Ils Ă©coutent davantage le public, postent sur les rĂ©seaux sociaux et essaient de faire savoir qu’ils sont « sur la vague ». La jeune gĂ©nĂ©ration de dirigeants qui a pris les rĂŞnes dans les États du Golfe a opĂ©rĂ© un changement significatif au pays et Ă l’Ă©tranger. Des hĂ©ritiers du trĂ´ne qui mènent tranquillement une rĂ©volution aux dirigeants matures qui ont fait la diffĂ©rence. C’est ainsi qu’un nouveau Moyen-Orient a Ă©tĂ© créé, et pourquoi n’est-il pas parfait ?
Les États arabes du Golfe sont souvent traitĂ©s comme une seule pièce, un bloc de pays riches en pĂ©trole, dĂ©sertiques, en dĂ©veloppement et très influents. Il est vrai que presque tous les pays peuvent ĂŞtre dĂ©crits comme tels, mais c’est une erreur de les considĂ©rer comme un seul corps. Chacun est diffĂ©rent de l’autre – que ce soit dans la culture, la structure politique ou le niveau de richesse et d’influence au Moyen-Orient. Il est impossible de traiter Oman, l’Arabie saoudite et BahreĂŻn de la mĂŞme manière.
Mais s’il y a quelque chose en commun entre ces pays, c’est le changement qu’ils ont connu ces dernières annĂ©es. L’un après l’autre, les dirigeants Ă la tĂŞte des pays alternent, que l’Ă©change soit officiel ou souterrain, et une nouvelle gĂ©nĂ©ration plus jeune conduit les États arabes du Golfe vers un avenir diffĂ©rent, un nouveau Moyen-Orient.
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Président des Émirats arabes unis et prince héritier saoudien. Leaders de la révolution
( Photo : AP )
Persan ou arabe ?
Lorsque nous parlons des États du Golfe, nous entendons gĂ©nĂ©ralement les six États membres du Conseil de coopĂ©ration du Golfe (CCG) : Oman, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, BahreĂŻn et le KoweĂŻt. Deux autres pays sont situĂ©s sur la cĂ´te du Golfe – l’Iran et l’Irak, mais ils ne font pas partie du conseil en raison de la rivalitĂ© entre les États sunnites et l’Iran chiite et l’Irak – en partie Ă cause de la diffĂ©rence de sa structure gouvernementale.
Un diffĂ©rend important entre les parties existe depuis des annĂ©es sur le nom du Golfe – persan ou arabe. L’Iran, porte-drapeau de la tradition perse, tente d’instiller dans la conscience internationale le nom de « Golfe Persique », et y parvient Ă©galement dans une certaine mesure. D’autre part, ses voisins arabes adhèrent Ă l’expression « golfe arabique », qui efface la place de l’histoire perse dans la rĂ©gion.
Chacun des six États du Golfe est rĂ©gi par une structure gouvernementale diffĂ©rente et avec des caractĂ©ristiques uniques supplĂ©mentaires. En raison du fait que dans la plupart des cas, la règle dans ces pays est hĂ©ritĂ©e ou au sein de la famille dirigeante, un rĂ©gent est nommĂ© Ă l’avance, qui au jour de la vĂ©ritĂ© est censĂ© devenir le vĂ©ritable dirigeant.
Mais il y a des cas, comme Muhammad bin Salman, oĂą bien qu’il soit officiellement l’hĂ©ritier du trĂ´ne d’Arabie saoudite, il est considĂ©rĂ© par beaucoup comme le principal dĂ©cideur du royaume, ou du moins comme un facteur très influent dans les dĂ©cisions de son père aĂ®nĂ©, le roi Salman.
Semblable au prince hĂ©ritier saoudien, jusqu’Ă rĂ©cemment, son ami Muhammad bin Zayed dĂ©tenait le titre correspondant aux Émirats arabes unis. Plus rĂ©cemment, il a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident des Émirats, Ă la suite du dĂ©cès du prĂ©cĂ©dent prĂ©sident, Cheikh Khalifa Ben Zayed. Les deux – Muhammad bin Salman et Muhammad bin Zayed, dirigent aux cĂ´tĂ©s de jeunes chefs d’État et de rĂ©gents du Golfe la jeune gĂ©nĂ©ration de dirigeants qui changent le Moyen-Orient.
