Mamdani furieux après avoir été invité à « faire retomber les flammes de la haine envers Israël

Le maire de New York, Zohran Mamdani, cultive en dehors des rĂ©seaux sociaux une rĂ©putation de responsable politique qui supporte mal la critique publique. C’est ce qu’a rĂ©vĂ©lĂ© le journal amĂ©ricain New York Post dans la nuit de vendredi, sur la base d’entretiens menĂ©s avec plus d’une douzaine d’Ă©lus, de conseillers politiques et d’autres hauts responsables, dont la majoritĂ© a prĂ©fĂ©rĂ© garder l’anonymat.

Selon ce rapport, après que des dirigeants juifs de la ville l’ont appelĂ© Ă  « faire retomber les flammes de la haine » envers IsraĂ«l Ă  la suite d’une agression au couteau Ă  caractère antisĂ©mite survenue sur l’Upper West Side, Mamdani a tĂ©lĂ©phonĂ© Ă  au moins un Ă©lu ayant participĂ© Ă  la confĂ©rence de presse concernĂ©e. D’après les sources citĂ©es, il aurait protestĂ© contre cet appel Ă  modĂ©rer ses propos, ainsi que contre le lien Ă©tabli entre cette agression et une vidĂ©o qu’il avait publiĂ©e quelques jours plus tĂ´t, dans laquelle il qualifiait le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « criminel de guerre ».

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Toujours selon le rapport, Mamdani a pour habitude de contacter personnellement ses dĂ©tracteurs publics, garde rancune envers des personnalitĂ©s politiques en vue, et ne rĂ©pond parfois aux sollicitations que lorsqu’il est dĂ©rangĂ© par une couverture mĂ©diatique nĂ©gative. L’un des conseillers politiques citĂ©s dans l’article affirme qu’« il n’est pas capable de gĂ©rer la critique, en particulier venant d’Ă©lus sur lesquels il pense pouvoir exercer une pression ».

L’intense activitĂ© de Mamdani sur des plateformes comme TikTok et Instagram, oĂą il compte respectivement 3,5 millions et 11,9 millions d’abonnĂ©s, a constituĂ© un facteur central de son ascension politique en 2025, le menant d’un mandat de dĂ©putĂ© d’État jusqu’au poste de maire de New York. D’après les sources du Post, depuis son entrĂ©e en fonction en janvier, il continue d’investir massivement dans son image publique. Le rapport Ă©voque notamment la crĂ©ation d’un « bureau pour l’engagement des masses », dotĂ© d’un budget de 53 millions de dollars, une initiative que ses dĂ©tracteurs dĂ©crivent comme un mĂ©canisme de propagande municipale. Le maire continuerait par ailleurs Ă  publier rĂ©gulièrement des vidĂ©os sur les rĂ©seaux sociaux pour promouvoir son agenda.

Le rapport affirme Ă©galement que Mamdani et son entourage accordent une attention considĂ©rable Ă  la couverture mĂ©diatique. Selon plusieurs sources, l’un des moyens les plus efficaces d’obtenir une rĂ©ponse de son cabinet reste la publication d’un article critique ou d’une couverture nĂ©gative. Un militant dĂ©mocrate citĂ© dans l’enquĂŞte a indiquĂ© que le cabinet du maire « ne rĂ©agit que lorsque le sujet devient une crise Ă  ses yeux et fait la une ».

Le contexte de cette polĂ©mique remonte Ă  la diffusion, il y a quelques semaines, d’une vidĂ©o dans laquelle Mamdani reconnaissait ne pas avoir l’autoritĂ© lĂ©gale de faire arrĂŞter Netanyahu s’il venait Ă  New York, tout en rĂ©itĂ©rant l’accusation de « criminel de guerre » Ă  son encontre et en appelant Ă  son arrestation par les autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales. Cette vidĂ©o a rapidement dĂ©passĂ© les 200 millions de vues sur les rĂ©seaux sociaux. Quelques jours plus tard, un homme juif et un homme d’origine asiatique ont Ă©tĂ© poignardĂ©s sur l’Upper West Side, dans un incident que la police de New York a classĂ© comme un possible crime de haine. Si les enquĂŞteurs n’ont Ă©tabli aucun lien entre les propos du maire et les motivations de l’agresseur, la coĂŻncidence de calendrier a suffi Ă  dĂ©clencher une vague de critiques de la part de responsables communautaires juifs, qui ont organisĂ© un rassemblement dĂ©nonçant Ă  la fois l’agression et le climat qu’ils jugent alimentĂ© par la rhĂ©torique du maire.

Le Premier ministre Netanyahu lui-mĂŞme est entrĂ© dans la polĂ©mique, accusant publiquement Mamdani d’« attiser la haine » et de rendre les Juifs new-yorkais moins en sĂ©curitĂ©. Plusieurs figures de la communautĂ© juive, dont la prĂ©sidente du conseil municipal Julie Menin, ont Ă©galement pointĂ© du doigt le maire, estimant que la tension devait redescendre. De son cĂ´tĂ©, Mamdani a rĂ©affirmĂ© publiquement qu’il n’existait « aucune place pour la haine ou le fanatisme, de quelque nature qu’il soit », dans sa ville, sans toutefois revenir sur sa position concernant Netanyahu.

Ă€ l’inverse de cette image conflictuelle qui ressort du rapport du New York Post, certains des interlocuteurs interrogĂ©s ont aussi soulignĂ© des traits plus positifs chez le maire. Une source issue d’un syndicat professionnel affirme qu’il fait preuve d’humilitĂ©, pose beaucoup de questions et Ă©coute davantage qu’il ne parle, en particulier sur les sujets oĂą il manque d’expĂ©rience.

Pour l’heure, ni le cabinet du maire ni son entourage n’ont rĂ©agi publiquement au contenu de cette enquĂŞte.

Pour aller plus loin sur les tensions autour de Zohran Mamdani, nous vous invitons Ă  consulter nos prĂ©cĂ©dents articles : le malaise de Mamdani Ă  l’enterrement de la soldate amĂ©ricaine, le geste polĂ©mique de Mamdani dĂ©noncĂ© par Elon Musk, ainsi que notre article sur la vague d’actes antisĂ©mites visant des synagogues Ă  New York.