Le lieutenant-colonel Roi LĂ©vy Ă©tait assis le 4 octobre dans un restaurant du centre du pays avec ses amis de l’unitĂ© multidimensionnelle qu’il commandait depuis quatre mois. Un dĂ®ner ordinaire, pas insolite, entre officiers-combattants, entre bons amis. Une lĂ©gère pause entre l’entraĂ®nement et l’exercice.
Vers la fin du repas, Roy dit Ă ses amis que quelque chose en lui lui disait qu’une guerre allait Ă©clater. L’instinct ennuyeux d’un officier chevronnĂ©, un renard de bataille dotĂ© d’une forte intuition. En 2014, au plus fort de l’opĂ©ration de la brigade Golani Ă Sheja’ia contre les tunnels du Hamas, Roy a Ă©tĂ© gravement blessĂ© alors qu’il commandait le bataillon de patrouille de la brigade. Encore plus tĂ´t, lors de l’operation en plomb durci, il s’est blessĂ© et est revenu, sans s’abandonner un instant.

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MalgrĂ© la blessure grave et les faibles chances que les mĂ©decins lui ont laissĂ©es au cours des mois d’opĂ©ration et de traitements difficiles de l’automne 2014, Roi a rĂ©ussi Ă revenir Ă lui-mĂŞme – et mĂŞme Ă l’armĂ©e, en tant que combattant et officier : il a reçu le commandement de l’unitĂ© d’Ă©lite Egoz, et a dit :  » Je serai le premier Ă revenir combattre Ă Gaza lors de la prochaine guerre. »
Pour rappel, cette unitĂ© est multidimensionnelle( UnitĂ© 888 , Ă©galement connue sous le nom d' » unitĂ© fantĂ´me « ) , c’est une unitĂ© de combat spĂ©ciale de Tsahal , opĂ©rant sous l’armĂ©e terrestre . L’unitĂ© a Ă©tĂ© créée courant 2019 à  l’initiative du chef d’Ă©tat-major Aviv Kochavi , dans le cadre du programme pluriannuel « Momentum », dans le but de prĂ©parer les combats du futur champ de bataille. Il s’agit d’une unitĂ© modèle pour les changements futurs dans les unitĂ©s de manĹ“uvre de Tsahal. L’unitĂ© est destinĂ©e Ă combattre dans toutes les arènes de combat et sur n’importe quel terrain en fonction de ses caractĂ©ristiques et de ses dĂ©fis changeants, tout en servant de force de manĹ“uvre multi-armĂ©es, dotĂ©e d’une capacitĂ© de combat Ă©levĂ©e pour localiser, exposer et dĂ©truire l’ennemi. L’unitĂ© est entraĂ®nĂ©e et fonctionne comme une unité commando , mĂŞme si elle ne fait pas partie de la Brigade Oz .

Au cours des derniers mois, en tant que commandant de l’unitĂ© fantĂ´me – un prĂ©sentiment n’a pas lâchĂ© Roi Levy et il a prĂ©parĂ© ses combattants pour le moment de vĂ©ritĂ©.
« Il nous a dit qu’avec tous les gadgets et dĂ©veloppements que nous rĂ©alisons chaque jour, nous sommes avant tout une unitĂ© combattante, une unitĂ© d’Ă©lite, qui doit ĂŞtre prĂŞte et en alerte pour la guerre », a dĂ©clarĂ© un officier de l’unitĂ© qui Ă©tait assis Ă ses cĂ´tĂ©s Ă ce dĂ®ner, trois jours avant le dĂ©clenchement de la guerre, trois jours avant la chute du Roy au combat.
« Il a vraiment Ă©tĂ© le premier Ă se lancer dans la guerre : alors qu’il se precipitair en bordure de Gaza ce samedi matin, il a sautĂ© a dit Ă toute l’unitĂ© de le retrouver sur le terrain après avoir embarquĂ© le matĂ©riel Ă notre base », a ajoutĂ© l’officier. « Sur le chemin du kibboutz de Reim, il a rĂ©ussi Ă nous enregistrer un message disant que c’est notre moment, que c’est une guerre et que nous y allons. Il a rencontrĂ© des terroristes dans le kibboutz et en a Ă©liminĂ© certains, mais il n’est pas revenu du kibboutz. Nous avons continuĂ© Ă nous battre sans lui, dans son esprit.