« La ligne de partage des eaux dans le leadership du Golfe »
La gĂ©nĂ©ration prĂ©cĂ©dente de dirigeants comptait des personnes qui, dans la plupart des cas, Ă©taient nĂ©es Ă une Ă©poque oĂą les frontières du Moyen-Orient et de la plupart des pays que nous connaissons aujourd’hui dans la rĂ©gion se sont formĂ©es. Ils occupent des positions très conservatrices, religieuses et continuent dans une certaine mesure le chemin de leurs ancĂŞtres.
Ce sont aussi eux qui ont entre autres prĂ©vu la crĂ©ation de l’État d’IsraĂ«l et menĂ© l’opposition jusqu’Ă son existence, en utilisant des outils tels que les boycotts, les sanctions et mĂŞme en soutenant des actes terroristes contre lui. Cette gĂ©nĂ©ration disparaĂ®t au fil des annĂ©es, tout comme en IsraĂ«l le gouvernement passe Ă une direction plus jeune.
Ces postes clĂ©s dans les États du Golfe, ainsi que dans d’autres pays arabes de la rĂ©gion, sont occupĂ©s par de jeunes dirigeants, considĂ©rĂ©s comme beaucoup plus ouverts Ă l’Occident et aux idĂ©es modernes. Ils s’efforcent de faire de leur pays une partie intĂ©grante de l’Ă©conomie, de la culture et des sports mondiaux. Les jeunes leaders sont plus attentifs Ă la jeune gĂ©nĂ©ration, qui n’est pas dĂ©tachĂ©e des tendances et des processus qui se dĂ©roulent dans le monde.
En Arabie saoudite, c’est Muhammad bin Salman qui mène une rĂ©volution dans le royaume le plus conservateur du Moyen-Orient, avec plus de libertĂ©s pour les femmes, une ouverture aux touristes Ă©trangers et une combinaison d’Ă©vĂ©nements culturels et sportifs considĂ©rĂ©s comme rares, voire inconcevables en Arabie saoudite, il y a quelques annĂ©es.

Ben Salman. « La ligne de partage des eaux dans le leadership du Golfe »
( Photo: EPA )
« L’arrivĂ©e de Muhammad bin Salman est un tournant dans la direction du Golfe », a dĂ©clarĂ© le Dr Michal Yaari, un expert des États arabes du Golfe de l’Open University et de l’UniversitĂ© Ben Gourion. Cela signifiait un changement radical du mode de vie dans le royaume. »
« De plus, les photos du régent en tenue de tous les jours ont souligné son lien profond avec la jeune population et la différence essentielle entre la nature de son règne et ses prédécesseurs au pouvoir », a-t-elle ajouté.
Il est important d’Ă©tablir des liens avec les jeunes citoyens, en particulier dans les États du Golfe, oĂą de larges pans de la population sont jeunes. En Arabie saoudite, par exemple, les deux tiers de la population ont moins de 34 ans. La jeune gĂ©nĂ©ration des États du Golfe est très connectĂ©e aux rĂ©seaux sociaux et certains d’entre eux Ă©tudient Ă l’Ă©tranger et sont exposĂ©s Ă une culture très diffĂ©rente de celle de chez eux.

Jeunes femmes en Arabie Saoudite. La jeune génération des Golfes est très connectée aux réseaux sociaux
( Photo : AP )
« Cela signifie que pour gagner le soutien des masses, le dirigeant doit bien connaĂ®tre les dĂ©sirs de la population qu’il contrĂ´le », a expliquĂ© le Dr Yaari. Dans de nombreux cas, le dirigeant est perçu comme quelqu’un qui profite Ă sa famille et ignore les besoins de la population qu’il contrĂ´le. »
Le « rebelle » du Golfe est le médiateur au Moyen-Orient
Un autre pays oĂą des tendances similaires ont lieu est le Qatar. A la tĂŞte de la riche et influente principautĂ© du Golfe se trouve l’Ă©mir cheikh Tamim ben Hamed al-Thani. La famille Thani dĂ©tient les rĂŞnes du pouvoir dans le pays depuis son indĂ©pendance de la Grande-Bretagne en 1971, et Amir possède d’Ă©normes pouvoirs qui le positionnent comme la figure centrale qui façonne la vie quotidienne et les politiques du Qatar.
