Une coïncidence troublante — ou quelque chose de bien plus sinistre. L’analyste des affaires arabes Tsvi Yehezkeli rapporte un phénomène inhabituel et préoccupant en Judée-Samarie : trois candidats à la présidence de conseils locaux, qui devaient participer aux élections prévues ce samedi, ont été retrouvés morts dans des circonstances qualifiées de « soudaines ». Il s’agit de Hafez Mohammed Salah, du sud de Naplouse, d’Amin Youssef, de l’ouest d’Hébron, et d’Ali Qassem Al-Ayida, du nord d’Hébron.
Yehezkeli indique que l’Autorité palestinienne exerce une pression intense, sous la direction d’Abou Mazen et de ses proches, pour empêcher l’entrée en lice de candidats ayant des liens avec le Hamas ou qui ne sont pas loyaux à la direction actuelle. Il précise : « Nous ne savons pas ce qui se cache derrière ces disparitions soudaines » — mais il rappelle qu’au sein de l’Autorité palestinienne, des figures importantes ont déjà trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses, parfois décrites comme une « chute du balcon » ou comme des personnes qui « ne se sont pas réveillées de leur sommeil ».
Des élections sous haute surveillance factieuse
Le contexte politique dans lequel interviennent ces trois décès est celui d’une Autorité palestinienne sous tension extrême. Le président Mahmoud Abbas, octogénaire sans successeur désigné, dirige depuis des années un appareil politique qui ne tolère guère la contestation. Les élections municipales en Judée-Samarie sont rares — elles ont souvent été reportées ou annulées — et les postes dans les administrations locales sont considérés comme des leviers de pouvoir et de ressources considérables. Yehezkeli souligne que ces fonctions « ne sont pas facilement cédées à des processus démocratiques ouverts ».
La rivalité entre le Fatah et le Hamas pour le contrôle des centres de pouvoir locaux est structurelle. Le Hamas, interdit de participation aux structures officielles de l’AP dans de nombreuses zones, tente régulièrement de placer des candidats proches de ses positions sous des étiquettes indépendantes. L’élimination — qu’elle soit politique ou physique — de tels candidats à la veille d’un scrutin constituerait une méthode radicale mais non sans précédent dans l’histoire interne de l’Autorité palestinienne.
Ni preuves, ni réponse officielle
Yehezkeli est prudent dans ses formulations. Il reconnaît qu’il n’existe pas de preuves directes établissant un lien entre ces décès et les élections. Mais il insiste sur le fait que la coïncidence de trois morts « soudaines » de candidats, dans trois localités différentes, à quelques jours d’un scrutin sous haute pression politique, mérite une attention particulière de la part des observateurs et des instances sécuritaires.
À ce stade, aucune réponse officielle n’a été émise par l’Autorité palestinienne, et les circonstances exactes du décès des trois candidats restent inexpliquées. L’enquête, si tant est qu’elle ait lieu, sera menée par les services de l’AP elle-même — ce qui limite d’emblée toute perspective de transparence.
Ce dossier soulève des questions bien au-delà de la Cisjordanie. Il rappelle que les processus électoraux dans les territoires contrôlés par l’AP fonctionnent selon une logique où la compétition politique peut rapidement devenir une affaire de survie — au sens littéral du terme.
Pour approfondir sur infos-israel.news :
— Le seul pays arabe qui finance encore l’Autorité palestinienne est l’Algérie — les dynamiques internes de l’AP et ses tensions de pouvoir.
— Le ministre des Affaires étrangères norvégien : nous espérons une pression américaine sur Israël concernant les fonds fiscaux — la réalité politique de l’Autorité palestinienne vue de l’extérieur.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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