Malgré les pronostics, les insinuations et les évaluations selon lesquelles le chef du Mossad, le général Roman Gofman, allait « rendre la pareille » au général de brigade G., qui avait déposé devant la Cour suprême un témoignage en faveur de sa nomination, le chef du Mossad a pris à son égard une décision radicalement différente. Gofman a informé le général de brigade G. qu’il ne donnerait pas suite à sa demande d’obtenir un poste haut placé au sein de l’organisation, et que celui-ci devait rentrer chez lui. L’information a été révélée ce soir (jeudi) par le journaliste Omri Maniv sur Channel 12 News.
Le général de brigade G., ancien chef de la division des opérations au sein du renseignement militaire (Aman) le 7 octobre, avait été informé par le chef d’état-major qu’il ne poursuivrait pas dans ce poste. Il avait alors été détaché de Tsahal vers le Mossad, dans l’espoir d’y être intégré comme cadre supérieur. Selon Maniv, c’est précisément le témoignage que G. avait déposé devant la Cour suprême au sujet de l’affaire de « l’activation » du jeune Ouri Almakayes qui avait pavé la voie de Gofman vers son poste de chef du Mossad — d’où la question de savoir si Gofman allait, en retour, lui « rendre la pareille ». Au lieu de cela, c’est la porte de sortie qu’il lui a montrée.
Un témoignage secret qui avait pesé lourd
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Pour rappel, le général de brigade G. avait déposé un témoignage confidentiel dans l’affaire de « l’activation » d’Almakayes, dans le cadre du recours déposé devant la Cour suprême contre la nomination du général Roman Gofman à la tête du Mossad. Selon ce témoignage, qualifié de « strictement confidentiel », le général de brigade G. avait déclaré que depuis 2022, il n’avait plus échangé avec Gofman sur cette affaire « d’aucune façon ». Il avait également souligné ne pas avoir évoqué avec Gofman la suite de son propre parcours au sein du Mossad.
« Je n’ai ni demandé ni initié de démarche auprès du général Gofman concernant la poursuite de mon parcours au sein du Mossad, que ce soit directement ou indirectement », avait déclaré le général de brigade G. Il était par ailleurs revenu sur l’affaire de « l’activation » d’Almakayes, précisant avoir clairement indiqué à Gofman qu’il lui était interdit de vérifier ou d’évoquer ce sujet.
Cette affaire s’inscrit dans le contentieux plus large qui avait entouré la nomination de Roman Gofman à la tête du Mossad. Plusieurs recours avaient été déposés devant la Cour suprême contre sa désignation, en lien avec l’implication présumée de Gofman — alors qu’il commandait la division 210 — dans l’« activation » d’Ouri Almakayes, mineur à l’époque des faits. La commission chargée des nominations aux postes supérieurs, présidée par l’ancien président de la Cour suprême Asher Grounis, avait réaffirmé à la majorité la nomination de Gofman, malgré l’opposition persistante de Grounis lui-même. La procureure générale, Gali Baharav-Miara, avait quant à elle soutenu l’acceptation des recours.
La Cour suprême avait finalement rejeté les recours, les juges concluant qu’aucune faute ne venait entacher l’intégrité de Gofman. Il est ainsi devenu le quatorzième chef du Mossad, succédant à Dadi Barnea.






