Michael Karkoc, ce commandant Nazi caché dans le nord de Minneapolis (vidéo et photos)

A l’heure oĂč nous mettons en ligne, Alyaexpress-News est le seul site israĂ©lien Ă  rĂ©vĂ©ler cette information en langue française.


Michael Karkoc vit dans le nord de Minneapolis dans une rĂ©gion oĂč se trouve une grande population ukrainienne
Aujourd’hui, l’homme est ĂągĂ© de 94 ans, et vit aux États-Unis depuis plus de 60 ans. C’était un haut commandant dans une unitĂ© SS dirigĂ©e par les nazis.

L’Associated Press a rĂ©vĂ©lĂ© cette information ce vendredi. Michael Karkoc habite dans le Minnesota, et quand il est entrĂ© aux États-Unis en 1949, il a dĂ©clarĂ© aux autoritĂ©s qu’il n’avait pas accompli son service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale.

Photo : Maison de Karkoc aux Etats Unis.

Ce n’était pas vraiment prĂ©cis. Karkoc Ă©tait un membre fondateur et un officier de la LĂ©gion ukrainienne Self Defense SS-led, et fut plus tard un officier de la SS Division galicien. Bien qu’il n’y ait aucune preuve qu’il a commis des crimes de guerre, il semble y avoir une preuve trĂšs claire qu’il a agit au sein de  «la sociĂ©tĂ© ukrainienne, et a donnĂ© l’ordre de massacrer des civils«  et on le soupçonne aussi d’avoir Ă©tĂ© « prĂ©sent sur les lieux de ces atrocitĂ©s, » selon l’AP.

C’est un fait surprenant oĂč il a fallu du temps pour dĂ©couvrir le passĂ© de Karkoc. Il a publiĂ© un mĂ©moire en langue ukrainienne en 1995 dans lequel il Ă©crit Ă  propos de la façon dont il a contribuĂ© Ă  fonder la Ligue ukrainienne d’autodĂ©fense en 1943. Mais il Ă©crit en tant que pharmacologue clinique Ă  la retraite qui effectue pendant son temps libre des recherches de crimes pendant la guerre.

Lorsque l’AP a frappĂ© Ă  la porte de Karkoc, dans le nord de Minneapolis, il a refusĂ© de parler: «Je ne pense pas que je peux vous expliquer,«  dit-il.

Les procureurs polonais ont dĂ©clarĂ© vendredi qu’ils vont enquĂȘter et vĂ©rifier si Karkoc savait que la plupart des crimes commis par l’unitĂ© en question ont eu lieu en Pologne. Les autoritĂ©s allemandes ont Ă©galement dit qu’ils sont intĂ©ressĂ©s Ă  explorer le cas de cet homme pour voir s’il y a suffisamment de preuves pour engager des poursuites.

 Certains fichiers SS nazis montrent qu’il a participĂ© Ă  une unité  nazie en 1944  dans l’insurrection de Varsovie.

Il fut un haut commandant d’une unitĂ© SS nazie et a menti aux agents de l’immigration pour entrer aux États-Unis, il y a plus de 60 ans.

Michael Karkoc, a fait ces remarques Ă  un journaliste qui a frappĂ© Ă  la porte de sa maison du Minnesota, et qui lui a poser des questions sur les accusations selon lesquelles il a brĂ»lĂ© des villages remplis de femmes et d’enfants.

Il a dĂ©clarĂ© aux autoritĂ©s amĂ©ricaines en 1949, qu’il n’avait effectuĂ© aucun service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale, dissimulant son travail d’officier et membre fondateur de l’Ukraine Self LĂ©gion de la DĂ©fense SS-led et plus tard comme officier dans le galicien Division SS, selon les dossiers obtenus.

Le voisin de Karkoc dit qu’il a connu l’immigrant ukrainien depuis de nombreuses annĂ©es, et a Ă©tĂ© stupĂ©fait d’apprendre son passĂ© nazi avec qui il a partagĂ© rires et bonne humeur.

