Les mairies ont fermé les chantiers par peur du terrorisme : plusieurs entrepreneurs poursuivis en justice

Plusieurs entreprises de construction ont intentĂ© une action en justice contre les maires de trois villes du centre du pays – Bat Yam, Ramat Gan et Givatayim – exigeant l’annulation des dĂ©cisions municipales d’arrĂŞter temporairement les travaux sur les chantiers de construction.

Les municipalités ont ordonné la mise en veilleuse des chantiers de construction, estimant que les ouvriers arabes du bâtiment pourraient constituer un danger pour leurs habitants au moment où la guerre contre le Hamas est en cours.

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Les entrepreneurs en construction se plaignent du fait qu’Ă  Ramat Gan il y a près de deux mille appartements dans des immeubles qui Ă©taient censĂ©s ĂŞtre bientĂ´t occupĂ©s, mais la fermeture des chantiers de construction par la mairie les empĂŞche de terminer les travaux de finition. Les entreprises utilisent du matĂ©riel louĂ© et chaque jour d’indisponibilitĂ© leur cause de lourdes pertes. Dans les projets « Binui-Pinui », ils doivent Ă©galement payer pour un logement temporaire pour les rĂ©sidents des maisons dĂ©molies. Ă€ Givatayim, environ 200 appartements attendent d’ĂŞtre occupĂ©s. « Les travailleurs Ă©trangers quitteront le pays et ne reviendront jamais », prĂ©viennent les constructeurs.

Les mairies ont une toute autre logique. Le maire de Givatayim, Ron Kunik, a dĂ©clarĂ© que les habitants de la ville Ă©taient choquĂ©s par ce qui s’est passĂ© dans le sud et que l’apparition de toute personne d’apparence arabe, mĂŞme un livreur avec de la nourriture de Shufersal, les prĂ©occupait. Dans une interview accordĂ©e au journal Calcalist, il a dĂ©clarĂ© que la mairie avait rĂ©duit la prĂ©sence des Arabes dans la ville, mĂŞme dans des domaines tels que le nettoyage du territoire. « Givatayim est une petite ville exiguĂ«. Nous avons des dizaines de chantiers. Actuellement, la prĂ©sence des Arabes dans la ville est problĂ©matique », explique Kunik.

Le maire de Ramat Gan, Carmel Shama-Hakohen, a rĂ©pondu au procès dans le mĂŞme esprit. Il dit qu’il y a des centaines de projets en construction Ă  Ramat Gan, et que beaucoup sont situĂ©s Ă  proximitĂ© d’Ă©coles et de jardins d’enfants. « Ici, nous devons dĂ©cider : soit les constructeurs travaillent, soit les jardins d’enfants travaillent. Laissons les entrepreneurs examiner les statistiques : combien d’attentats terroristes ont Ă©tĂ© commis par les ouvriers du bâtiment ces dernières annĂ©es.»

On sait qu’outre les Arabes israĂ©liens, la main-d’œuvre des immigrants palestiniens clandestins, notamment de Gaza, est utilisĂ©e illĂ©galement sur les chantiers de construction partout dans le monde. Les entrepreneurs en construction qui ont intentĂ© une action en justice contre la mairie de Bat Yam affirment qu’ils emploient principalement des travailleurs chinois. Cela ne rassure pas la mairie : on dit qu’au cours des deux dernières semaines, environ 100 immigrĂ©s palestiniens illĂ©gaux ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s dans la ville.

Dimanche, il est apparu que le ministre de l’Economie, Nir Barkat, allait de l’avant avec l’embauche accĂ©lĂ©rĂ©e de dizaines de milliers d’ouvriers Ă©trangers du bâtiment, pour un total de 160 000, principalement des indiens.