L’Ă©mir actuel, un cheikh innocent, a pris ses fonctions en 2013, après que son père Hemed a renoncĂ© au trĂ´ne et a choisi de le transfĂ©rer Ă son fils de sa deuxième et prĂ©fĂ©rĂ©e Ă©pouse, Sheikh Muse. Ce faisant, il a changĂ© la culture des rejets internes et des rĂ©voltes dans la famille dirigeante qatarie.

Doha. Alors
( Photo : AP )
L’une des thĂ©ories dominantes concernant le choix de l’hĂ©ritier dans les États du Golfe est que ce sera gĂ©nĂ©ralement le fils aĂ®nĂ© nĂ© de la femme prĂ©fĂ©rĂ©e par le souverain. Dans le cas des sunnites, il est possible d’Ă©pouser plus d’une femme, ce qui laisse gĂ©nĂ©ralement des tensions intra-familiales concernant la continuitĂ© du gouvernement et l’identitĂ© de l’hĂ©ritier dans les diffĂ©rentes principautĂ©s.
Le cheikh Tamim Amir du Qatar est considĂ©rĂ© comme l’un des dirigeants stables, ayant dirigĂ© le Qatar pendant près d’une dĂ©cennie et n’ayant que 42 ans. Amir n’a pas d’hĂ©ritier, bien que la constitution qatarie dĂ©finisse un tel rĂ´le. Au lieu d’un rĂ©gent, Tamim a nommĂ© un adjoint, qui est essentiellement un rĂ©gent en changeant la dĂ©finition officielle, mais avec les mĂŞmes pouvoirs et le mĂŞme caractère raisonnable pour hĂ©riter du chef au moment de vĂ©ritĂ©.
L’adjoint de Tamim est son frère, Abdullah bin Hemed, l’un des fils de l’ancien Ă©mir de sa troisième Ă©pouse. Abdullah, 34 ans, est titulaire d’une licence en relations internationales d’une branche de l’universitĂ© amĂ©ricaine de Georgetown dans la capitale qatarie, Doha. Au-delĂ des pouvoirs officiels qui lui sont confĂ©rĂ©s en tant qu’Ă©mir adjoint, Abdullah occupe un certain nombre de postes supplĂ©mentaires dans divers domaines tels que le milieu universitaire, l’Ă©conomie, l’Ă©nergie et les sports dans le pays.
En raison du jeune âge de Tamir, il semble qu’Abdullah ait encore un peu de temps jusqu’Ă ce qu’il prenne ses fonctions, voire pas du tout. Mais l’Ă©mir actuel a Ă©galement fait des progrès significatifs en termes de politique qatarienne et de son statut dans la rĂ©gion et dans le monde.
Les Qataris sont parmi les acteurs les plus impliquĂ©s de la rĂ©gion. Ils servent de centre d’activitĂ© aux Frères musulmans et accueillent les dirigeants Ă©trangers du Hamas sur leur territoire, tout en maintenant des contacts avec IsraĂ«l. Membres du Conseil de coopĂ©ration du Golfe, mais entretenant une relation avec l’Iran – son rival acharnĂ©. Sur le territoire de la principautĂ© se trouve la plus grande base de l’armĂ©e amĂ©ricaine au Moyen-Orient et, en mĂŞme temps, elle maintient un axe devant les dirigeants talibans en Afghanistan.

Le prĂ©sident de l’Iran et l’Ă©mir du Qatar, cette semaine. Sont en contact avec tous les facteurs problĂ©matiques
( Photo : AP )
Cette politique n’a pas Ă©tĂ© pratiquĂ©e tout au long de l’histoire du Qatar, et on peut dire que sous la direction de l’Ă©mir actuel, elle a Ă©tĂ© davantage mise en Ă©vidence. Ce n’est pas un hasard si l’innocent Cheikh Ben Hamad a Ă©tĂ© le premier des dirigeants arabes Ă critiquer le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden après son entrĂ©e Ă la Maison Blanche.
