Cette photo, apparemment tirĂ©e d’un manuel scolaire des Etats Arabes Unis, a circulĂ© sur les rĂ©seaux sociaux :
Le porte-parole du Hezbollah, Al Manar, a écrit avec colère :
« Il semble que les Émirats arabes unis soient allĂ©s plus loin que l’Arabie saoudite dans la normalisation avec l’entitĂ© sioniste, et mĂŞme dans l’adoption de la rhĂ©torique du rĂ©gime d’occupation. »
« Quelques semaines après que le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump ait reconnu Al-Quds (JĂ©rusalem) comme capitale de l’entitĂ© sioniste et que Riyad soit devenu le fer de lance de la normalisation, les militants des mĂ©dias sociaux ont partagĂ© une photo montrant qu’Abu Dhabi reconnaissait Ramallah comme la capitale de Palestine. »
La photo, partagĂ©e par le journaliste libanais Ali Mourad, montre un article – apparemment une partie d’un livre des Emirats – qui identifie les capitaux et les devises des pays arabes. Selon la photo, la capitale de la Palestine est «Ramallah», tandis que la devise est le «dinar jordanien».
« Les EAU enseignent aux Ă©coliers que la capitale de la Palestine est Ramallah ! (Un pays) qui falsifie sa propre histoire et sa propre gĂ©ographie pour se crĂ©er gloire et culture, ne se relâchera pas pour falsifier l’histoire et la gĂ©ographie des autres pays dans le but de plaire aux sionistes « , commente Mourad, spĂ©cialiste des affaires du Golfe a dit ce samedi.
Al-Manar a contactĂ© Mourad, qui a confirmĂ© que la photo est prise d’une partie d’un livre Ă©mirati, prĂ©cisant qu’il a obtenu l’image d’un « Palestinien qui vit aux EAU ».
Pendant ce temps, le chercheur libanais a noté que la photo était également partagée sur les médias sociaux par plusieurs militants palestiniens.
Jetant un coup d’Ĺ“il sur certains comptes palestiniens sur les rĂ©seaux sociaux, notamment sur Facebook, il Ă©tait clair que la mĂŞme photo Ă©tait partagĂ©e par plusieurs Palestiniens qui mettaient en garde, dans leurs postes, contre les dangers d’un telle dĂ©cision sur la cause palestinienne.
Cette dernière phrase est quelque chose que la plupart des journalistes et des experts n’ont pas, et il est terriblement important de comprendre.
La vĂ©ritĂ© n’est pas importante pour les personnes qui ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©es dans une culture d’honneur et de honte. Seules les apparences le sont.
Que Ramallah soit ou non la capitale de l’AP en rĂ©alitĂ© (vous savez, oĂą se trouve le siège du gouvernement) n’est pas du tout pertinent Ă la discussion. Le seul facteur pertinent est ce que les gens disent Ă haute voix, parce que dire la vĂ©ritĂ© Ă haute voix peut nuire Ă la cause – et causer un sĂ©rieux contrecoup.
Les Occidentaux, et cela inclut les IsraĂ©liens, se soucient de la vĂ©ritĂ©, alors ils vont regarder tous les cĂ´tĂ©s d’un problème. Les Palestiniens et les autres Arabes ne feront que dire Ă haute voix ce qu’ils sont autorisĂ©s Ă dire pour Ă©viter d’ĂŞtre honteux.
C’est pourquoi vous ne voyez pas trop d’Arabes violer les règles tacites de ce que l’on peut dire ou ne pas dire.
Ce manuel scolaire n’a pas de sens, mais les Arabes, très attachĂ©s au symbolisme, y voient un signe avant-coureur du monde qui se retourne contre eux sur JĂ©rusalem. Ils doivent riposter rapidement et fort pour s’assurer que personne d’autre ne viole les règles non Ă©crites de ce qui peut ĂŞtre dit Ă voix haute.
Les journalistes occidentaux sont gĂ©nĂ©ralement trop paresseux pour creuser sous la surface dans des interviews avec des Arabes et des Palestiniens, contrairement Ă la façon dont ils traitent leurs compatriotes occidentaux. Ils acceptent tout ce qui est dit Ă leur valeur nominale. Et c’est une grande raison pour laquelle le rĂ©cit palestinien a si souvent conquis la vĂ©ritĂ© que mĂŞme les Palestiniens se connaissent.






