« Nous avons payé près de 4 800 dollars pour venir voter » : combien coûtera aux Israéliens de l’étranger de revenir voter ?

Près de 4 800 dollars : c’est ce qu’ont dépensé Aline et Joshua, un couple d’Israéliens installé à Paris, pour se rendre en Israël et voter aux élections législatives prévues le 27 octobre. Ils ne sont pas les seuls : sur les réseaux, de nombreux Israéliens de l’étranger affichent déjà leur intention de prendre l’avion spécialement pour exercer leur droit de vote. Une vérification menée par Ynet permet d’estimer combien coûte le trajet vers Israël depuis les principales destinations mondiales, et de sonder le secteur du voyage sur la demande attendue autour du jour du scrutin.

En Israël, les citoyens ne peuvent pas voter depuis l’étranger, sauf pour certaines catégories professionnelles précises. Tout Israélien résidant au-delà des mers et souhaitant participer au scrutin doit donc se rendre physiquement dans le pays.

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« Dès que la date des élections a été annoncée, il était clair pour nous deux que nous devions venir, peu importe le prix », racontent Aline et Joshua. « Nous vivons l’antisémitisme au quotidien et nous voyons à quel point elle s’est aggravée depuis le 7 octobre. Pour nous, chaque Israélien vivant à l’étranger doit venir voter. Cela nous a coûté près de 4 800 dollars à deux, alors cette année, nous avons renoncé à la visite familiale des fêtes : venir voter compte plus pour nous. » D’autres Israéliens de l’étranger ont pris une décision similaire. Michael, un Israélien installé à New York, explique avoir attendu la publication de la date du scrutin avant de réserver ses billets. Il confie être encore indécis sur son choix de vote, mais que l’idée même de venir influer sur l’avenir du pays lui paraît naturelle.

Concrètement, combien coûte ce trajet ? Depuis New York, le tarif le plus bas trouvé autour du jour du scrutin, chez El Al, débute à 1 576 dollars, et grimpe jusqu’à 2 371 dollars selon les dates. Depuis Bangkok, les prix oscillent entre 1 280 et 1 610 dollars. Depuis l’Europe, les tarifs sont plus abordables : chez El Al, des allers-retours depuis Londres démarrent à 997 dollars, depuis Paris à 860 dollars et depuis Berlin à 796 dollars, même si certaines dates proches du scrutin affichent déjà complet. Depuis Larnaca, le prix débute à seulement 157 dollars. Du côté d’Arkia, un vol aller-retour depuis New York démarre à 2 148 dollars, tandis que depuis Bangkok les tarifs commencent à 1 298 dollars. Chez Lufthansa, des vols depuis Berlin démarrent à 590 dollars, chez Air France depuis Paris à 1 218 dollars et chez Wizz Air depuis Londres à 1 069 dollars.

Malgré l’intérêt affiché sur les réseaux sociaux, les compagnies aériennes israéliennes contactées indiquent ne pas encore observer de changement significatif dans le volume des réservations en vue du scrutin. Le secteur du voyage, en revanche, commence déjà à percevoir les premiers signes d’un intérêt croissant. Shirley Cohen Orkabi, directrice générale adjointe d’Isht Tours, explique qu’il est encore tôt pour mesurer un effet concret sur l’achat de billets, mais que le nombre de demandes et de renseignements a nettement augmenté ces derniers jours. Selon elle, ces élections sont perçues comme décisives, ce qui devrait pousser davantage d’Israéliens à revenir spécialement pour voter, tout en réduisant le nombre de voyageurs prévoyant des vacances pendant la période électorale elle-même.

Ilan Delo, directeur marketing du groupe Kavei Hofesh, observe une certaine hausse de la demande pour les vols retour vers Israël depuis des hubs comme Athènes, Berlin et Barcelone, notamment sur les moteurs de réservation de Blue Bird Airways et TUS Airways. Les prix restent pour l’instant similaires à ceux pratiqués après les fêtes de Tichri. Nir Mazor, directeur adjoint des relations aériennes, confirme que les Israéliens ne renoncent pas à leur droit de vote : certains adaptent leurs horaires de vol pour voter le matin avant de s’envoler en début d’après-midi, un phénomène qui reste toutefois marginal.

L’impact des élections pourrait également se faire sentir sur le plan opérationnel. Le syndicat des pilotes a sollicité le président de la commission de la Constitution, du droit et de la justice, afin de faire avancer un dispositif permettant aux pilotes, hôtesses et personnels navigants de voter à l’aéroport Ben Gourion lorsqu’ils se trouvent à l’étranger pour leur travail le jour du scrutin.