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Dans l’enregistrement, Roy a dĂ©clarĂ©, quelques heures avant d’ĂŞtre tuĂ© lors de la bataille de Reim : « L’Ă©tat d’alerte de guerre a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©. Vous souvenez-vous des actions qui doivent ĂŞtre faites, du changement mental ? C’est exactement le moment. Tout le monde arrive Ă l’unitĂ©, met les armes, enfile les gilets et attend les ordres. Il y a des gens qui se battent pour le pays, il y a des escouades terroristes qui ont infiltrĂ© IsraĂ«l et sont dans les kiboutzim du sud, et nous sommes arriver le plus rapidement possible pour aider. Ă€ plus tard. »
L’unitĂ© multidimensionnelle a Ă©tĂ© créée en 2019 par l’ancien chef d’Ă©tat-major, le colonel Aviv Kochavi, dans le but de dĂ©velopper des techniques de combat modernes, des mĂ©thodes de combat et des moyens modernes adaptĂ©s au champ de bataille moderne et futur – et de les faire ressortir, pour toutes les brigades des divisions. Une sorte de version rĂ©duite de la 100e division amĂ©ricaine, un « laboratoire de combat » qui correspond principalement au futur, afin que Tsahal ne mène pas la guerre d’hier.

ConformĂ©ment Ă sa mission, l’unitĂ© a Ă©tĂ© constituĂ©e par un grand nombre de combattants, issus de toutes les unitĂ©s : des Golani aux BlindĂ©s, en passant par les bataillons du gĂ©nie et Halam jusqu’aux unitĂ©s d’Ă©lites. Des combattants et les officiers de l’unitĂ© ont affirmĂ© dans une conversation avec Kochavi que les nombreuses technologies, des drones aux robots qu’ils envoient, tuent la plupart des forces ennemies dans les nombreux exercices, et qu’il ne reste plus beaucoup de travail pour les soldats classiques, et mĂŞme pour les armuriers, dans l’acte final de nettoyage des cibles.
 MĂŞme dans l’armĂ©e, certains affirmaient Ă l’époque et affirment rĂ©trospectivement aujourd’hui qu’un investissement aussi important dans une telle unitĂ© expĂ©rimentale n’était pas nĂ©cessaire. Selon eux, les dizaines de millions de shekels investis dans ce projet devraient ĂŞtre consacrĂ©s Ă des exercices, Ă la formation et Ă l’Ă©quipement d’unitĂ©s de combat essentielles, comme les bataillons de rĂ©serve.
Mais Kochavi a insistĂ©, et l’unitĂ© a reçu un chèque presque ouvert pour expĂ©rimenter des moyens de guerre imaginatifs : des drones mortels et minuscules qui se dĂ©placent entre les pièces ou les tunnels et tuent eux-mĂŞmes l’ennemi, en passant par des robots et des radars spĂ©ciaux pour manĹ“uvrer les forces afin de dĂ©tecter un ennemi cachĂ©. La plupart de ces dĂ©veloppements sont confidentiels, certains n’ont pas Ă©tĂ© assimilĂ©s en gĂ©nĂ©ral, parce qu’ils n’ont pas passĂ© l’Ă©preuve du terrain, dans les opĂ©rations et actions que l’unitĂ© est allĂ©e mener aux diffĂ©rentes frontières au cours des dernières annĂ©es mais ils n’ont pas hĂ©sitĂ©, Ă abandonner des capacitĂ©s qui n’Ă©taient pas parvenues Ă maturitĂ©, mais seule celles qui apportaient un rĂ©el changement sur le champ de bataille.

Une bataille d’esprit contre le Hamas
Tsahal a toujours eu des capacitĂ©s contractuelles aĂ©riennes, mais pas une prise d’Ă©lite permanente, proche et tridimensionnelle, et non en combinaison avec des moyens de stimulation pour exposer l’ennemi.
Ă€ partir de l’unitĂ© fantĂ´me 888, les premières Ă©quipes d’assaut ont Ă©tĂ© constituĂ©es, qui ont ensuite Ă©tĂ© rĂ©parties en bataillons et patrouilles : une petite force, gĂ©nĂ©ralement Ă cĂ´tĂ© de la MP ou de la brigade, qui s’occupe de tout ce qui concerne la direction du feu et le maintien vertical du terrain, avec une constante observation;
Avec un marquage immĂ©diat depuis la zone elle-mĂŞme pour les hĂ©licoptères et les avions de combat de l’endroit prĂ©cis oĂą attaquer, ainsi que la gestion des troupeaux de drones avec diffĂ©rents rĂ´les – exposer l’ennemi, le localiser et l’attaquer. Au moins 100 terroristes ont ainsi Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s par les combattants de cette unitĂ© dès la première partie de la manĹ“uvre, au nord de la bande de Gaza, avec l’aide des mĂŞmes groupes de drones silencieux qui ont surpris l’ennemi.
