Plus de 400 campeurs et membres du personnel du Camp Modin, le plus ancien camp d’été juif en activité continue aux États-Unis, ont été forcés de se confiner après qu’un voisin a ouvert le feu à proximité de l’établissement, situé à Belgrade, dans l’État du Maine.
L’incident s’est produit le 7 août dernier, vers 19 heures. Selon les documents judiciaires, deux hommes venus d’une propriété voisine se sont présentés au camp pour se plaindre d’un différend lié à un tracteur. Ils ont été reçus par les agents de sécurité de l’établissement, qui ont appelé le 911 à la suite de cette confrontation. Pendant l’appel, le standardiste a entendu des coups de feu.
Un adjoint du shérif du comté de Kennebec, arrivé sur les lieux peu après, a personnellement observé le voisin, Nathan Hewett, 36 ans, tirer environ vingt coups avec un fusil semi-automatique de calibre .22, dans plusieurs directions, depuis sa propriété du 389 Smithfield Road, qui borde le camp. Les enquêteurs ont ensuite récupéré des douilles dont l’emplacement laisse penser que certains tirs auraient pu être dirigés vers le terrain de basketball situé à l’arrière du camp. Personne n’a été blessé.
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Face à la situation, les agents de sécurité du camp ont enfilé leurs gilets pare-balles et se sont eux-mêmes armés pour protéger les enfants, dont certains n’avaient que 7 ans. La police a saisi 23 armes à feu sur la propriété de Hewett, dont plusieurs semi-automatiques.
Un différend qui durait depuis des années
Selon Pascal Cohen, propriétaire et directeur exécutif du Camp Modin, Nathan Hewett posait problème depuis longtemps. Dans une plainte déposée pour obtenir une ordonnance de protection, le camp affirme que l’homme se rendait régulièrement à la limite de propriété pour hurler sur le personnel, en particulier lorsqu’il était en état d’ébriété, qu’il braquait volontairement les phares de son camion vers le camp, faisait exploser des feux d’artifice tard le soir et tirait fréquemment des coups de feu à proximité, semant la détresse parmi les campeurs.
Hewett a été inculpé de plusieurs chefs d’accusation classés comme crimes selon le droit américain : conduite imprudente avec une arme dangereuse, menaces criminelles avec une arme dangereuse et intimidation ; certaines sources judiciaires mentionnent également une décharge d’arme à feu à proximité d’une habitation. Un élément des documents judiciaires attire particulièrement l’attention : l’affidavit établissant la cause probable, rédigé par un adjoint du shérif, indique que Hewett était soupçonné d’avoir consommé de l’alcool au moment des faits et de nourrir des préjugés antisémites. Aucune accusation formelle de crime de haine n’a toutefois été annoncée à ce stade.
Une libération sous conditions strictes
Initialement détenu sous une caution fixée à 50 000 dollars, Nathan Hewett a depuis été libéré. Les conditions de sa remise en liberté lui interdisent de posséder des armes dangereuses, de consommer de l’alcool et de s’approcher à moins de 1 000 pieds — environ 300 mètres — du camp ou de la propriété d’où les coups de feu auraient été tirés. Le Camp Modin, fondé en 1922 et présenté comme le plus ancien camp d’été juif encore en activité aux États-Unis, a désormais entamé une procédure judiciaire pour obtenir une ordonnance de protection formelle contre son voisin.
L’affaire s’inscrit dans un climat plus large de préoccupation pour la sécurité des institutions juives américaines. Pour prendre la mesure de cette tendance, notre article sur la montée de l’antisémitisme aux États-Unis et en Europe, analysée par l’expert israélien Amir Tsarfati, apporte un éclairage complémentaire. Voir également notre couverture d’un incident similaire visant une synagogue centenaire en Géorgie, ciblée par un groupe haineux néonazi malgré 165 ans d’histoire sans incident.






