L’Europe est dĂ©sormais un endroit oĂą l’on peut mourir simplement parce qu’on est juif.

Ă€ Madrid, plus de 150 dirigeants juifs se sont rĂ©unis pour la confĂ©rence de l’Association juive europĂ©enne (EJA). Ils ont lancĂ© un avertissement sĂ©rieux aux gouvernements europĂ©ens : enrayer la montĂ©e de l’ antisĂ©mitisme , sous peine d’Ă©rosion des valeurs dĂ©mocratiques. Le sommet, dont le thème Ă©tait « Construire ou partir ? L’heure de vĂ©ritĂ© pour le judaĂŻsme europĂ©en », a mis l’accent sur l’hostilitĂ© croissante envers les Juifs dans les rues, sur les campus et en politique, conjuguĂ©e Ă  l’inaction des institutions.

Une nouvelle enquête EJA-Ipsos menée auprès de 4 400 Européens révèle des tendances inquiétantes : 28 % des jeunes sont confrontés à une rhétorique antisémite déguisée en militantisme, 65 % attribuent cette aggravation des attitudes au conflit au Moyen-Orient et 20,4 % imputent la responsabilité de la guerre aux Juifs locaux. Près de la moitié (49,3 %) affirment que la couverture médiatique encourage l’antisémitisme.

La confĂ©rence a adoptĂ© un plan en six points, exigeant une dĂ©finition juridiquement contraignante de l’antisĂ©mitisme , des campagnes de tolĂ©rance publique et la responsabilisation du monde universitaire. Elle a Ă©galement appelĂ© Ă  reconnaĂ®tre la radicalisation sur les campus comme une menace pour la sĂ©curitĂ© et Ă  crĂ©er un groupe de travail juif chargĂ© de coordonner les efforts juridiques et politiques.

« L’antisĂ©mitisme est le symptĂ´me d’une sociĂ©tĂ© malade », a dĂ©clarĂ© l’auteur britannique Douglas Murray . « Toute sociĂ©tĂ© qui abrite des antisĂ©mites est vouĂ©e Ă  l’Ă©chec. » Alors que les communautĂ©s juives d’Europe se prĂ©parent Ă  un avenir incertain, leur message est clair : le silence est une complicitĂ©. Mais Ă©coutera-t-on ?