« Nous avons créé un point de rupture pour l’ennemi car il sait qu’il Ă©merge pour un court laps de temps et pendant ce temps-lĂ , nous avons rĂ©ussi Ă l’attraper et Ă l’Ă©liminer », explique le major Bamili Y., commandant de combat de l’unitĂ© de la guerre. « D’un autre cĂ´tĂ©, il apprend aussi de nous, s’amĂ©liore et nous ne le sous-estimons pas un instant. On l’a vu après le cessez-le-feu qui lui a permis de tirer des leçons. Le Hamas diffuse les connaissances qu’il a rassemblĂ©es dans une bataille d’esprits devant nous. Notre clĂ© est d’opĂ©rer en cercles courts, d’atterrir sur les engins piĂ©gĂ©s ennemis aussi prĂ©cis qu’un dard en acier qui touchera de nombreuses unitĂ©s. »
 » Nous rejoignons l’activitĂ© de l’unitĂ© sur le terrain, des champignons de fumĂ©e s’Ă©lèvent constamment devant nous, et les rafales de coups de feu ne s’arrĂŞtent pas. Les combattants de la 888 Ă©taient stationnĂ©s ici, sur le versant cachĂ© de la colline, celui qui fait face Ă IsraĂ«l.
« DĂ©placez la jeep, montez la route qui est exposĂ©e aux missiles antichar », dit l’officier sur place au responsable militaire qui dirigeait. Leur routine quotidienne ici est entièrement camouflĂ©e, mĂŞme lorsqu’ils lancent les drones militaires dĂ©veloppĂ©s pour eux par Elbit, pour une nouvelle partie de chasse dans le ciel de la bande de Gaza.
« Le 7/10, les combattants ont réalisé tout ce que Roy leur avait préparé »
L’unitĂ© a Ă©tĂ© dispersĂ©e d’un bout Ă l’autre pendant la manĹ“uvre, ses Ă©quipes accompagnant les unitĂ©s d’Ă©lite et les Ă©quipes de combat de bataillon en tant que force d’Ă©lite et avancĂ©e, et d’autres opĂ©rant Ă©galement de manière plus indĂ©pendante, directement sous les divisions. Aujourd’hui, le commandant du rabmad est le gĂ©nĂ©ral de division Dvir Hevar, qui connaissait personnellement et Ă©tait un ami proche de Roi Levy.
« Les possibilitĂ©s opĂ©rationnelles de notre canon anti-aĂ©rien sont quelque chose que mĂŞme dans l’unitĂ©, nous n’avions pas imaginé », tente-t-il de dĂ©crire, « il s’agit d’un contact Ă©troit aussi bien de l’autre cĂ´tĂ© avec des terroristes, ainsi que de mĂ©thodes Ă l’ancienne telles que comme l’utilisation de grenades, de frondes et de tireurs d’Ă©lite. Nous avons atteint des capacitĂ©s qui n’existaient pas auparavant dans l’organisation de l’ensemble de l’espace de combat à proximitĂ© du sol. Les processus compliquĂ©s d’assimilation des armes, ceux qui prennent un an ou deux, nous les avons terminĂ©s en un mois et demi de combat, et immĂ©diatement Ă l’ensemble de l’armĂ©e.
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« Il ne s’agit pas seulement de technologies et de moyens, mais Ă©galement de mĂ©thodes permettant de localiser des armes sur le territoire ennemi, de trouver des terroristes, de dĂ©couvrir des tunnels cachĂ©s, de tirer et de frapper des drones ennemis, ainsi que de frapper des terroristes et de les retrouver Ă une distance de plusieurs kilomètres. Aucun combattant ne demande quand ils ont fini, il n’y a pas d’Ă©puisement professionnel. SĂ»rement après le coup que nous avons subi le 7 octobre et les amis que nous avons perdus de l’unitĂ©, ainsi que Roy, que j’ai rencontrĂ© dans le bus pour le bureau de recrutement de JĂ©rusalem quand j’avais 18 ans, et depuis lors, nous Ă©tions ensemble Ă Golani, dans le cours d’officier, lors de Tsouk Etan et plomb durci lorsqu’il a Ă©tĂ© blessĂ© alors Ă mes cĂ´tĂ©s. »
Le colonel Dvir est d’accord avec ses subordonnĂ©s sur la capacitĂ© particulière de son prĂ©dĂ©cesseur dans le rĂ´le de Roi Ă voir l’avenir : « Il y avait quelque chose de prophĂ©tique chez Roi au cours des derniers mois. Les soldats disent qu’il les avait prĂ©parĂ© Ă la guerre, qu’il est entrĂ© dans les dĂ©tails avec eux, qu’il leur a dit d’abandonner les technologies et les gadgets, vous ĂŞtes d’abord des combattants. Et le 7 octobre, ils accomplirent tout ce qu’il leur avait prĂ©parĂ©. Maintenant, nous profitons de chaque opportunitĂ©, en profitant de chaque nouvelle dĂ©couverte sur l’ennemi près de Jabalia Ă travers le monde souterrain pour crĂ©er le puzzle sur les prisonniers et les disparus. »