Ă€ l’heure oĂą les États-Unis se retirent de plus en plus du Moyen-Orient, mais constatent qu’ils ne le quittent pas vraiment, ils ont besoin exactement des mĂŞmes forces qui peuvent les aider à « rĂ©soudre » les problèmes qui se posent. , mĂŞme temporairement.
Il est de coutume de qualifier le Qatar de « rebelle » des États du Golfe, comme en tĂ©moignent ses voisins qui ont enregistrĂ© pas mal de conflits et de diffĂ©rends avec les Qataris au fil des ans. Le dernier conflit a commencĂ© en 2017 et s’est transformĂ© du jour au lendemain en un boycott total et une politique anti-qatari claire de la part de ses grands amis – l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, BahreĂŻn et l’Égypte.
L’une des dĂ©clarations les plus mĂ©morables de ces jours de boycott est venue de la menace du rĂ©gent saoudien de creuser un canal sur le territoire entre les deux pays, qui est la seule source terrestre du Qatar, ce qui en fait une Ă®le solitaire. Depuis, beaucoup d’eau a coulĂ© dans le fleuve, et non dans le canal de Ben Salman, qui n’a jamais Ă©tĂ© fouillĂ©.

Muhammad bin Salman et Amir Qatar
( De Twitter )
Les États se sont rĂ©conciliĂ©s, après de grands efforts de l’administration amĂ©ricaine prĂ©cĂ©dente, et l’annĂ©e dernière, mĂŞme les ambassadeurs ont Ă©tĂ© remplacĂ©s et nous avons eu le privilège de voir les dirigeants dans une atmosphère souriante, enveloppante et en maillot de bain, que nous n’avons pas vue mĂŞme en des temps meilleurs dans relations entre les États.
« Le style de leadership saoudien rayonne dans le Golfe, avec de plus en plus de dirigeants adoptant des caractĂ©ristiques similaires de son leadership », a expliquĂ© le Dr Yaari Ă propos de l’image inhabituelle. « En renonçant aux caractĂ©ristiques de l’islam radical ».
Il est impossible de parler du Qatar sans Ă©voquer la Coupe du monde que les princesses accueilleront plus tard cette annĂ©e. Les Qataris profitent de l’organisation d’un tournoi de la taille de la Coupe du monde pour rehausser leur image sur la scène internationale, ainsi que pour les besoins d’une dĂ©monstration de force rĂ©gionale. Pourtant, c’est le premier pays arabe Ă accueillir l’Ă©vĂ©nement record de la Coupe du monde.

L’un des stades qui accueillera la Coupe du monde Ă Doha. Une tentative d’amĂ©liorer l’image du Qatar sur la scène internationale
( Photo : AP )
« Les dirigeants des États du Golfe investissent beaucoup d’efforts dans l’organisation de compĂ©titions sportives internationales, dans le cadre de leur tentative de renommer leur pays et leur image, et de dĂ©tourner l’attention des violations des droits de l’homme », a dĂ©clarĂ© le Dr Yaari. Au contraire, il y a des droits qui sont en train d’ĂŞtre retirĂ©s en ce moment. »
Un autre signe très significatif de la centralitĂ© du Qatar, et de sa grande influence sur le monde arabe et le monde en gĂ©nĂ©ral, est le fait que la principautĂ© possède l’un des rĂ©seaux mĂ©diatiques les plus puissants au monde – Al-Jazeera. Pour bon nombre de rĂ©gimes au Moyen-Orient, c’est l’un des facteurs les plus importants qui peuvent choquer les autoritĂ©s. La première chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision panarabe ouverte quelque part en 1996 conserve toujours son statut de la plus populaire du monde arabe et de celle qui influence le discours public.
L’Ă©tat du Golfe ne change pas
Un autre pays arabe dirigĂ© par « Emir » est le KoweĂŻt, bien que son système de gouvernement soit lĂ©gèrement diffĂ©rent de celui du Qatar et que la direction ne soit pas si jeune, c’est le moins qu’on puisse dire. Le KoweĂŻt est considĂ©rĂ© comme l’un des pays arabes les plus riches et son territoire contient des rĂ©serves de pĂ©trole très impressionnantes. Comme le Qatar et de nombreux États du Golfe, la plupart des rĂ©sidents du KoweĂŻt ne sont pas des citoyens Ă part entière, bien que dans de très faibles pourcentages.
