Depuis le 7 octobre, une grande partie de l’Europe semble avoir oublié l’origine de la guerre. La France, l’Espagne et plusieurs gouvernements européens ont multiplié les pressions, les accusations et les condamnations contre Israël. La défense d’un État attaqué par une organisation terroriste a progressivement été présentée comme le principal problème, tandis que les massacres du Hamas, les otages et les menaces existentielles pesant sur Israël disparaissaient de nombreux discours.
L’Espagne s’est particulièrement illustrée par sa politique ouvertement favorable à la cause palestinienne et par ses critiques répétées contre Jérusalem. La France, de son côté, a régulièrement durci son ton envers Israël, au nom de la paix et du droit international. Dans les rues européennes, cette hostilité diplomatique a parfois libéré une parole beaucoup plus dangereuse : agressions contre des Juifs, menaces contre des Israéliens et slogans appelant à la disparition d’Israël.
Mais pendant que l’Europe jugeait Israël, sa propre maison commençait à vaciller.
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Une Europe confrontée à ses propres flammes
Les incendies qui ravagent régulièrement le continent, notamment en Espagne et en France, offrent une image saisissante. Des milliers d’hectares disparaissent, des populations sont évacuées et des familles regardent impuissantes les flammes menacer leurs habitations.
Les scientifiques expliquent ces incendies par la chaleur extrême, la sécheresse, le changement climatique, l’état des forêts et, dans certains cas, des actes criminels ou des négligences. Rien ne permet d’affirmer que l’immigration serait responsable de ces feux. Toute accusation collective serait donc infondée et dangereuse.
Cependant, sur le plan symbolique, le rapprochement interpelle.
Au même moment, l’Espagne affronte une crise migratoire considérable après l’arrivée massive de dizaines de milliers de personnes à Ceuta. Cette situation a provoqué une crise humanitaire et de graves tensions européennes, allant jusqu’au rétablissement de contrôles entre certains pays. Reuters rapporte que cette crise a déclenché une confrontation politique entre Madrid et Rome autour de la sécurité et de la maîtrise des frontières.
Ces migrants sont des êtres humains, dont beaucoup fuient la guerre, la pauvreté ou l’instabilité. Ils ne doivent pas devenir des coupables automatiques. Mais leur arrivée massive révèle une autre réalité : l’Europe, qui exigeait d’Israël l’ouverture de ses frontières et lui dictait la manière de protéger sa population, découvre brutalement les difficultés posées par une frontière qui cède.
Une lecture mystique, pas une accusation
Peut-on y voir une forme de remise à zéro ? Personne ne peut prétendre connaître les décisions de Dieu ni affirmer qu’une catastrophe naturelle constitue une punition divine. La souffrance des innocents ne doit jamais devenir un instrument politique.
Pourtant, dans plusieurs textes bibliques, le feu apparaît à la fois comme une force de destruction, d’épreuve et de purification. Les prophètes Malachie et Zacharie le comparent notamment au feu du fondeur, qui consume les impuretés pour révéler le métal véritable. Symboliquement, il fait tomber les certitudes et expose les fragilités que les hommes refusaient de regarder.
L’Europe a voulu enseigner à Israël comment survivre au terrorisme. Elle découvre aujourd’hui qu’elle peine à maîtriser ses propres frontières, ses fractures sociales et les flammes qui parcourent son territoire.
L’Espagne a défendu avec ardeur le droit des Palestiniens à franchir les barrières imposées par Israël. La voici confrontée à une pression migratoire qui bouleverse ses relations avec ses voisins. La France a dénoncé avec sévérité les réponses sécuritaires israéliennes, alors qu’elle doit elle-même protéger ses citoyens contre la radicalisation, l’antisémitisme et les violences.
Ce n’est peut-être pas une punition. Mais cela peut être considéré comme un miroir.
Quand l’Histoire remet les certitudes à zéro
Israël est fréquemment accusé de construire des murs, de contrôler ses frontières et de prendre des mesures jugées excessives. Pourtant, lorsque les frontières européennes sont elles-mêmes soumises à une pression exceptionnelle, les grands principes s’effacent rapidement devant les contrôles, les expulsions et les impératifs de sécurité.
Le feu qui traverse l’Europe ne prouve aucune intervention divine. La crise migratoire ne doit pas être confondue avec les incendies. Néanmoins, la simultanéité de ces bouleversements porte un message symbolique puissant : aucun pays n’est invulnérable et aucune civilisation ne peut éternellement juger les autres sans examiner ses propres contradictions.
L’Europe voulait remettre Israël à sa place. Elle se retrouve aujourd’hui devant ses propres limites.
Est-ce une simple succession de crises, une coïncidence troublante ou l’avertissement qu’une époque est en train de s’achever ? Chacun répondra selon sa foi. Mais une chose apparaît désormais clairement : ceux qui condamnaient Israël depuis leurs capitales découvrent que les frontières, le feu et la survie ne sont pas des théories.
Et parfois, avant qu’un monde puisse être reconstruit, ses certitudes doivent d’abord partir en fumée.
Sabrina Hania






