Sur le terrain, le constat des officiers israéliens est clair et préoccupant : la situation sécuritaire autour de la “ligne jaune” dans la bande de Gaza reste instable et potentiellement explosive, malgré une apparence de calme relatif. Selon des sources militaires, il faudra encore des années pour localiser et neutraliser l’ensemble des tunnels creusés par le Hamas du côté israélien de cette ligne, dont certains passent directement sous des postes de Tsahal.
La semaine dernière, un incident révélateur a illustré la complexité de la situation. Un Palestinien non armé s’est approché d’un poste de l’armée israélienne situé à la périphérie de la ville de Gaza, le long de la ligne jaune. Identifié tardivement par les moyens d’observation, il a d’abord été pris, par certains soldats, pour un ouvrier arabe employé par le système de défense israélien pour des travaux de construction et d’infrastructure. Cette confusion, de plus en plus fréquente, est aujourd’hui au cœur des alertes lancées par les officiers sur le terrain.
Une patrouille commandée par un officier est rapidement sortie du poste, a contourné l’individu et l’a intercepté alors qu’il se trouvait à environ 150 mètres seulement des positions israéliennes. Le suspect a levé les mains et soulevé son tee-shirt, ce qui a conduit les soldats à ne pas ouvrir le feu et à procéder à son arrestation pour interrogatoire. Selon l’armée, ce type d’incident se produit presque chaque semaine le long de la ligne jaune.
Un “calme trompeur” exploité par le Hamas
Dans le commandement Sud, les officiers mettent en garde contre ce qu’ils qualifient de “calme trompeur”, exploité par le Hamas pour collecter du renseignement et préparer de futures attaques. Des Palestiniens non armés qui s’approchent des positions israéliennes testent en réalité la vigilance des soldats, la rapidité de réaction, les itinéraires d’infiltration possibles entre ruines, reliefs et décombres. En parallèle, des observateurs du Hamas, postés à plusieurs centaines de mètres voire à quelques kilomètres, analysent ces données.
Selon l’armée, le Hamas poursuit simultanément trois axes majeurs :
- sa reconstitution organisationnelle dans la bande de Gaza, y compris l’élimination de rivaux locaux ;
- la reconstruction de ses capacités militaires, notamment la fabrication de roquettes ;
- la préparation d’actions contre Tsahal, dans un contexte où l’organisation terroriste conserve une présence significative sur le terrain.
Ouvriers civils : un facteur de risque supplémentaire
L’un des points les plus sensibles concerne l’emploi de dizaines d’ouvriers civils arabes par le ministère de la Défense pour des travaux de voirie, d’installation de systèmes et de construction de positions militaires à proximité immédiate, voire à l’intérieur, des postes de Tsahal. Ces travailleurs, souvent issus de la communauté bédouine du Néguev, circulent en tenue civile et sont parfois exposés à des informations opérationnelles sensibles et à des stocks d’armes.
« Ce n’est pas une question de racisme », expliquent des officiers de la division Gaza. « Même avec des contrôles de sécurité, le risque demeure. Certains de ces ouvriers ont des liens familiaux à Gaza. Nous tentons de restreindre leur accès à certaines zones, mais la situation est très difficile à contrôler. »
Dans le passé, cette confusion a déjà conduit à des erreurs d’identification tragiques, avec des tirs mortels sur des ouvriers pris pour des terroristes.
La menace persistante des tunnels
Parallèlement, les forces israéliennes poursuivent des recherches intensives de tunnels, jour et nuit, à l’aide de forages, de fouilles et de capteurs. Selon les estimations de Tsahal, de nombreux tunnels du Hamas restent encore actifs du côté israélien de la ligne jaune, dont certains sous des positions militaires actuelles. Deux seulement ont été découverts récemment, et leur cartographie complète — profondeur, ramifications, éventuels franchissements de la ligne — prend des semaines.
« Il faudra encore des années de travail pour traiter l’ensemble du réseau souterrain du Hamas dans près de la moitié du territoire de la bande de Gaza actuellement sous notre contrôle », reconnaissent des responsables militaires. « Si une transition rapide vers une phase B de l’accord devait intervenir, nous n’aurons pas le temps de neutraliser toutes ces menaces. »
Une course contre la montre
Dans ce contexte, alors que le Hamas reconstruit ses capacités, y compris la production de roquettes et, selon les évaluations sécuritaires, l’usage de drones pour des opérations de contrebande, Tsahal se retrouve engagée dans une course contre la montre. L’objectif : réduire au maximum les risques avant toute évolution politique ou militaire majeure dans la bande de Gaza.
Le message des officiers sur le terrain est sans ambiguïté : la combinaison des tunnels non découverts, des tentatives d’infiltration et de la présence d’ouvriers civils à proximité des postes crée un “double risque” permanent pour les soldats israéliens.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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