La variante britannique est endĂ©mique, le nombre de personnes dans un Ă©tat critique a culminĂ© depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, mais le prĂ©sident français refuse d’imposer une fermeture gĂ©nĂ©rale. Les mĂ©decins parisiens sont en colère contre le gouvernement et prĂ©viennent que les unitĂ©s de soins intensifs sont au bord de l’effondrement : « Nous n’avons jamais vu une telle situation, mĂŞme dans les attentats terroristes les plus graves ».
La France a signalĂ© ce soir une nouvelle augmentation du nombre de patients corona hospitalisĂ©s en unitĂ© de soins intensifs. Le nombre de patients hospitalisĂ©s dans un Ă©tat critique, qui s’Ă©levait hier Ă 4 791, a atteint 4 872 – un record depuis le dĂ©but de 2021. Les chiffres sont proches de ceux qui Ă©taient en France Ă la mi-novembre, au milieu de la deuxième vague. Le pic d’hospitalisation dans un Ă©tat critique en France a eu lieu en avril de l’annĂ©e dernière et s’Ă©levait Ă environ 7 000 personnes.
La France est en quarantaine nocturne depuis dĂ©but janvier. Il y a plus d’une semaine, de nouvelles restrictions sont entrĂ©es en vigueur Ă Paris et dans d’autres zones Ă forte morbiditĂ©. Dans ces zones, il y a une fermeture partielle, ce qui, selon les experts, ne suffit pas pour faire face aux variantes du virus, en particulier la variante britannique. Le prĂ©sident Emanuel Macron a dĂ©fendu cette semaine la dĂ©cision de ne pas imposer une troisième fermeture gĂ©nĂ©rale et de laisser les Ă©coles ouvertes. Macron, cependant, a dĂ©clarĂ© qu’Ă la lumière du nombre de personnes infectĂ©es, de nouvelles restrictions semblaient nĂ©cessaires.
« Nous avons eu raison de ne pas fermer fin janvier », a dĂ©clarĂ© Macron, soulignant que le nombre de personnes infectĂ©es n’Ă©tait pas le mĂŞme que prĂ©vu. « Je n’ai aucun regret et je n’admets pas l’Ă©chec », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident, qui a rĂ©cemment indiquĂ© clairement qu’il Ă©tait intĂ©ressĂ© par la rĂ©habilitation de l’Ă©conomie française et n’a donc pas soutenu de nouvelles fermetures Ă©conomiques.
131 autres patients Corona sont dĂ©cĂ©dĂ©s en France ce dernier jour, et le nombre de victimes depuis le dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie a atteint 68 597 personnes. Aujourd’hui, la France a signalĂ© 37 014 nouvelles infections du Corona.
Dans les hĂ´pitaux de toute la France, 27 712 patients corona sont hospitalisĂ©s. Les mĂ©decins du pays rapportent de lourdes charges, craignant qu’Ă la suite de la troisième vague d’Ă©pidĂ©mie, les hĂ´pitaux ne soient au bord de l’effondrement. 41 mĂ©decins de la rĂ©gion parisienne ont signĂ© une lettre publiĂ©e dans le Journal du Dimanche. Ils ont averti qu’Ă la lumière de l’Ă©tat de la maladie, ils seraient obligĂ©s de dĂ©terminer lesquels des patients ils sauvaient et hospitalisaient. « Nous n’avons jamais vu une telle situation, mĂŞme lors des attentats terroristes les plus graves de Paris », ont Ă©crit les mĂ©decins.
Les mĂ©decins affirment que les restrictions Ă Paris et dans d’autres centres de maladies ne freineront pas les variantes, avertissant que les hĂ´pitaux n’ont pas les ressources nĂ©cessaires pour faire face Ă la congestion – ils craignent donc une «catastrophe mĂ©dicale» dans les semaines Ă venir alors que le nombre d’infections continue d’augmenter.
Un autre groupe, composĂ© de neuf mĂ©decins des unitĂ©s de soins intensifs, a Ă©crit dans Le Monde que les services parisiens pouvaient refuser d’accepter des patients. «Lorsque le service n’a qu’un seul lit disponible, mais que deux patients peuvent en bĂ©nĂ©ficier, il faut dĂ©cider lequel d’entre eux sera hospitalisĂ© (et survivra probablement) et lequel ne sera pas hospitalisĂ© (et mourra probablement). C’est lĂ que nous allons.  » Le groupe de mĂ©decins qui a publiĂ© la lettre dans Le Monde a accusĂ© le gouvernement de Macron d’hypocrisie parce qu’il « oblige les agents de santĂ© Ă dĂ©cider qui doit vivre et qui doit mourir, sans le dĂ©clarer clairement ».
Au cours du week-end, la France a accĂ©lĂ©rĂ© sa campagne de vaccination. Comme dans les autres pays de l’UE, la campagne de vaccination en France n’atteint pas les objectifs. Jusqu’Ă prĂ©sent, 11,45% des Français ont reçu au moins une dose du vaccin, contre 43,79% des Britanniques. Macron, qui a promis Ă la France de vacciner ses citoyens «le matin, Ă midi et le soir», a dĂ©clarĂ© que la France comblerait l’Ă©cart «d’ici quelques semaines».
Au Royaume-Uni, qui a Ă©tĂ© le premier en Occident Ă commencer Ă vacciner ses citoyens, 33 678 768 vaccins ont Ă©tĂ© distribuĂ©s : entre le 8 dĂ©cembre et le 27 mars, 30 151 287 personnes – environ 57% de la population adulte – ont reçu la première dose du vaccin. 3 527 481 personnes – 6% de la population adulte – ont Ă©galement reçu la deuxième dose.
La mĂ©thode de vaccination britannique est diffĂ©rente de la mĂ©thode israĂ©lienne : contrairement Ă IsraĂ«l, oĂą chaque vaccinĂ© qui reçoit le premier vaccin reçoit Ă©galement une deuxième dose, le Royaume-Uni prĂ©fère vacciner d’abord autant de rĂ©sidents avec une seule dose, mĂŞme au prix de reporter la seconde dose pendant quelques semaines de plus.
« Les vaccins sauvent des vies et c’est notre moyen de sortir de l’Ă©pidĂ©mie », a dĂ©clarĂ© le ministre britannique de la SantĂ©, Matt Hancock. Demain, le Royaume-Uni entamera une levĂ©e progressive des restrictions de l’embargo. L’ouverture de l’Ă©conomie aura lieu dans quelques temps et s’achèvera le 21 juin – si le Royaume-Uni ne subit pas une nouvelle vague d’infections.





