Les amis de Romain Franck accusĂ© de faire passer des armes de Gaza vers Israel :  » Il rĂŞvait d’ĂŞtre pompier et il est venu en Israel pour gagner de l’argent… »

Romain Franck - Shabak

« Il a travaillĂ© comme serveur, puis s’est portĂ© volontaire dans une caserne de pompiers et a voyagĂ© en IsraĂ«l pour gagner de l’argent », c’est ce que les amis de Romain Frank, disent pour l’innocenter apres qu’il est accusĂ© d’avoir transportĂ© des valises contenant des armes de Gaza en JudĂ©e Samarie.

En effet, les amis du trafiquant ont du mal Ă  digĂ©rer l’affaire : « C’est un bon garçon, il a Ă©tĂ© manipulĂ©. »

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Ajoutant : « C’est un ami d’enfance, je le connais depuis qu’il est petit et je ne le crois pas. »

Un autre ami de Romain Frank, un employĂ© du consulat de France en IsraĂ«l, accusĂ© d’avoir transfĂ©rĂ© des armes de Gaza par le passage d’Erez en JudĂ©e Samarie en Ă©change de dizaines de milliers de shekels, a dit d’une voix tremblante : « Ça n’a pas de sens ».

Rappel des faits : Romain Frank, citoyen français de 24 ans qui travaille au consulat de France Ă  JĂ©rusalem, a Ă©tĂ© accusĂ© de conspiration avec cinq autres accusĂ©s. Il a Ă©tĂ© payĂ© pour avoir fait passer des armes tout en profitant de sla position consulaire lui permettant d’Ă©viter d’ĂŞtre contrĂ´lĂ© au point de passage d’Erez.

« C’est un bon garçon, il voulait ĂŞtre pompier et il est allĂ© en IsraĂ«l pour voyager un peu et visiter le pays – et surtout pour gagner de l’argent afin de pouvoir acheter une maison Ă  son retour et ĂŞtre pompier », a dĂ©clarĂ© Mike.

Il y a environ un an, un ami de Frank, qui a Ă©tudiĂ© les sciences politiques, lui a parlĂ© du travail au consulat de France Ă  JĂ©rusalem. « Cela n’a pas de sens, nous sommes sĂ»rs « , estime un ami. « Lui et sa famille sont des gens dĂ©cents, sans casier judiciaire, il est une bonne personne. »

L’affaire, selon des experts français, affectera la position de la France vis-Ă -vis d’IsraĂ«l. « C’est une affaire sĂ©rieuse, parce qu’IsraĂ«l fait tout son possible pour empĂŞcher les Palestiniens de s’armer avec des armes », a dĂ©clarĂ© Vincent Lemir, professeur d’histoire, sur le site Internet Europe 1. « Nous parlons de 70 armes, une quantitĂ© importante, et ce qui est particulièrement inquiĂ©tant, l’une d’entre elles pourrait avoir Ă©tĂ© utilisĂ©e , par exemple, pour tuer un policier israĂ©lien. »

« L’affaire va forcer la France Ă  rester discrète et Ă  affaiblir le ministre des Affaires Ă©trangères Jean-Yves Le Derrin », a ajoutĂ© l’historien. « De plus, cela va donner de la pression Ă  IsraĂ«l sur le consulat français, comme le refus de permis ou de plaques d’immatriculation diplomatiques. »

Les douzaines d’armes passĂ©es en contrebande par Frank sont parvenues Ă  des marchands d’armes palestiniens en JudĂ©e et Samarie et non directement Ă  des organisations terroristes, de sorte que l’Ă©tablissement de dĂ©fense a Ă©galement opĂ©rĂ© une opĂ©ration d’argent pour plusieurs milliers de shekels. Cependant, on estime que les armes et les fusils introduits clandestinement en JudĂ©e Samarie (et non capturĂ©s) ne se sont pas seulement tournĂ©s vers des Ă©lĂ©ments palestiniens criminels, mais aussi vers des Ă©lĂ©ments terroristes.

Le Shin Bet a identifiĂ© une augmentation des tentatives de contrebandes par des terroristes de la bande de Gaza, dirigĂ©e par le Hamas qui a donnĂ© des instructions pour mener des attaques de la bande de Gaza Ă  la JudĂ©e Samarie en utilisant illĂ©galement le passage d’Erez : Le Hamas a commencĂ© d’abord, en utilisant des patients atteints de cancer dont l’armĂ©e permet le passage pour un traitement en IsraĂ«l, mais la douane a trouvĂ© dans les mĂ©dicaments, des matières explosifs, et par la suite ils ont dĂ©couvert des armes cachĂ©es dans leurs chaussures. Le service de sĂ©curitĂ© du Shin Bet a soulignĂ© que Romain Franck avait avouĂ© ses actions et les avait mĂŞme rĂ©pĂ©tĂ©es.

La première rĂ©fĂ©rence Ă  l’affaire dit l’ambassade française est que « le ministre des Affaires Ă©trangères a demandĂ© une enquĂŞte sur l’administration immĂ©diatement par l’inspecteur gĂ©nĂ©ral au ministère des Affaires Ă©trangères. L’enquĂŞte rassemblera toutes les informations concernant l’affaire. Et les conclusions permettront au personnel du consulat gĂ©nĂ©ral de poursuivre leur important travail dans les meilleures conditions malgrĂ© les circonstances « difficiles ». Il a Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ© que l’ambassade « attache une grande importance Ă  cette affaire ».

