LES LUMIERES DE LA LIBERTE – Par Rony Akrich

La libertĂ© est le patrimoine le plus cher dont l’homme dispose, nul n’a le droit de lui soustraire.

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C’est cette libertĂ© qui est continuellement transgressĂ©e par les pouvoirs politiques, c’est cette libertĂ© qui est asservie, qui est mĂ©prisĂ©e, sacrifiĂ©e sur l’autel du mĂ©pris.

Le concept des droits des hommes s’est engagĂ© peu Ă  peu contre l’arbitraire, les actes dictatoriaux et l’autocratie. L’acceptation de la libertĂ© ne commence qu’avec une prise de conscience et une connaissance rĂ©flĂ©chie. Nous voulons que l’ĂŞtre humain soit une crĂ©ature inviolable, nous voulons que la personne humaine vive accompagnĂ©e de droits incontestables, parmi lesquels le droit de sauvegarder sa plĂ©nitude physique, sa plĂ©nitude intellectuelle, sa plĂ©nitude spirituelle, contre toute attitude violente ou brutale.

Dès son rĂ©veil, le Juif remercie l’Eternel: «Qui ne m’a pas fait esclave», car Lui et seulement Lui nous a dĂ©livrĂ© de notre servitude et enseignĂ© comment ne jamais redevenir captifs les uns des autres. La Torah condamne radicalement la vassalitĂ© dĂ©finitive entre les hommes puisque cela souille le reflet divin original et si particulier Ă  chaque ĂŞtre.

D’après le Rav Kook, cette bĂ©nĂ©diction ne concerne pas seulement la dĂ©pendance matĂ©rielle de l’esclave, mais aussi l’esclavage psychologique, qui est bien plus grave.

On peut ĂŞtre esclave d’autrui et ĂŞtre cependant un homme libre au fond de soi-mĂŞme, mais l’homme qui est psychiquement esclave, dĂ©savoue sa nature propre en s’accommodant des intentions et des ambitions d’autrui. Aucune lĂ©gitimitĂ© n’est accordĂ©e, dans le JudaĂŻsme, Ă  la servitude, sauf si celle-ci est utilisĂ©e de manière provisoire et sans vouloir offenser la personnalitĂ© du condamnĂ©. Si le provisoire Ă©volue vers le dĂ©finitif, il favorise lentement mais sĂ»rement une seconde nature qui altère la dignitĂ© divine indissociable de l’ĂŞtre humain.

En HĂ©breu, les termes «indĂ©pendance et personnalité» ont une mĂŞme racine Ă©tymologique, et nous enseigne donc que pour ĂŞtre soi-mĂŞme, il est indispensable d’ĂŞtre Ă©mancipĂ©.

Les justes au conditionnel constituent la majoritĂ© du peuple d’IsraĂ«l, cela la Torah le comprend aisĂ©ment et c’est cette raison qui la destine prĂ©cisĂ©ment Ă  l’homme en situation rĂ©elle: «La Torah n’a pas Ă©tĂ© donnĂ©e aux anges», elle fut offerte Ă  l’Homme. Elle doit Ă©valuer attentivement toutes les difficultĂ©s de l’existence humaine, d’une certaine façon D.ieu «se rĂ©duit» afin d’octroyer Ă  l’individu une leçon conforme Ă  son univers: «La Torah s’est exprimĂ© dans le parler des hommes», ceux-lĂ  mĂŞme qui existent dans un corps, un corps de chair et de sang, travaillĂ© par des instincts et des pulsions.

Les droits des hommes sont historiques au sens oĂą ils rĂ©sultent d’une victoire graduelle, jamais rĂ©solue et toujours sur le chemin de la dignitĂ© humaine sur Terre.

Mais voilĂ  que l’Histoire a mis un terme Ă  l’exil dĂ©pravant des Juifs, nous voici rentrĂ©s sur Notre Terre. YĂ©rouchalayim est ressuscitĂ©e, rassemblĂ©e, les villes de YĂ©houda ne sont plus abandonnĂ©es.  Ce retour miraculeux peut paraĂ®tre Ă©trange Ă  certains qui voudront y apporter toutes sortes de remarques judicieuses, basĂ©es sur l’instrumentation de l’Histoire.  Mais l’incontestable ressort de cette entreprise, c’est d’abord et avant tout ce renouveau fraternel au sein de notre peuple. MalgrĂ© nos querelles privĂ©es, qui ne sont rien d’autres que des blessures superficielles, notre nation reconquiert au quotidien sa cohĂ©sion, notre Histoire actuelle en IsraĂ«l prouve qu’une solidaritĂ© intelligente nous rĂ©unit.  L’essence de notre amour pour Sion (le sionisme), la ferme volontĂ© de faire refleurir ce dĂ©sert et d’y reconstruire notre pays (la rĂ©demption), c’est bien grâce Ă  cette fraternitĂ© naturelle et gage de notre survie que nos ennemis furent vaincus Ă  chacune de nos guerres. Il nous Ă©choit de garantir prĂ©cieusement l’Ă©thique de la nation, d’honorer mĂ©ticuleusement les règles morales et universelles qui nous affectent principalement: l’IndĂ©pendance, la ParitĂ© et l’UnitĂ©, au sein de notre peuple. L’élection d’IsraĂ«l conjugue l’alliance entre D.ieu et les hommes pour le meilleur de toute l’humanitĂ©.  Le vĂ©cu d’IsraĂ«l reste le vecteur essentiel par lequel le crĂ©ateur se dĂ©voile Ă  l’HumanitĂ©. IsraĂ«l s’Ă©choue souvent sur les rĂ©cifs de son Histoire, la Bible raconte et dĂ©peint ces Ă©carts, mais cela ne compromet en rien l’essence de sa vocation.  Le caractère spĂ©cifique d’IsraĂ«l est totalement diffĂ©rent en comparaison des autres civilisations. VoilĂ  donc pourquoi IsraĂ«l est encore et toujours prĂ©sent parmi nous

Par Rony Ackrich pour Alyaexpress-News

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