Photo : Le voisin de Karkoc : Gordon Gnasdoskey

«Pour moi, c’est un choc», a dĂ©clarĂ© Gordon Gnasdoskey, 79 ans. « Venir dans ce pays et profiter de ses libertĂ©s pendant toutes ces annĂ©es. »

Karkoc a dit aux responsables amĂ©ricains, qu’il Ă©tait charpentier, et les dossiers indiquent qu’il travaillait pour une entreprise de construction nationale Ă  un bureau Ă  Minneapolis.

AprÚs la guerre, Karkoc a terminé dans un camp pour personnes déplacées à Neu Ulm, en Allemagne, selon des documents obtenus auprÚs du Service international de recherches de Bad Arolsen, en Allemagne.

Les documents indiquent que sa femme est morte en 1948, un an avant que lui et ses deux jeunes garçons nĂ©s en 1945 et 1946 – aient Ă©migrĂ© aux États-Unis.

AprĂšs son arrivĂ©e Ă  Minneapolis, il s’est remariĂ© et il a eu quatre autres enfants, dont le dernier est nĂ© en 1966.

Selon un membre de longue date de l’Association nationale ukrainienne, Karkoc a Ă©tĂ© Ă©troitement impliquĂ© dans les affaires communautaires au cours des derniĂšres dĂ©cennies et a Ă©tĂ© identifiĂ© dans un article paru en 2002 dans une publication ukraino-amĂ©ricain comme un «militant de longue date de l’UNA.

Karkoc aurait Ă©tĂ© sur une liste noire amĂ©ricaine du renseignement secret dont les membres ont Ă©tĂ© interdit d’entrer aux États-Unis Ă  l’époque. Bien que les dossiers ne montrent pas que Karkoc ait pris une part directe Ă  des crimes de guerre, et selon les dĂ©clarations de tĂ©moins et de documents confirment la sociĂ©tĂ© ukrainienne, qui prouve qu’il a donnĂ© l’ordre de tuer des civils. MalgrĂ© cela Karkoc est restĂ© aux Etats Unis.

Photo : L’unitĂ© que dirigeait Karkoc


Selon des fichiers SS nazis, son unitĂ© a Ă©galement participĂ© Ă  la campagne de 1944 pendant le soulĂšvement de Varsovie, dans lequel les nazis ont brutalement rĂ©primĂ© une rĂ©volte polonaise contre l’occupation allemande.

Efraim Zuroff, le chasseur de nazis au Centre Simon Wiesenthal Ă  JĂ©rusalem, a dĂ©clarĂ© que depuis des dĂ©cennies, il a acquit une forte expĂ©rience pour poursuivre les criminels de guerre nazis, il s’attend Ă  ce que les Ă©lĂ©ments de preuve vont montrer que Karkoc a menti aux autoritĂ©s amĂ©ricaines et que son unitĂ© a commis des atrocitĂ©s autant dans la dĂ©portation que les crimes de guerre en Allemagne ou en Pologne.

Photo : papier de naturalisation de Karkoc

«En  AmĂ©rique c’est un cas relativement connu: il est  le commandant d’une unitĂ© qui a effectuĂ© des atrocitĂ©s, c’est une Ă©vidence, dit Zuroff.

«MĂȘme en Allemagne 
 si le gars Ă©tait le commandant de l’unitĂ©, alors mĂȘme s’ils ne peuvent pas montrer qu’il a tirĂ© personnellement sur la gĂąchette, il assume la responsabilitĂ©. »

Ancien officier de l’armĂ©e allemande Josef Scheungraber – un lieutenant comme Karkoc – a Ă©tĂ© condamnĂ© en Allemagne en 2009, pour son massacre nazi en temps de guerre  en Italie.

Des procureurs allemands ont l’obligation d’ouvrir une enquĂȘte s’il y a suffisamment de «suspicion initiale» d’une possible implication dans des crimes de guerre, a dĂ©clarĂ© Thomas Walther, un ancien procureur au bureau spĂ©cial allemand qui enquĂȘte sur les crimes de guerre nazi.


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