L’Ă©pouse du maire de New York Zohran Mamdani, l’artiste syro-amĂ©ricaine Rama Duwaji, s’apprĂŞte Ă provoquer une nouvelle controverse. Selon un article publiĂ© mercredi par le New York Times, elle doit participer cette semaine Ă un rassemblement anti-israĂ©lien rĂ©servĂ© aux femmes sur l’Ă®le de Corse, oĂą la mère de JĂ©sus sera prĂ©sentĂ©e comme « une femme palestinienne ayant accouchĂ© sous occupation ».
Cette formule a immĂ©diatement suscitĂ© de vives critiques de la part d’historiens amĂ©ricains, qui mettent en garde contre la tentation de projeter des concepts politiques contemporains sur des figures vieilles de deux mille ans. La professeure Rachel Fulton Brown, de l’universitĂ© de Chicago, a rĂ©sumĂ© le problème en expliquant que prĂ©tendre que l’Ă©poque actuelle est celle d’il y a deux mille ans ne rend service Ă personne.
Un habitué des références à la Palestine
Ce rendez-vous en Corse, baptisĂ© « Mary In The Quran » (« Marie dans le Coran »), est organisĂ© par une structure appelĂ©e The Women’s Sanctuary et se tiendra du 9 au 14 juillet. Il ne s’agit pas d’un cas isolĂ© pour cette organisation : un article publiĂ© l’an dernier dans Vogue Arabia, consacrĂ© Ă une prĂ©cĂ©dente retraite du mĂŞme groupe, dĂ©crivait comment les arguments anti-israĂ©liens y Ă©taient omniprĂ©sents, chaque prière, chaque confĂ©rence et chaque repas donnant lieu Ă une mention des « sĹ“urs de Palestine ».
Rama Duwaji, 29 ans, nĂ©e Ă Houston de parents syriens originaires de Damas, illustratrice et cĂ©ramiste de formation, n’est pas une simple participante Ă ces Ă©vĂ©nements : elle figure comme « artiste en rĂ©sidence » de l’organisation et compte parmi les hĂ´tesses de ces rassemblements payants, dont les places s’arrachent malgrĂ© un tarif avoisinant les 3 400 dollars par personne.
Absente pour le 250e anniversaire des États-Unis
Le timing de ces dĂ©placements n’est pas passĂ© inaperçu. Le week-end dernier, alors que les États-Unis cĂ©lĂ©braient le 250e anniversaire de leur indĂ©pendance, Rama Duwaji a quittĂ© le pays pour se rendre Ă une première retraite du mĂŞme type, cette fois Ă Majorque, en Espagne, oĂą elle a officiĂ© comme « artiste en rĂ©sidence » lors d’un atelier consacrĂ© aux « plantes du Coran ». Elle a ainsi manquĂ© les cĂ©lĂ©brations organisĂ©es Ă New York, alors mĂŞme que son mari, lui, Ă©tait restĂ© sur place pour participer aux festivitĂ©s officielles, notamment l’illumination de l’Empire State Building aux couleurs du drapeau amĂ©ricain.
Ce choix a nourri les critiques de plusieurs Ă©lus new-yorkais. La conseillère municipale du Queens, Joann Ariola, a ironisĂ© sur le symbole d’une absence aux cĂ©lĂ©brations du 250e anniversaire au profit de vacances mĂ©diterranĂ©ennes, tout en assurant ne pas ĂŞtre surprise, compte tenu de ce qu’elle considère comme une hostilitĂ© dĂ©jĂ bien Ă©tablie envers les États-Unis. Le conseiller municipal Frank Morano a de son cĂ´tĂ© regrettĂ© que la Première dame de New York ait choisi de se trouver Ă l’Ă©tranger plutĂ´t que de participer Ă l’un des Ă©vĂ©nements civiques les plus importants de l’annĂ©e pour la ville et le pays.
Le bureau du maire n’a pas souhaitĂ© rĂ©pondre directement Ă ces critiques, prĂ©cisant seulement que Rama Duwaji n’avait pas Ă©tĂ© accompagnĂ©e, lors de ce voyage, par l’escorte de protection du NYPD habituellement affectĂ©e au couple mayoral.
Des publications passées qui refont surface
Cette polĂ©mique intervient alors que d’anciennes publications de Rama Duwaji sur les rĂ©seaux sociaux, supprimĂ©es depuis, avaient dĂ©jĂ fait scandale en mars dernier. Le Washington Free Beacon avait alors rĂ©vĂ©lĂ© une sĂ©rie de messages oĂą elle faisait l’Ă©loge de groupes armĂ©s palestiniens et s’en prenait aux militaires amĂ©ricains soutenant IsraĂ«l. Une republication datant de 2015 sur Tumblr avait notamment suscitĂ© l’indignation en qualifiant les soldats amĂ©ricains de non courageux et en les accusant de massacrer des civils du tiers-monde pour maintenir l’hĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine. En avril, Rama Duwaji avait prĂ©sentĂ© des excuses publiques pour ce qu’elle avait qualifiĂ© de contenu passĂ© blessant.
Zohran Mamdani, lui-mĂŞme connu pour ses positions très critiques envers IsraĂ«l, avait alors dĂ©fendu son Ă©pouse en estimant qu’elle ne devait pas ĂŞtre jugĂ©e sur son activitĂ© passĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux dans la mesure oĂą elle n’occupe aucune fonction officielle au sein de son administration. Reste que la succession de ces Ă©pisodes — excuses publiques, absence remarquĂ©e du 250e anniversaire amĂ©ricain, puis participation Ă un rassemblement oĂą une figure centrale du christianisme est prĂ©sentĂ©e sous un angle explicitement politique et anti-israĂ©lien — continue d’alimenter les interrogations sur les sympathies rĂ©elles de la Première dame de New York, dans une mairie dĂ©jĂ scrutĂ©e de près pour ses prises de position controversĂ©es.