Le KoweĂŻt est actuellement dirigĂ© par l’Ă©mir Nawaf al-Ahmad al-Jaber al-Sabar, qui aura 85 ans ce mois-ci.

Émir du Koweït. Attendu 14 ans pour obtenir le poste
( Photo : AP )
L’hĂ©ritier actuel du trĂ´ne, Mashaal al-Ahmad al-Jaber a-Sabah, 81 ans, est un demi-frère de l’Ă©mir actuel, et il est douteux qu’il puisse attendre cette pĂ©riode. Bien que, selon les rapports arabes, la santĂ© de l’Ă©mir sortant ne soit pas optimale.
Mashaal a fait ses Ă©tudes d’adolescent en Grande-Bretagne, puis est retournĂ© au KoweĂŻt et a occupĂ© des emplois civils et gouvernementaux au fil des ans. En vertu de sa position d’hĂ©ritier du trĂ´ne et d’Ă©mir adjoint, il est Ă©galement l’organe autoritaire qui supervise les activitĂ©s du gouvernement, qui malgrĂ© la tentative de le prĂ©senter comme indĂ©pendant est en fait soumis Ă l’autoritĂ© de l’Ă©mir et de l’hĂ©ritier au trĂ´ne.
La preuve en est sa dĂ©cision rĂ©cente de dissoudre le parlement, connu sous le nom de « Conseil de la Nation », et de dĂ©clarer des Ă©lections gĂ©nĂ©rales, en raison des relations problĂ©matiques entre l’exĂ©cutif et le lĂ©gislatif. « Nous travaillons pour assurer la stabilitĂ© nationale, le bien-ĂŞtre du peuple et son unitĂ©. Il y a des dangers et des crises qui frappent de toutes parts », a-t-il expliquĂ© sa dĂ©cision. « Nous n’intervenons pas dans les activitĂ©s des diffĂ©rentes autoritĂ©s, mais nous ne voyons pas non plus de rĂ©alisations et les habitants ne sont pas satisfaits de leurs activitĂ©s. »

Conseil national du KoweĂŻt. Sont en effet soumis Ă l’autoritĂ© de l’Ă©mir et de l’hĂ©ritier du trĂ´ne
( Photo : AP )
Bien qu’il s’agisse d’un pays très riche, le fait que ses revenus soient principalement basĂ©s sur les ressources naturelles inquiète beaucoup les dirigeants du KoweĂŻt. Comme l’Arabie saoudite, cet État du Golfe a Ă©galement formulĂ© une vision pour l’avenir – « KoweĂŻt 2035 », qui vise Ă faire du KoweĂŻt un centre financier et commercial de premier plan dans la rĂ©gion, tout en dĂ©veloppant le secteur privĂ© des entreprises et le capital humain du pays.
Il est possible qu’en raison de leur âge avancĂ©, ou mĂŞme en raison de la nature du KoweĂŻt, l’Ă©mir et l’hĂ©ritier ne soient pas vus afficher un activisme ou des initiatives similaires Ă ceux de l’Arabie saoudite et du Qatar. Il est Ă©galement douteux jusqu’oĂą ira la vision pour 2035. Le transfert du pouvoir Ă la jeune gĂ©nĂ©ration peut changer le visage de l’État, tout comme ses voisins.
Le premier pays du Golfe à reconnaître le changement
Les Émirats arabes unis sont un pays oĂą nous avons rĂ©cemment assistĂ© Ă un changement gĂ©nĂ©rationnel de leadership. Depuis plusieurs annĂ©es, le cheikh Khalifa bin Zaid al-Nahian, dĂ©cĂ©dĂ© il y a quelques semaines, est dirigĂ© par l’État. Celui qui s’est mis Ă sa place en douceur est le troisième fils du premier prĂ©sident des Émirats, Muhammad bin Zayed, qui dirigeait en fait les affaires de l’État en raison de l’Ă©tat de santĂ© de Sheikh Khalifa.
