaos avait éclaté dans toute la ville de Ceuta lorsque près de 70 000 migrants, majoritairement de jeunes hommes, avaient franchi la frontière depuis le Maroc pour affluer vers la ville espagnole. Des images avaient alors montré des migrants envahissant des commerces et s’affrontant avec la police, tandis que d’autres images semblaient montrer les autorités marocaines déposant des camions entiers de jeunes hommes à la frontière. Bien que le Maroc soit censé contrôler sa frontière, certains migrants ont affirmé que les gardes-frontières les avaient tout simplement laissés passer.

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« Où est la police ? »

Ceuta fait partie politiquement, mais non physiquement, de l’Espagne — la ville constitue l’un des rares points où l’Union européenne partage une frontière directe avec l’Afrique. Cette crise avait fait grimper les tensions entre pays européens, la Première ministre italienne Giorgia Meloni ayant menacé de suspendre les accords de Schengen, qui permettent la libre circulation entre États, en dénonçant la politique migratoire jugée trop laxiste de l’Espagne comme responsable de l’explosion de cette crise. Beaucoup ont pointé du doigt une décision de la Cour suprême espagnole selon laquelle les migrants entrés illégalement ne seraient pas immédiatement expulsés mais bénéficieraient d’une procédure régulière ; d’autres estiment que des passeurs et trafiquants d’êtres humains, informés de cette décision, en auraient profité pour attirer davantage de candidats au départ.

Les autorités espagnoles et marocaines s’efforcent aujourd’hui de contenir une nouvelle vague de migrants, avec environ 300 personnes interpellées à ce stade.

Dans la vidéo, la femme, qui dit être enceinte et avoir peur de sortir de chez elle, accuse des migrants d’avoir violé des femmes de la ville. « Où est la police ? », a-t-elle demandé avec colère.

« Les femmes doivent vivre comme ça ? », a-t-elle poursuivi. « Les terroriser au point qu’elles ne puissent plus sortir de chez elles ? C’est injuste, ce qu’on vit est injuste. » Alors que l’homme tentait d’interrompre sa tirade, elle l’a repoussé de la main en lui disant : « Partez d’ici. » L’homme a alors reculé de quelques pas.

« C’est injuste, c’est très injuste qu’on doive vivre comme ça », a-t-elle continué, avant de s’adresser directement à ses concitoyens : « Et ici, il faut se lever, Ceuta ! Et le pays aussi, parce qu’on ne peut plus vivre comme ça. »

« Je suis enceinte, et je souffre », a-t-elle ajouté. « J’ai un enfant, et je souffre, et ça fait mal que ma ville soit comme ça. Il faut qu’on se lève ! On ne peut pas se faire envahir comme ça. »


Pour prolonger sur la crise migratoire à Ceuta, retrouvez notre article sur les tensions frontalières entre le Maroc et l’Espagne.