La délégation américaine a quitté vendredi dernier la séance du Conseil de sécurité de l’ONU, en signe de protestation véhémente contre les propos de la France. Le différend diplomatique a éclaté après que la France a comparé le vote de Washington sur les questions de droits humains à celui des régimes autoritaires. Cela fait suite au vote américain contre la reconduction du mandat de Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.
Après ce vote, la représentante de la France à l’ONU à Genève a déclaré que « les États-Unis étaient autrefois un phare des droits humains. Plus maintenant. » L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a accusé la France de soutenir ceux qui « font la leçon » aux démocraties, tout en « flattant les pires oppresseurs du monde ». Türk, rappelons-le, avait par le passé critiqué la guerre menée par la Russie en Ukraine ainsi que la conduite d’Israël à Gaza.
Un haut responsable américain, Dan Negrea, a déclaré que la délégation américaine continuerait d’adopter des positions similaires jusqu’à ce que la France « renonce à sa rhétorique condescendante et méprisante ». L’ambassadeur américain, Jeff Bartos, a critiqué la reconduction de Türk et a affirmé qu’il y aurait « des conséquences » pour une assemblée qui « souffre de dérives procédurales et d’abus des fonctions onusiennes ». Il a ajouté que les États-Unis « réévalueraient immédiatement leur implication, leur participation et leur financement ».
De son côté, l’ambassadeur français, Jérôme Bonnafont, a décrit Türk comme une « voix de conscience » ayant fait preuve de « rigueur et d’impartialité » durant son premier mandat. Le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, a refusé de commenter le départ de la délégation américaine, ajoutant que l’ONU attend de tous les États membres qu’ils respectent la décision qui a été prise.
Sur les tensions récurrentes entre grandes puissances occidentales et Israël au sein des instances onusiennes, on pourra consulter notre article sur le vote de l’ONU sur la « Palestine » adopté par 142 pays contre 10, notre article sur la menace française de rompre ses liens avec Israël au Conseil de sécurité, ainsi que notre article sur le rappel de l’ambassadeur Erdan après le démenti de l’ONU sur les crimes du Hamas.






