Une amie me racontait qu’elle cherchait Ă Â la loupe du cardon, mais qu’il restait introuvable en IsraĂ«l et qu’elle paierait une fortune pour ne serait-ce qu’un tout petit morceau.
Elle prĂ©tendait que le cardon au goĂ»t d’artichaut avait le don de transformer un mets en une oeuvre culinaire, mais aussi qu’il avait la propriĂ©tĂ© de transcender n’importe quel plat sans goĂ»t en un plat Ă Â tomber par terre !
Sur ce, je passe par le Mahané Yéhouda (le plus grand marché de légumes et produits divers à Jérusalem) et je découvre le légume magique, il est immense, pas très appétissant et se nommerait CARDOUN en hébreu !
Je dĂ©cide donc de l’acheter : il est très gros, très grand, très lourd ,et donc très cher mais quelle importance puisqu’il va magnifier mes plats ?
C’est alors qu’une bonne femme qui achetait une botte de Cosbora (persil arabe) et qui semblait ĂŞtre une spĂ©cialiste en plats cuisinĂ©s sĂ©farades (une vraie de vraie), s’est mise Ă Â me crier dessus suite Ă ma question :
 » Excusez-moi madame, comment est-ce que l’on le cuisine ce truc lĂą ? » »
Alors elle me réponds :
 » Mais pourquoi tu l’achètes si tu ne sais pas quoi en faire?
Alors je lui dis:
 » Mais c’est une amie qui m’a dit de l’acheter » …
La bonne dame répond :
« Mais il ne faut pas croire tout le monde! »
Alors j’ai eu peur, je me suis dis qu’après tout elle avait peut ĂŞtre raison, alors j’ai voulu le rendre mais le primeur avait dĂ©jĂ fermĂ© son Ă©tal. Je me retourne vers la bonne femme et je lui dis:
« Mais est-ce que c’est bon ? » Alors qu’elle me rĂ©pond d’un air dĂ©sinvolte :  »T’as qu’Ă demander Ă ta copine! »
Je quitte donc le marchĂ© avec mon cardon sur l’Ă©paule et après quelques minutes, j’entends de loin une femme qui m’appelle  »Giveret, giveret » (madame madame!) et c’Ă©tait encore elle qui courait derrière moi et qui me sort une recette avec des mots en perse et marocain ou je ne sais quoi et qui me dit « tu as compris? »
 »Non pas vraiment  » alors elle me rĂ©pète la recette encore plus vite et plus fort, et lĂ , de peur de la contrarier, cette fois je la remercie en lui promettant de cuisiner mon cardon comme elle me l’ordonnait » . Je me suis retrouvĂ©e avec cet Ă©norme cardon qui occupait toute une Ă©tagère dans mon frigo et j’ai voulu partager avec les rĂ©seaux sociaux ne serait-ce que pour libĂ©rer mon étagère.
Merci à  toutes pour vos recettes, mais entre les mains qui noircissent, les Ă©pines lancinantes, franchement je vais prendre une sage dĂ©cision, je vais libĂ©rer un petit mètre carrĂ© dans mon jardin et je vais le planter (après la chmita bien sur), et chaque jour lorsque je l’arroserai, je sourirai en repensant Ă Â ces rencontres qui nous attachent si fortement Ă Â notre peuple »
Par Annie BendayanÂ
Petit plus Alyaexpress-News :
Pour notre amie Annie et toutes les femmes qui ne savent pas cuisiner ce merveilleux légume qui donne un goût particulier à tous les plats, mais aussi très difficile à  trouver en Israël, elles peuvent faire la Taskia : un plat de Pessah que font les juifs d’Algérie :
Recette de Louise Fhal  :
Prendre une grande marmite, faire revenir du jarret ou du paleron et un morceau d’agneau (collier par exemple) avec de l’oignon râpe. Ajouter sel, poivre et coriandre en poudre. Laisser cuire et rajouter les lĂ©gumes, cardons, artichauts, fèves et courgettes, et en fin de cuisson, le persil arabe. Laisser mijoter deux heures et demie. A servir avec de la galette pillĂ©e au fond d’une assiette !
Bon appétit !
Merci à Annie Bendayan de nous avoir fait partager son expérience




