Casque de combattant sur la tête, gilet pare-balles, filet de camouflage tendu au-dessus du poste. Benjamin Netanyahou a passé ce mercredi de l’autre côté de la clôture, dans un avant-poste de Tsahal installé à proximité immédiate de la ligne jaune, à l’intérieur de la bande de Gaza. Le Premier ministre était accompagné du chef d’état-major, le général Eyal Zamir, du commandant du commandement Sud, le général Yaniv Asor, et du commandant de la division « Habazak » (99), le général de brigade Elad Tsouri. À leurs côtés, le chef de cabinet du Premier ministre, le chef du Conseil de sécurité nationale et son secrétaire militaire complétaient la délégation.
Les commandants présents sur le terrain lui ont livré une revue opérationnelle : l’activité des forces dans le secteur de la ligne jaune, les missions en cours dans la zone, le travail d’élimination des menaces et la protection à la fois des soldats déployés et des localités israéliennes voisines. Cette ligne jaune n’est pas une abstraction cartographique. Elle marque la séparation entre le territoire tenu par l’armée israélienne et celui qui demeure sous contrôle du Hamas.
« Vous pouvez voir Ashkelon, là-bas »
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C’est depuis ce point d’observation que le Premier ministre a pris la parole. « Je suis ici, à l’intérieur de la bande de Gaza, avec le chef d’état-major, avec le général du commandement, avec nos commandants et nos soldats héroïques. Nous contrôlons le terrain ici. Vous pouvez voir Ashkelon là-bas, vous pouvez voir toutes nos localités depuis toutes les directions : Sderot, Netivot, les kibboutzim. »
La géographie fait ici office d’argument. Depuis l’endroit où il se tient, à l’intérieur du territoire ennemi, Netanyahou désigne les villes israéliennes du sud — celles-là mêmes qui ont vécu vingt ans de sirènes et qui ont payé le prix fort le 7 octobre. La démonstration est visuelle avant d’être politique.
Puis vient la partie la plus scrutée de sa déclaration, celle qui répond aux spéculations sur un éventuel repli. « Nous contrôlons le terrain. Nous ne nous retirons pas. Nous restons sur cette ligne. » Le Premier ministre a assorti l’affirmation d’un chiffre : les forces israéliennes tiennent aujourd’hui 60 % de la bande de Gaza. Et il a ajouté que l’effort militaire se poursuit sans relâche — « la main est encore tendue », a-t-il dit, en expliquant que Tsahal élimine régulièrement les terroristes qui menacent Israël, et qu’il s’agit là d’une routine opérationnelle et non d’un événement exceptionnel.
Un objectif « en grande partie déjà atteint »
Netanyahou a évoqué au passage l’opération de la veille : « Hier, nous avons pris le chef du Shin Bet du Hamas. Nous en apprendrons certainement quelques choses. » La formule est brève, presque anodine, mais elle renvoie à une capture qui pourrait ouvrir un accès direct aux rouages internes du renseignement de l’organisation terroriste.
Le Premier ministre a ensuite fixé le cap. « Mais nous faisons tout pour atteindre notre objectif — le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza. Gaza ne constituera plus une menace pour Israël. » Et il a conclu par une évaluation qui vaut bilan autant que promesse : « Cet objectif est en réalité, dans une large mesure, déjà atteint, et il reste encore du travail à achever — et nous l’achèverons. »
Deux termes reviennent donc comme un refrain dans le discours du chef du gouvernement : désarmement et démilitarisation. Ce sont eux qui, à ses yeux, conditionnent tout le reste. Tant que le Hamas conserve ses armes et sa capacité de reconstitution, la ligne jaune reste une ligne de défense, et les soldats restent où ils sont.
La visite a été documentée en images. La vidéo du déplacement du Premier ministre le long de la ligne jaune est visible ici : documentation vidéo de la visite (crédit : Omer Miron / GPO, son : Yehezkel Kandil / GPO). Les photographies de la tournée sont signées Amos Ben Gershom pour le bureau de presse gouvernemental.
Pour replacer cette déclaration dans son contexte, retrouvez sur notre site nos articles précédents : Discours de Netanyahou à la sortie du Chabbat : l’Iran sans bombe, le Hezbollah sous pression, le Hamas dans le viseur et Trump propose un « plan » pour la sortie de la guerre à Gaza — Jérusalem réplique : « Israël ne sera pas contraint ».