Bien qu’il soit lĂ©gèrement plus âgĂ© que ses homologues d’Arabie saoudite et du Qatar, Muhammad bin Zayed, 61 ans, fait Ă©galement partie de la jeune gĂ©nĂ©ration de dirigeants du Golfe. Pendant son mandat d’hĂ©ritier du trĂ´ne d’Abu Dhabi et de personne la plus influente des Émirats, le pays a connu une vĂ©ritable rĂ©volution dans tous les domaines.

Mohammed ben Zayed. MenĂ© une vĂ©ritable rĂ©volution aux EAU, avant mĂŞme d’ĂŞtre nommĂ© prĂ©sident par intĂ©rim
( Photo : AP )
Les Émirats arabes unis sont une fĂ©dĂ©ration de sept principautĂ©s diffĂ©rentes – Abu Dhabi, DubaĂŻ, Sharjah, Ajman, Ras al-Jaime, Umm al-Kiwin et Fujairah, qui ont fusionnĂ© en 1971 en une seule entitĂ© politique. Chacun des Ă©mirats est dirigĂ© par un dirigeant local, le plus grand empereur des sept, Abu Dhabi, prĂ©sidant Ă©galement l’ensemble de la fĂ©dĂ©ration.
Les dirigeants des Émirats arabes unis ont probablement Ă©tĂ© les premiers Ă identifier la tendance future Ă rĂ©duire la dĂ©pendance au pĂ©trole et Ă d’autres sources d’Ă©nergie pĂ©rissables, et ont agi dans le sens du dĂ©veloppement de sources de revenus Ă partir d’autres canaux lĂ©gèrement plus modernes.
Ainsi, DubaĂŻ est devenu l’un des centres financiers les plus importants du Moyen-Orient, et les Émirats arabes unis dans leur ensemble sont une destination touristique internationale de premier plan. La plus haute tour du monde, des Ă®les artificielles, des centres de mĂ©dias, des banques et un hub aĂ©roportuaire qui relie l’Europe et l’Est. Une grande partie de l’effort consiste bien sĂ»r Ă prĂ©senter les Émirats arabes unis comme un pays moderne dĂ©veloppĂ© qui investit dans l’Ă©conomie et les infrastructures, mais aussi dans son capital humain, et prĂ©sente surtout un horizon Ă la jeune gĂ©nĂ©ration.

Dubai. L’un des centres financiers les plus importants du Moyen-Orient
( Photo : AFP )
Vous avez peut-ĂŞtre entendu parler de l’escadron de chasse des Émirats arabes unis ou de la transition vers une semaine de travail courte, mais les dirigeants des Émirats arabes unis investissent vraiment dans le bien-ĂŞtre et le dĂ©veloppement de leur population. En tĂ©moigne la crĂ©ation du Bureau gouvernemental pour le bonheur. Un bureau gouvernemental dont le seul but est de promouvoir le bonheur dans la sociĂ©tĂ© de l’Ă©mirat.
Les Émirats arabes unis comprennent qu’ils offrent beaucoup aux touristes Ă©trangers, mais aussi Ă leurs citoyens, avec un niveau de vie considĂ©rĂ© comme bon par rapport Ă d’autres pays, et d’autant plus par rapport Ă de nombreux pays du Moyen-Orient.
Non seulement ils comprennent cela, mais ils savent Ă©galement comment le commercialiser Ă l’extĂ©rieur. L’un des meilleurs prĂ©sentateurs des EAU est le rĂ©gent de DubaĂŻ, Hamdan bin Muhammad bin Rashad al-Maktoum, qui fĂŞtera ses 40 ans dans quelques mois.
Hamdan est le deuxième fils du Premier ministre des Émirats arabes unis et du souverain de la PrincipautĂ© de DubaĂŻ, qui a promu la principautĂ© Ă son statut actuel. Il est diplĂ´mĂ© de l’AcadĂ©mie royale militaire de Sandhurst, oĂą sont passĂ©s pas mal de membres de familles royales du Moyen-Orient.
Le prince maintient un compte Instagram particulièrement actif avec plus de 14 millions d’abonnĂ©s du monde entier, oĂą il donne un aperçu de son style de vie et de ses passe-temps – des sports extrĂŞmes Ă la faune qu’il Ă©lève.
