L’Arabie saoudite se prépare à une possible attaque coordonnée menée par des factions de milices irakiennes et par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, a affirmé cette nuit (entre jeudi et vendredi) une source officielle saoudienne à CNN. Selon cette source, des rapports de renseignement émanant du royaume, des États-Unis et d’autres pays de la région indiquent que des membres de ces milices prévoient de frapper le pays dans un avenir très proche. Ces attaques seraient planifiées en coordination entre les différents groupes et sous la direction des Gardiens de la révolution iraniens.
Ces informations sur des attaques imminentes surviennent au lendemain de la revendication par les Houthis d’une attaque contre un pétrolier saoudien dans le golfe d’Aden. Ces dernières semaines, l’Arabie saoudite a dû faire face à des tirs de missiles des Houthis depuis le Yémen, ainsi qu’à des attaques de drones menées par des milices soutenues par l’Iran en Irak. La source a exprimé son inquiétude face à ces informations, soulignant qu’elles interviennent alors même que Riyad œuvre à apaiser les tensions, et alors que les négociations impliquant l’Iran semblent progresser dans la bonne direction.
« Nous prendrons toutes les mesures nécessaires »
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« L’Arabie saoudite prendra toutes les mesures nécessaires pour faire face à toute agression », a déclaré la source saoudienne. Elle a ajouté que le royaume avait identifié des réunions rassemblant des Irakiens, des Houthis et des membres des Gardiens de la révolution, ainsi que des mouvements de drones et de missiles. Selon son évaluation, ces attaques planifiées viseraient à perturber l’avancée des négociations, et pourraient même refléter une lutte de pouvoir interne à l’Iran.
Toujours selon cette source, les frappes seraient prévues pour partir simultanément du nord et du sud du pays. Les cibles potentielles identifiées sont des installations civiles et économiques, avec un accent particulier sur les infrastructures énergétiques, les ports maritimes et les aéroports. Malgré ces informations de renseignement, la source a précisé que l’Arabie saoudite poursuivrait ses efforts d’apaisement et ses contacts avec les autorités irakiennes.
Peu après la déclaration de la source hier, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé que 11 civils avaient été blessés dans une attaque houthie dans le sud du royaume, près de la frontière avec le Yémen. Sept des blessés sont des citoyens saoudiens, parmi lesquels une femme et un enfant de quatre ans souffrant de brûlures au deuxième degré. Un citoyen yéménite, deux citoyens égyptiens et un citoyen pakistanais ont également été blessés. Le communiqué de la coalition précise que la milice houthie a mené ces attaques en tirant sans discrimination sur des cibles civiles.
Un sommet doit se tenir aujourd’hui en Arabie saoudite, réunissant des représentants d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan. Selon des sources régionales, les pays devraient annoncer, à l’occasion de cette rencontre, un accord de défense commune.
La reprise des combats au Yémen
L’affrontement au Yémen reprend de l’ampleur après plusieurs années d’accalmie relative. Les Houthis ont annoncé hier avoir tiré un grand nombre de missiles balistiques contre des camps et des concentrations de forces du gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite. Selon le porte-parole des Houthis, il s’agit d’une « vaste opération militaire » visant des camps, des concentrations de forces et des dépôts d’armements dans plusieurs régions du pays. Les Houthis affirment que ces frappes ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les combattants, et causé d’importants dégâts au matériel et aux camps.
De son côté, l’armée yéménite a confirmé que plusieurs de ses camps avaient été attaqués et fait état de morts et de blessés, sans publier de bilan officiel. Des sources gouvernementales yéménites ont indiqué à Reuters qu’au moins 30 soldats avaient été tués, tandis qu’AP a fait état d’au moins 30 morts et d’environ 50 blessés. Selon des informations saoudiennes, des drones auraient également été utilisés dans certaines de ces attaques.
Dans leur communiqué, les Houthis ont également mis en garde l’Arabie saoudite contre toute implication supplémentaire. Bien qu’ils présentent leurs cibles comme des forces saoudiennes, il s’agit en réalité principalement de forces du gouvernement yéménite, soutenu par la coalition dirigée par Riyad.
Les Houthis contrôlent Sanaa et de vastes régions du nord du Yémen depuis 2014, avec le soutien de l’Iran. Face à eux se trouve le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, soutenu par l’Arabie saoudite et ses alliés. L’offensive actuelle survient après plusieurs jours d’intensification des affrontements sur plusieurs fronts, dont une tentative d’infiltration houthie dans la région de Taez, des tirs d’artillerie et des échanges de tirs prolongés pendant plusieurs heures.
Depuis 2022, un cessez-le-feu de facto était en vigueur au Yémen, et le niveau des combats avait fortement baissé, même en l’absence d’accord politique global. Cette récente séquence d’événements pourrait donc annoncer un changement de tendance et un retour à un affrontement plus large.
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