Israël vient de traverser des jours dramatique. Deux soldates en service actif ont mis fin à leurs jours, l’une servant dans le renseignement et l’autre comme combattante du bataillon Bardelas. Peu après, le décès d’un réserviste a également été annoncé. À ces drames s’est ajoutée la mort de Bar Asraf, survivant du massacre du 7 octobre, retrouvé sans vie sur la tombe de Liron Barda, sa compagne assassinée au festival Nova.
Quatre vies perdues en l’espace d’une semaine. Quatre tragédies qui auraient dû suspendre, au moins momentanément, le vacarme politique israélien.
Mais le vacarme ne s’est pas arrêté.
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À l’approche des élections, les partis politiques se livrent déjà une bataille féroce. Chaque déclaration devient une arme, chaque publication sur les réseaux sociaux une occasion d’attaquer le camp adverse. Les responsables politiques cherchent la formule qui fera le plus de vues, l’accusation qui affaiblira leur concurrent et la vidéo susceptible de devenir virale.
Pendant ce temps, des soldats s’effondrent.
Au moins 16 militaires depuis le début de l’année
Selon les données publiées fin juillet, au moins 16 militaires en service actif avaient mis fin à leurs jours depuis le début de 2026. Ce bilan ne comprend pas nécessairement tous les anciens soldats, réservistes démobilisés ou survivants du 7 octobre décédés après leur retour à la vie civile. Haaretz
Une enquête de Reuters a par ailleurs rapporté 279 tentatives de suicide au sein de l’armée entre janvier 2024 et juillet 2025. Le ministère de la Défense constate une augmentation de près de 40 % des cas de stress post-traumatique depuis la fin de 2023. Parmi les 22 300 militaires pris en charge pour des blessures liées à la guerre, environ 60 % souffriraient de troubles psychiques. Reuters
Ces chiffres ne sont pas une polémique de plus. Ce sont des hommes et des femmes qui ont parfois vu leurs camarades mourir, récupéré des corps après le massacre, combattu pendant des centaines de jours ou tenté de reprendre une vie familiale après avoir vécu l’indicible.
Le drame de Bar Asraf
Bar Asraf avait 30 ans. Sa compagne, Liron Barda, travaillait au festival Nova lorsqu’elle a été assassinée le 7 octobre. Selon les témoignages, elle avait refusé de fuir afin de rester auprès des blessés et de leur porter secours.
Près de trois ans plus tard, Bar a été retrouvé mort sur sa tombe. Son décès rappelle que le massacre du 7 octobre n’est pas terminé pour ceux qui lui ont survécu. Certains continuent de le vivre chaque nuit, dans leurs souvenirs, leur culpabilité, leur solitude et leurs crises d’angoisse.
Le traumatisme ne disparaît pas lorsque les caméras changent de sujet.
Le sionisme ne peut pas s’arrêter au drapeau
Israël sait admirablement honorer ses soldats tombés au combat. Les drapeaux sont abaissés, les foules accompagnent les familles et les discours promettent de ne jamais oublier.
Mais que faisons-nous pour les soldats encore vivants ?
Le sionisme ne peut pas se résumer à brandir un drapeau, publier une photographie en uniforme ou écrire « Am Israël Haï ». Il doit aussi signifier reconnaître qu’un combattant reste un être humain. Derrière l’arme et l’uniforme se trouve parfois un garçon de 19 ans, une jeune femme qui vient de quitter sa famille ou un père rappelé pendant des centaines de jours loin de ses enfants.
Ces soldats ne doivent pas avoir à prouver qu’ils sont suffisamment brisés pour obtenir de l’aide. Il faut renforcer les équipes psychologiques, simplifier immédiatement les procédures de reconnaissance, accompagner les familles et poursuivre le suivi longtemps après la démobilisation.
Une urgence nationale, pas électorale
Israël est profondément blessé. Pourtant, une partie du monde politique paraît déjà absorbée par la question de savoir qui dirigera le pays, qui gagnera des sièges et qui réussira à humilier son adversaire.
La première mission d’un État ne devrait-elle pas être de sauver ceux qui ont risqué leur vie pour le défendre ?
Nos soldats ne sont pas des symboles électoraux. Ils ne sont ni des affiches, ni des slogans, ni des instruments permettant de se présenter comme plus patriote que son voisin. Ce sont nos enfants, nos frères, nos sœurs et nos pères.
Quand un soldat meurt au combat, tout Israël s’arrête. Lorsqu’il meurt de ses blessures invisibles, le silence ne devrait pas être plus grand.
Il devrait ĂŞtre assourdissant.
En Israël, une personne en détresse peut contacter ERAN, anonymement et gratuitement, au 1201. En cas de danger immédiat, appelez le 100 ou le 101.





