Derrière chaque roquette tirée sur Israël, derrière chaque attaque de drone, chaque missile balistique lancé depuis les profondeurs iraniennes, se cache une infrastructure financière colossale et méthodique. Tsahal a commencé à en dévoiler les contours dans le cadre de l’opération « Rugissement du Lion », ciblant non seulement les systèmes d’armes mais aussi les circuits économiques qui les alimentent. Ce que les chiffres révèlent est édifiant : l’Iran consacre des milliards de dollars chaque année à entretenir ses mandataires armés à travers la région, au détriment direct de sa propre population.
Un budget de guerre déguisé en budget d’État
Le budget gouvernemental iranien pour l’année persane 1404, couvrant la période de mars 2025 à mars 2026, s’élève à environ 58,7 milliards de dollars. Sur ce total, le budget de la défense représente environ 15,85 milliards de dollars, soit près de 27% des dépenses publiques totales. Un pourcentage qui laisse peu de place à l’ambiguïté sur les priorités du régime.
Un responsable militaire israélien l’a formulé sans détour : au lieu d’investir dans le développement des infrastructures, dans l’éducation et dans la santé, ces ressources ont été massivement détournées vers la production d’armements et de missiles menaçant Israël, la région et le monde. Ces mêmes budgets ont également servi à financer et armer les Bassidji — les milices paramilitaires du régime — qui ont tué des milliers de civils iraniens lors des répressions internes.
Le prix de la guerre par procuration
Les transferts financiers vers les organisations mandataires du régime iranien sont désormais documentés avec précision par Tsahal. Le Hezbollah, bras armé de l’Iran au Liban, reçoit environ un milliard de dollars par an de la part des Gardiens de la révolution. En 2025 seulement, cette somme a même doublé pour atteindre environ deux milliards de dollars — une injection massive au moment précis où la confrontation directe avec Israël s’intensifiait.
Le Hamas et d’autres organisations terroristes opérant dans la bande de Gaza et en Judée-Samarie reçoivent pour leur part des centaines de millions de dollars chaque année. Le régime houthi au Yémen est lui aussi alimenté en permanence : des centaines de millions de dollars en espèces, en équipements militaires et en marchandises, auxquels s’ajoutent des dizaines de millions supplémentaires destinés aux milices pro-iraniennes en Irak.
La guerre économique comme prolongement de la guerre militaire
L’annonce de Tsahal intervient dans un contexte où Israël a clairement élargi sa conception de l’opération militaire en cours. Frapper les missiles ne suffit pas si les chaînes d’approvisionnement restent intactes. Frapper les lanceurs ne suffit pas si l’argent continue de circuler librement entre Téhéran et ses relais régionaux. C’est pourquoi les frappes israéliennes visent désormais aussi les réseaux de transfert de fonds — ces circuits informels de hawalas, ces intermédiaires financiers qui permettent à l’argent de passer des caisses des Gardiens de la révolution aux mains du Hezbollah, du Hamas ou des Houthis sans laisser de trace bancaire traçable.
Les dommages cumulés infligés à ces infrastructures depuis le début de l’opération se chiffrent, selon les estimations israéliennes, en millions de dollars de coûts de reconstruction. L’objectif affiché est d’appauvrir progressivement le système, de le forcer à arbitrer entre réparer ce qui a été détruit et continuer à financer les opérations offensives. Ce n’est pas une guerre éclair. C’est une guerre d’attrition économique autant que militaire, menée sur plusieurs fronts à la fois, avec pour enjeu final la capacité de l’Iran à maintenir son empire de procuration à bout de bras.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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