Frank est accusĂ© d’infractions liĂ©es aux armes (importation, commerce, transport, et possession d’armes) et de recevoir frauduleusement des commandes frauduleuses. Par exemple, dans un cas, Frank a reçu 700 $ pour le transfert de 5-6 armes Ă  feu. Dans une autre affaire, il a reçu environ 5 000 shekels pour un autre accord, et lors d’un autre incident, au cours duquel 17 pistolets et fusils ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s, le travailleur consulaire a reçu une somme de 10 500 shekels.

Selon les actes d’accusation, dĂ©posĂ© par l’avocat Ira Wyman Krikun du tribunal de Be’er Sheva, Frank a conduit une Toyota consulaire, qui a conduit les reprĂ©sentants du consulat d’IsraĂ«l Ă  Gaza et de retour Ă  travers le passage d’Erez , un autre vĂ©hicule a Ă©tĂ© mis Ă  sa disposition, une CitroĂ«n avec une plaque d’immatriculation de l’ambassade – qu’il utilise pour ses besoins personnels et utilisĂ© pour conduire de JĂ©rusalem Ă  Ramallah par le checkpoint de Qalandiya en raison de plaques diplomatiques . Il a jouit de passer sans entrave aux postes de contrĂ´le selon l’acte d’accusation.

Dans le cadre de l’affaire, deux autres personnes ont participĂ© au commerce et transfert d’armes de la bande de Gaza par le passage d’Erez en IsraĂ«l de Gaza. En consĂ©quence, l’un d’entre eux en contact avec Frank a offert de transfĂ©rer les armes et de l’argent pour une certaine somme – et ce dernier a acceptĂ© et a suggĂ©rĂ© qu’un autre employĂ© au consulat, du nom de Sayad Mohammad Zaki, Ă  se joindre Ă  lui dans certains de ses voyages en JudĂ©e Samarie. Trois autres accusĂ©s, rĂ©sidents de JudĂ©e Samarie, ont participĂ© Ă  ce trafic.

Frank et Zuhair, qui travaillent pour le Centre culturel français de Gaza, connaissaient le travail de Frank et ses voyages Ă  Gaza. Pendant cette pĂ©riode, Frank a transfĂ©rĂ© Ă  la demande de Zuheir divers objets de valeur de Gaza Ă  IsraĂ«l, profitant du passage libre du passage d’Erez dans le vĂ©hicule consulaire qu’il a utilisĂ© – en Ă©change d’un paiement monĂ©taire.

En Novembre 2017, Zuhair a prĂ©sentĂ© Ă  Frank un rĂ©sident de Gaza nommĂ© Muhammad Jamal al-Khaldi, qui travaille dans le commerce des armes et les fait dĂ©placer de la bande de Gaza par le passage d’Erez en IsraĂ«l, puis les transfĂ©re Ă  d’autres en JudĂ©e Samarie, tout en Ă©change d’argent, et Frank a acceptĂ©.

Ce rĂ©seau a ensuite rejoint les autres accusĂ©s: Al-Ajlouni de la JudĂ©e et la Samarie, Ahmed Majdi Arabid, un rĂ©sident de Gaza qui vit en JudĂ©e Samarie, Mohammed Sayad, un habitant de Gaza qui vit en Occident, Anwar Nzam Mohloos Anata, Ă  JĂ©rusalem-Est. D’autres Palestiniens Ă©taient impliquĂ©s dans le rĂ©seau. Après avoir rejoint le groupe, Mohammed Sayad a suggĂ©rĂ© Ă  Frank , employĂ© du consulat et rĂ©sident d’IsraĂ«l, de se joindre dans certains de ses voyages en JudĂ©e Samarie avec des armes, et le consentement de Sayad.

Frank a rencontrĂ© Zuhair Ă  Gaza qui lui a donnĂ© une certaine quantitĂ© d’armes dans des valises, enveloppĂ©s dans du plastique et a reçu des milliers de dollars.

Frank a mis le paquet dans son sac, l’a placĂ© dans le coffre du vĂ©hicule consulaire et est arrivĂ© au passage d’Erez avec le vĂ©hicule consulaire. Il a passĂ© le contrĂ´le de sĂ©curitĂ© après avoir dĂ©clarĂ© faussement que tous ce qu’il transportait dans le vĂ©hicule consulaire lui appartenaient ainsi qu’au passager et qu’il n’avait pas d’arme. En consĂ©quence, il a quittĂ© Gaza et a traversĂ© le passage d’Erez sans inspection physique Ă  l’intĂ©rieur du vĂ©hicule consulaire, et a apportĂ© le colis en IsraĂ«l.

Après avoir apportĂ© le paquet avec les armes Ă  IsraĂ«l, Frank a rencontrĂ© l’un des accusĂ©s et a transmis le colis, qui a Ă©tĂ© transmis aux autres accusĂ©s. Les dĂ©fendeurs se sont occupĂ©s de la vente des pistolets et ont reçu diverses sommes d’argent. En mĂŞme temps que le dĂ©pĂ´t des actes d’accusation, le Bureau du Procureur de l’Etat a demandĂ© que les six soient dĂ©tenus jusqu’Ă  la fin de la procĂ©dure judiciaire contre eux.

Des sources politiques ont dĂ©clarĂ© que « c’est un incident très sĂ©rieux et nous le traitons très sĂ©rieusement ». Ils ont ajoutĂ© que l’affaire n’affecterait pas les relations avec la France: « Nous remercions les autoritĂ©s françaises pour leur coopĂ©ration. »