Le Hamas a présenté ses excuses à la journaliste palestinienne Riwa Murshid vendredi, après avoir été attaquée par un membre des services de sécurité du groupe terroriste islamiste, pour ne pas porter de hijab.
Le porte-parole du ministère de l’IntĂ©rieur du Hamas, Iyad al-Bozm, a dĂ©clarĂ© que le groupe « prĂ©sente des excuses Ă Riwa Murshid », Ă la suite des rĂ©sultats d’une enquĂŞte sur la conduite de l’agent. Al-Bozm a ajoutĂ© que le ministère emprisonnerait l’officier impliquĂ©.
«Il y a eu une discussion entre Murshid et l’un des membres des Infringement Defenders [une unitĂ© militaire du Hamas], qui a alors enfreint les directives concernant le traitement des civils. Il l’a frappĂ©e avec une branche d’arbre avant que son collègue ne corrige l’incident et ne les autorise Ă partir », a dĂ©clarĂ© al-Bozm.
Murshid a tĂ©moignĂ© que l’origine de la « discussion » Ă©tait sa dĂ©cision de ne pas porter de foulard traditionnel portĂ© par les femmes musulmanes de pratique religieuse, connu en arabe sous le nom de hijab.
« Mon corps ou mes vĂŞtements Ă©taient inappropriĂ©s, selon les mots de mon agresseur, alors l’un des agents a utilisĂ© une branche d’arbre pour me battre jusqu’Ă laisser des marques claires et douloureuses sur mon corps », a Ă©crit Murshid dans un message Facebook dĂ©crivant l’incident…
Le Hamas, qui dirige la bande de Gaza depuis 2007, a Ă©tĂ© critiquĂ© par des groupes de dĂ©fense des droits de l’homme pour avoir restreint les libertĂ©s personnelles dans l’enclave cĂ´tière. Depuis son arrivĂ©e au pouvoir, le Hamas a resserrĂ© les restrictions sur les comportements qu’il considère comme contraires Ă la loi islamique, selon Human Rights Watch.
Murshid, qui travaille pour le site d’information arabe populaire Raseef22, Ă©tait entrĂ© dans une zone ouverte avec plusieurs collègues près de la frontière de l’enclave cĂ´tière avec IsraĂ«l pour filmer. Ce n’Ă©tait pas la première fois qu’ils entraient dans la zone ; selon Murshid, ils avaient reçu la permission du propriĂ©taire de filmer lĂ -bas.
Lorsqu’ils ont terminĂ© le tournage, Murshid et ses compagnons ont Ă©tĂ© abordĂ©s par deux membres des forces de sĂ©curitĂ© du Hamas. Murshid dit qu’il a prĂ©sentĂ© sa carte de presse et leur a dit qu’il avait reçu l’autorisation de filmer dans la rĂ©gion, bien que les autoritĂ©s du Hamas affirment qu’il n’a pas fait une telle chose.
« Pendant que je me prĂ©sentais en tant que journaliste, la conversation s’est tournĂ©e vers mon apparence et le fait de ne pas porter le hijab », a dĂ©clarĂ© Murshid. « Il n’arrĂŞtait pas de me lancer des phrases, me disant que j’Ă©tais un apostat, que je n’Ă©tais pas Ă eux, que je n’avais pas le droit de parler et que je devais me taire. »
L’agent a continuĂ© de la harceler Ă cause de son apparence. Quand Murshid a rĂ©pondu, lui disant d’ĂŞtre plus polie, il l’a frappĂ©e avec un bâton, a-t-elle affirmĂ©.
Le Centre palestinien des droits de l’homme basĂ© Ă Gaza a dĂ©crit l’incident comme une « attaque directe ». Le groupe de dĂ©fense des droits de l’homme a accusĂ© le Hamas d’essayer d’imposer une «idĂ©ologie spĂ©cifique» Ă la bande de Gaza.
« L’ingĂ©rence des services de sĂ©curitĂ© dans les libertĂ©s personnelles, y compris la libertĂ© de s’habiller des femmes, est une violation flagrante de la libertĂ© personnelle et une discrimination inacceptable Ă l’Ă©gard des femmes », a dĂ©clarĂ© le Centre dans un communiquĂ©.
En fĂ©vrier, un tribunal islamique dirigĂ© par le Hamas a dĂ©clarĂ© que les femmes auraient par la suite besoin de l’autorisation d’un tuteur masculin pour voyager Ă l’Ă©tranger. Le groupe terroriste a par la suite annoncĂ© qu’il rĂ©examinerait la politique, après avoir suscitĂ© une condamnation gĂ©nĂ©ralisĂ©e.





