Les juges de la Cour internationale de Justice tiennent une semaine d’audiences pour formuler un avis consultatif sur les obligations d’IsraĂ«l envers les agences de l’ONU qui fournissent de l’aide aux Palestiniens de Gaza. Les États-Unis ont dĂ©clarĂ© lors de l’audience qu’il y avait de « sĂ©rieuses inquiĂ©tudes » concernant l’UNRWA et ses liens avec le Hamas.Â
L’année dernière, Israël a adopté une loi interdisant à l’UNRWA d’opérer à Gaza et en Judée Samarie parce que l’organisation aurait embauché des membres du Hamas, y compris ceux qui ont participé au Samedi noir.
En aoĂ»t 2024, l’ONU a admis que neuf employĂ©s de l’UNRWA pourraient avoir Ă©tĂ© impliquĂ©s dans l’attaque du Hamas et ils ont Ă©tĂ© licenciĂ©s. Un autre commandant du Hamas, confirmĂ© par l’UNRWA comme l’un de ses employĂ©s, a Ă©tĂ© tuĂ© dans la bande de Gaza en octobre, selon IsraĂ«l.
En dĂ©cembre, l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies a demandĂ© Ă la Cour suprĂŞme des Nations Unies de rendre un avis consultatif sur les obligations d’IsraĂ«l de faciliter l’aide aux Palestiniens fournie par les États et les groupes internationaux, y compris l’ONU.
Au troisième jour des audiences sur la question Ă la Cour internationale de justice de La Haye, les États-Unis ont dĂ©clarĂ© qu’IsraĂ«l avait le droit de dĂ©terminer quelles organisations peuvent rĂ©pondre aux besoins fondamentaux de la population des territoires palestiniens. « IsraĂ«l ne peut ĂŞtre contraint d’autoriser une agence de l’ONU Ă opĂ©rer dans la bande de Gaza. La puissance occupante conserve le pouvoir discrĂ©tionnaire de dĂ©cider quels programmes d’aide elle autorise », a soulignĂ© le responsable amĂ©ricain.
« Il existe de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes quant Ă l’impartialitĂ© de l’UNRWA, notamment des informations selon lesquelles le Hamas aurait utilisĂ© les installations de l’UNRWA et que des employĂ©s de l’agence auraient participĂ© Ă l’attaque terroriste du 7 octobre contre IsraĂ«l », a Ă©galement tĂ©moignĂ© Josh Simmons, membre de l’Ă©quipe juridique du dĂ©partement d’État, lors d’une audience mercredi.
« Nous appelons la communauté internationale à se concentrer sur la promotion d’un cessez-le-feu et d’une nouvelle réflexion pour un avenir meilleur pour les Israéliens et les Palestiniens », a ajouté Simmons.
Ă€ son tour, l’UNRWA a accusĂ© IsraĂ«l d’avoir maltraitĂ© des dizaines de ses employĂ©s dans des centres de dĂ©tention militaires et d’avoir utilisĂ© certains d’entre eux comme boucliers humains. Le directeur de l’agence, Philippe Lazzarini, a dĂ©clarĂ© que plus de 50 membres du personnel, dont des enseignants, des mĂ©decins et des travailleurs sociaux, avaient Ă©tĂ© dĂ©tenus et maltraitĂ©s depuis le dĂ©but de la guerre Ă Gaza.
Dans un message publié deux jours plus tôt, Lazzarini écrivait : « Ils (le personnel de l’UNRWA) ont été traités de la manière la plus choquante et la plus inhumaine. Ils ont déclaré avoir été battus et utilisés comme boucliers humains. Ils ont été privés de sommeil, humiliés, menacés de violences physiques et morales envers leurs familles, attaqués par des chiens. Nombre d’entre eux ont été contraints d’avouer. »
Lazzarini a également souligné qu’Israël, en tant que puissance occupante, doit fournir ou faciliter la fourniture de services de base – y compris par l’intermédiaire de l’UNRWA – à la population qu’il occupe. Il s’agit d’une indication claire de la part de la communauté internationale, par l’intermédiaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Toutes les parties au conflit, y compris l’État d’Israël, doivent à tout moment se conformer à toutes leurs obligations en vertu du droit international et respecter et protéger à tout moment le personnel de l’ONU.
IsraĂ«l a refusĂ© de participer aux audiences par principe. Le ministre israĂ©lien des Affaires Ă©trangères, Gideon Saar, a dĂ©clarĂ© lundi qu’IsraĂ«l avait prĂ©sentĂ© sa position par Ă©crit lors de l’audience, qu’il a qualifiĂ©e de « cirque ».





