Le virus respiratoire qui s’empare des États-Unis et de l’Europe : cette fois, il n’existe pas de vaccin

Pendant que l’attention publique se focalise sur la grippe et le Covid, un autre virus avance discrètement dans l’ombre et installe une présence de plus en plus préoccupante dans les services hospitaliers des États-Unis et d’Europe. Le hMPV — Human Metapneumovirus — n’est pas nouveau. Mais les données de ce printemps 2026 font monter la fièvre chez les épidémiologistes.

Selon les données du CDC américain, le taux de tests positifs au hMPV a récemment atteint environ 11 % — un chiffre nettement supérieur à la moyenne enregistrée sur la même période avant la pandémie de Covid. Ce pic printanier correspond au schéma habituel du virus, dont la saison de pointe s’étend de la fin de l’hiver jusqu’au printemps — mais son ampleur cette année préoccupe les systèmes hospitaliers déjà sollicités.

Un virus qui se cache derrière les autres

Identifié pour la première fois en 2001 par des chercheurs néerlandais, le hMPV circulait en réalité parmi les humains depuis au moins le milieu du siècle dernier, comme l’ont révélé des études sérologiques rétrospectives. Il appartient à la famille des Pneumoviridae — la même que le RSV, ce virus hivernal bien connu des pédiatres. Génétiquement, il est proche du métapneumovirus aviaire, ce qui a conduit les chercheurs à supposer qu’il a effectué un saut de l’animal vers l’homme il y a au moins 70 ans.

Sa principale arme de discrétion, c’est son mimétisme clinique. Fièvre, toux, essoufflement, sifflements — ses symptômes sont quasi-identiques à ceux d’autres maladies respiratoires hivernales. Résultat : la grande majorité des cas ne sont pas diagnostiqués comme hMPV, faute de tests PCR multiplex réalisés en routine dans les cabinets médicaux. Cette absence de diagnostic précis entraîne parfois une prescription inutile d’antibiotiques — totalement inefficaces contre un virus — ou un retard dans la mise en place d’un traitement de soutien adapté.

Qui sont les plus vulnérables ?

Chez les personnes en bonne santé, le hMPV provoque généralement une infection des voies respiratoires supérieures comparable à un rhume. Mais dans les groupes à risque, il peut devenir sérieusement dangereux. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, il est la deuxième cause d’hospitalisation pour bronchiolite après le RSV. Chez les personnes âgées de plus de 65 ans et les patients immunodéprimés, il peut provoquer des lésions pulmonaires graves nécessitant une ventilation assistée. Des études menées sur plusieurs centaines de patients montrent que les taux de mortalité et d’hospitalisation liés au hMPV chez les personnes âgées sont comparables à ceux de la grippe et du RSV. Par ailleurs, une infection par ce virus en bas âge a été associée à un risque accru de développer de l’asthme plus tard — un lien similaire à celui établi avec le RSV.

Pas de vaccin, pas de traitement spécifique

C’est là que réside la frustration des cliniciens : en 2026, il n’existe aucun antiviral spécifiquement approuvé contre le hMPV, et aucun vaccin disponible. La prise en charge reste purement symptomatique — assistance respiratoire et maintien de l’équilibre hydrique. Tandis que les deux dernières années ont vu l’approbation des premiers vaccins contre le RSV, le développement d’un vaccin contre le hMPV bute sur des difficultés techniques liées à la structure complexe de la protéine de fusion du virus. Plusieurs laboratoires pharmaceutiques sont néanmoins actuellement en phases 2 et 3 d’essais cliniques avec des technologies à ARNm, dans l’objectif de produire un vaccin combiné protégeant contre plusieurs virus respiratoires simultanément.

En attendant, les autorités sanitaires rappellent que les gestes de prévention les plus efficaces restent les plus basiques : le virus est relativement stable sur les surfaces et peut survivre plusieurs heures sur les mains ou les objets. Un lavage régulier des mains pendant au moins 20 secondes et l’évitement du contact avec des personnes malades constituent les principales recommandations — particulièrement dans les environnements fermés comme les maisons de retraite et les crèches, où le hMPV tend à se propager rapidement et à provoquer des foyers d’épidémie locaux aux conséquences parfois sévères.


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