Capacité à ajuster la politique étrangère
En termes de politique Ă©trangère de la fĂ©dĂ©ration progressiste, lĂ aussi, elle semble ĂŞtre Ă l’avant-garde en termes de volontĂ© de s’adapter Ă la rĂ©alitĂ© changeante du Moyen-Orient au-delĂ de toute reconnaissance. Établir des relations officielles avec IsraĂ«l, renouer avec le Qatar, se rĂ©concilier historiquement avec la Turquie rivale, rouvrir un axe avec le rĂ©gime d’Assad et mener des pourparlers avec l’ennemi de l’est de l’Iran. Tout cela et plus ne s’est produit qu’au cours des deux dernières annĂ©es, alors qu’aux Émirats arabes unis sous le sceptre de Ben Zayed, ils ne cessent de surprendre.
La publicitĂ© et l’investissement des Émirats dans les relations avec IsraĂ«l sont considĂ©rĂ©s comme les plus courageux, et ils rayonnent sans aucun doute dans toute la rĂ©gion. Une telle dĂ©cision nĂ©cessitait le leadership mĂ»r et Ă©prouvĂ© de Ben Zaid. Il en va de mĂŞme pour l’ouverture religieuse affichĂ©e aux Emirats, tout en combattant l’islam radical et en faisant une place au judaĂŻsme et au christianisme dans le pays. La rĂ©conciliation avec la Turquie et les liens renouvelĂ©s avec Assad reflètent en grande partie une comprĂ©hension de la rĂ©alitĂ© changeante et la nĂ©cessitĂ© de mettre Ă jour les versions et les plans d’action pour maintenir la pertinence.

Muhammad bin Zayed avec le président Herzog
( Photo : Porte-parole de la Maison du Président )

Ben Zayed et le président syrien Assad
En gĂ©nĂ©ral, la politique Ă©trangère pragmatique qui n’adhère pas aux dĂ©finitions d’un ennemi et d’un alliĂ© est un autre trait saillant des dirigeants de certains États du Golfe. Notamment en Arabie saoudite, au Qatar, Ă BahreĂŻn et aux Émirats arabes unis. « Ces dernières annĂ©es, il est devenu clair que les dirigeants arabes abandonnent l’attachement aux valeurs et aux principes qui les accompagnaient dans le passĂ©, et se concentrent sur la promotion d’objectifs nationaux. Il n’y a aucun problème pour que les pays soient divisĂ©s sur une question. et partenariat sur un autre », a dĂ©clarĂ© le Dr Yaari.
« Les accords d’Avraham en sont une excellente expression, certains dirigeants des Etats du Golfe refusent d’ĂŞtre convoitĂ©s par les Palestiniens, et avancent vers la paix avec IsraĂ«l, mĂŞme si cette dĂ©marche est perçue comme une trahison des intĂ©rĂŞts palestiniens », a-t-elle ajoutĂ©. expliquĂ©. « En bout de ligne, certains dirigeants du Golfe reprĂ©sentent un leadership diffĂ©rent de celui que nous avons vu auparavant – pragmatique, courageux, dĂ©terminĂ© Ă faire un bond en avant et Ă reconnaĂ®tre l’Ă©norme importance du soutien de la foule. »
Cependant, tout n’est pas positif dans cette nouvelle rĂ©alitĂ© moyen-orientale. Les politiques pragmatiques et affirmĂ©es de la jeune gĂ©nĂ©ration de dirigeants leur prĂ©sentent des dĂ©fis et une concurrence interĂ©tatique, les intĂ©rĂŞts de chaque pays s’opposant parfois Ă ceux d’un autre pays ou de plusieurs autres.
Ainsi, les pays qui sont dĂ©finis comme des amis, voire des alliĂ©s proches, deviennent des rivaux majeurs pour les centres de pouvoir et d’influence. Il est difficile Ă ce stade de dĂ©terminer lequel des leaders va « gagner » dans cette longue course, mais il ne fait aucun doute que chacun d’eux produit une compĂ©tition respectable et très difficile pour ses homologues.