L’explosion de Natanz « était la cinquième de ces dernières annĂ©es »

Le site nuclĂ©aire de Natanz a fait l’objet de cinq explosions ces dernières annĂ©es, a rĂ©vĂ©lĂ© samedi l’ancien chef de l’Organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique dans une interview Ă  l’agence de presse iranienne Fars.

Fereydoon Abbasi-Davani, Ă©galement candidat aux prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles iraniennes, a ajoutĂ© qu’IsraĂ«l avait menĂ© la rĂ©cente attaque contre Natanz sur la base d’une expĂ©rience accumulĂ©e depuis au moins 15 ans.

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« Ce n’est pas la première fois que des destructions ont lieu Ă  Natanz, et en termes de sabotage majeur, nous pensons que c’est la cinquième fois qu’une attaque sĂ©rieuse est menĂ©e contre les installations de Natanz au cours des 15 dernières annĂ©es », a dĂ©clarĂ© Davani au Fars. « Bien sĂ»r, nous les avons neutralisĂ©s dans une certaine mesure, mais nous avons Ă©galement subi des dommages. »

Tout en affirmant que les systèmes de dĂ©fense iraniens « font leur travail », Davani a soulignĂ© que les systèmes n’ont pas encore l’expertise pour faire face aux « capacitĂ©s de l’ennemi ».

L’ancien chef atomique a soulignĂ© que l’Iran doit travailler sur la dissuasion pour Ă©viter de nouveaux dommages. «Si l’ennemi tient compte du fait que s’il nous frappe, il recevra un coup plus dur, alors la situation changera. La meilleure dĂ©fense est l’attaque ».

L’explosif utilisĂ© dans la dernière attaque contre Natanz Ă©tait « de la taille d’une lentille », selon Davani, qui a soulignĂ© que les protocoles de sĂ©curitĂ© doivent ĂŞtre plus stricts sur les sites nuclĂ©aires et les installations de production de centrifugeuses.

« L’ennemi utilise presque toute sa pensĂ©e sur la planète pour frapper l’ordre sacrĂ© de la RĂ©publique islamique, mais nous avons des limites et nous n’utilisons mĂŞme pas toute notre pensĂ©e interne parce que les arrestations et les protections impliquent davantage notre propre peuple », a dĂ©clarĂ© Davani. Fars, ajoutant que l’Iran « ne peut pas bloquer complètement l’ennemi ».

Le responsable iranien a soulignĂ© que, bien que les centrifugeuses soient protĂ©gĂ©es des missiles en Ă©tant placĂ©es Ă  40 ou 50 mètres sous terre, elles ne sont pas suffisamment protĂ©gĂ©es des cyberattaques et de la possibilitĂ© d’introduction d’explosifs dans les installations.

Davani a dĂ©noncĂ© qu’il n’Ă©tait pas autorisĂ© Ă  «entrer dans l’Organisation de l’Ă©nergie atomique, alors que les espions y entraient facilement», et qu’on ne lui avait pas demandĂ© d’aide. « Ils n’ont mĂŞme pas voulu utiliser les conseils de quelqu’un comme moi car il y a beaucoup de supporters dans le pays. »

Des explosifs ont Ă©tĂ© utilisĂ©s pour dĂ©truire complètement le système Ă©lectrique interne de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz en Iran lors d’une opĂ©ration israĂ©lienne prĂ©sumĂ©e en avril.

Davani a affirmĂ© peu de temps après l’attaque que des milliers de centrifugeuses avaient Ă©tĂ© dĂ©truites. Le responsable iranien a soulignĂ© qu’une telle opĂ©ration Ă©tait en cours depuis des annĂ©es, dĂ©clarant que « la conception de l’ennemi Ă©tait très belle ».

L’ancien chef de l’OEA, qui fait maintenant partie de la commission de l’Ă©nergie du Parlement iranien, a survĂ©cu Ă  une tentative d’assassinat en 2010 au cours de laquelle des hommes Ă  moto ont posĂ© des bombes sur le cĂ´tĂ© de sa voiture. Un autre scientifique nuclĂ©aire, Majid Shahriari, a Ă©tĂ© tuĂ© dans une attaque similaire le mĂŞme jour. Davani travaillerait en Ă©troite collaboration avec Mohsen Fakhrizadeh, le principal scientifique nuclĂ©aire iranien, qui a Ă©tĂ© tuĂ© dans un assassinat attribuĂ© Ă  IsraĂ«l l’annĂ©e dernière.

La tĂ©lĂ©vision d’Etat iranienne a identifiĂ© Reza Karimi comme Ă©tant l’homme qui, selon elle, Ă©tait derrière l’attaque de Natanz.

L’annĂ©e dernière, une explosion et un incendie dans l’installation auraient eu un impact nĂ©gatif majeur sur le programme nuclĂ©aire iranien.