Une nouvelle Ă©tude rĂ©alisĂ©e Ă l’UniversitĂ© de HaĂŻfa parmi les survivants de la Shoah a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il y a un groupe de population spĂ©cifique avec un taux de suicide Ă©levĂ©. L’Ă©tude a rĂ©vĂ©lĂ© que les personnes qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l dans des pays oĂą la majoritĂ© de la population juive a Ă©tĂ© assassinĂ©e pendant la Shoah, comme l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et la Grèce, affichent les taux de suicide les plus Ă©levĂ©s.
« Les personnes qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l pendant la Shoah ont peut-ĂŞtre espĂ©rĂ© un refuge sĂ»r, mais elles se sont retrouvĂ©es Ă nouveau menacĂ©es pendant la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant l’indĂ©pendance. Cette situation a peut-ĂŞtre contribuĂ© au risque le plus Ă©levĂ© de suicide chez ce groupe « , a commentĂ© le docteur Cendrine Bursztein Lipsicas, l’une des auteures de l’Ă©tude.
Un dĂ©bat acadĂ©mique se poursuit sur les effets psychologiques de la Shoah et si la Shoah est responsable d’un risque plus Ă©levĂ© de suicide chez les survivants. Dans le passĂ©, certaines Ă©tudes ont rĂ©vĂ©lĂ© que les survivants sont en rĂ©alitĂ© plus forts en termes physiques et mentaux, tandis que d’autres ont constatĂ© que les survivants sont confrontĂ©s Ă des effets psychologiques plus nĂ©gatifs.
Dans une sĂ©rie d’Ă©tudes, le Prof. Stephen Levine et le Prof. Itzhak Levav du DĂ©partement de la SantĂ© mentale communautaire de l’UniversitĂ© de HaĂŻfa, ainsi que d’autres chercheurs, ont tentĂ© d’examiner l’impact de l’exposition de la Shoah dans divers domaines, comme le suicide et la schizophrĂ©nie. L’aspect unique de ces Ă©tudes est qu’elles se sont concentrĂ©es sur deux sous-groupes susceptibles d’ĂŞtre particulièrement exposĂ©s aux risques: les personnes qui ont connu la Shoah du dĂ©but jusqu’Ă la fin (Ă la diffĂ©rence de ceux qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l pendant la Shoah); Et les personnes exposĂ©es Ă la Shoah Ă diffĂ©rents âges, y compris ceux dans l’utĂ©rus, entre autres.
La prĂ©sente Ă©tude, dans laquelle le Dr Bursztein Lipsicas Ă©tait partenaire, a divisĂ© la population de la recherche en sujets qui vivaient dans des pays oĂą plus de 70% des Juifs ont Ă©tĂ© assassinĂ©s (tels que l’Autriche, la TchĂ©coslovaquie, l’Allemagne, la Grèce, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie , La Lituanie, les Pays-Bas et la Pologne), et ceux de pays comme le Danemark, la France et la Roumanie, oĂą au moins 50% des Juifs ont Ă©tĂ© assassinĂ©s. Ces deux groupes ont ensuite Ă©tĂ© rĂ©partis Ă nouveau dans ceux qui ont connu toute la pĂ©riode de la Shoah et se sont rendus en IsraĂ«l et ceux qui ont immigrĂ© pendant la Shoah. Le groupe de de l’Ă©tude Ă©taient des individus qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l d’Europe avant que les activitĂ©s antisĂ©mites ne se soient mises en route dans leur pays d’origine, mais qui avaient des liens sociaux ou familiaux avec d’autres personnes exposĂ©es Ă la Shoah.
Les donnĂ©es n’ont rĂ©vĂ©lĂ© qu’un seul groupe qui prĂ©sente un risque plus Ă©levĂ© de suicide: ceux qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l pendant la Shoah dans des pays oĂą plus de 70% des Juifs ont Ă©tĂ© anĂ©antis. Le risque de suicide chez ce groupe Ă©tait presque deux fois plus Ă©levĂ© que dans le groupe tĂ©moin. Dans tous les autres groupes, aucune diffĂ©rence n’a Ă©tĂ© trouvĂ©e par rapport Ă ceux qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l avant le dĂ©but de la Seconde Guerre mondiale.
C’est la première fois que les chercheurs ont identifiĂ© un risque de suicide plus Ă©levĂ© chez les personnes qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l pendant le gĂ©nocide. L’annĂ©e dernière, les mĂŞmes chercheurs ont publiĂ© une Ă©tude qui a rĂ©vĂ©lĂ© que le risque de suicide chez les femmes qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l pendant la Shoah Ă©tait de 4,6 fois plus Ă©levĂ© que chez les femmes du groupe tĂ©moin. Les chercheurs suggèrent que l’Ă©cart entre le succès de ces femmes dans la fuite de la Shoah et leur conscience claire du sort cruel qui a attendu ceux qui n’ont pas rĂ©ussi Ă Ă©chapper peuvent activer des mĂ©canismes psychologiques qui augmentent le risque de suicide.
« Il est possible que le traumatisme rĂ©sultant de la terrible violence qu’ils ont eue, ainsi que de leur Ă©vasion, a conduit Ă de sĂ©rieux sentiments de culpabilitĂ© et d’impuissance. Cela peut augmenter le risque de suicide mĂŞme des dĂ©cennies après l’exposition des Ă©vĂ©nements terribles. Nos Ă©tudes montrent que les survivants de la Shoah ne peuvent pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme une population homogène en ce qui concerne les contextes psychologiques tels que le risque de suicide ou de maladie mentale », ont conclu les chercheurs.
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