Les protestations en Iran, qui avaient commencé avec un immense espoir populaire, se sont achevées dans un bain de sang et une répression d’une ampleur sans précédent. Selon de nombreuses estimations concordantes issues de l’opposition iranienne et de sources régionales, près de 20 000 personnes auraient été tuées lors de la répression brutale menée par le régime. Les attentes immenses placées par le peuple iranien dans certaines figures clés de la scène internationale ne se sont pas concrétisées, tandis que la machine répressive du régime continue de broyer toute contestation.
Cette séquence historique, qui marque un point de non-retour pour la République islamique, s’articule autour de trois acteurs centraux. Le premier est Reza Pahlavi, que de larges pans de la population iranienne ont, pour la première fois, accepté comme une figure de leadership. Il a agi comme le font les leaders de mouvements de contestation : il a appelé le peuple à descendre dans la rue et a lancé un appel explicite à la communauté internationale pour qu’elle soutienne le peuple iranien. Il est probable qu’il ressente aujourd’hui le poids écrasant de cette responsabilité, face au sang versé et aux milliers de vies fauchées.
Le deuxième acteur est l’État d’Israël, et en particulier son Premier ministre Benjamin Netanyahu. Depuis des années, une partie importante du peuple iranien nourrit l’espoir qu’Israël interviendra, le moment venu, contre le régime des mollahs. Ce n’est pas un hasard si, lors des manifestations de la diaspora iranienne à travers le monde, le drapeau israélien est omniprésent. Aux yeux des opposants au régime, Netanyahu est perçu comme un dirigeant déterminé, surtout après la guerre de douze jours, et comme quelqu’un qui se tient à leurs côtés face à la tyrannie islamiste.
Mais l’acteur le plus déterminant, celui sur lequel l’ensemble des espoirs ont été projetés, reste le président des États-Unis, Donald Trump. Des millions d’Iraniens ont parié sur lui, convaincus que Washington ne laisserait pas le régime écraser le peuple dans le sang. Les déclarations de Trump, promettant de protéger les manifestants et de répondre par la force si le régime tirait sur son propre peuple, ont galvanisé les foules. Ces paroles ont été interprétées comme une garantie implicite d’une intervention américaine.
La réalité, cependant, a été tout autre. Près de deux semaines après le début de la répression la plus violente, l’Iran est pratiquement coupé du monde. Internet est largement paralysé, empêchant la diffusion d’informations fiables et continues depuis l’intérieur du pays. Certes, certains Iraniens parviennent encore à capter des chaînes satellitaires comme Iran International, mais il demeure impossible de dresser un tableau complet et cohérent de ce qui se passe réellement, de l’ampleur exacte des massacres et de ce qui attend le pays dans les jours à venir.
Ce que l’on sait avec certitude, c’est que des couvre-feux de facto ont été instaurés dans plusieurs villes iraniennes, en particulier la nuit. La peur est omniprésente, les arrestations se poursuivent, et l’économie iranienne, déjà exsangue avant les événements, continue de s’effondrer. Le peuple iranien, étranglé par l’inflation, le chômage et les sanctions, se retrouve aujourd’hui plus isolé et plus vulnérable que jamais.
Et pourtant, malgré les promesses et les attentes, l’intervention américaine n’est pas venue. Après près de 20 000 morts, les forces du régime poursuivent leur vengeance contre les détenus, et de nombreuses sources redoutent désormais des vagues d’exécutions massives. Dans l’esprit de nombreux opposants, si une frappe américaine n’intervient pas rapidement, elle sera perçue comme la plus grande trahison de l’histoire des États-Unis envers le peuple iranien.
La question centrale est désormais la suivante : le feu brûle-t-il encore sous les cendres ? La réponse est oui, sans la moindre ambiguïté. Cette braise, cependant, ne se transformera en explosion qu’à la faveur d’une action extérieure décisive. L’Iran, après ces massacres de masse, ne redeviendra jamais ce qu’il était auparavant. La haine du régime s’est enracinée profondément, la soif de vengeance est vive, et la fracture entre le pouvoir et la société est devenue irréparable.
À mes yeux, les semaines et les mois à venir seront encore marqués par le sang et le feu. Il est désormais impossible de revenir à la situation d’avant les manifestations. Quelque chose de fondamental s’est brisé en Iran. Le régime peut bien tenter d’écraser toute opposition par la violence, il ne parviendra pas à effacer ce moment historique ni à faire reculer le temps.
Dans ce contexte, l’inaction internationale n’est pas une position neutre : elle équivaut à un choix. Chaque jour qui passe sans intervention renforce le sentiment, parmi les Iraniens, qu’ils ont été abandonnés à leur sort. Pour beaucoup, seule une frappe américaine — coordonnée ou non avec Israël — peut désormais provoquer l’effondrement final du régime ou, à tout le moins, empêcher des massacres encore plus vastes.
L’Iran a franchi un seuil irréversible. Après ces tueries de masse, il n’y aura pas de retour en arrière. La question n’est plus de savoir si le régime des mollahs survivra, mais combien de vies supplémentaires seront sacrifiées avant qu’une décision stratégique soit prise. Aux yeux de millions d’Iraniens, le temps des déclarations est révolu. C’est le moment d’agir.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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