Alors que chez nous, le site baptismal sur le Jourdain est un complexe endormi, du cĂ´tĂ© jordanien de l’endroit oĂą, selon la croyance, Jean a baptisĂ© JĂ©sus, des plans sont en cours pour construire un immense complexe touristique qui attirera un million de croyants du monde entier. Ce que fait la Jordanie c’ets apporter un soutien indispensable Ă l’Ă©conomie locale de ce pays.
Pendant des centaines d’annĂ©es, des milliers de pèlerins ont fait le voyage chaque annĂ©e jusqu’Ă Beit Evra (Ă©galement appelĂ©e « Beit Ania au-delĂ du Jourdain ») – le site oĂą, selon la croyance chrĂ©tienne, Jean-Baptiste a travaillĂ© et oĂą il a baptisĂ© JĂ©sus. Beit Evra est situĂ©e sur la rive est du Jourdain, en face du site de baptĂŞme  » Qasr al-Yehud  » sur le territoire d’IsraĂ«l, qui attire Ă©galement de nombreux pèlerins chaque annĂ©e – pour la mĂŞme raison. Les deux sites – qui sont sĂ©parĂ©s par une courte distance – sont situĂ©s Ă quelques kilomètres au nord de l’endroit oĂą le Jourdain se jette dans la mer Morte.
Et si nous revenons en Jordanie – il y a une chance que le nombre annuel de pèlerins augmente Ă environ un million de visiteurs par an, si un nouveau projet est rĂ©alisĂ© qui durera environ six ans et coĂ»tera environ 300 millions de dollars. Le projet est en fait la crĂ©ation d’une « ville touristique » adjacente au site du baptĂŞme du cĂ´tĂ© jordanien, qui a mĂŞme Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© site du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2015.
Le site Skift rapporte qu’il y a environ deux semaines, des responsables dont le roi Abdallah de Jordanie , du clergĂ© chrĂ©tien, des architectes, des conservateurs de musĂ©es se sont rĂ©unis sur le site et des investisseurs. Ils sont arrivĂ©s pour entendre les dĂ©tails de l’entreprise prĂ©vue. Les organisateurs espèrent qu’avec l’aide de boutiques de souvenirs et de sentiers de randonnĂ©e, d’hĂ´tels-boutiques et de jardins botaniques, le site – qui se trouve en dehors des limites officielles du site de baptĂŞme – attirera finalement cinq fois plus de visiteurs annuels (aujourd’hui, le nombre s’Ă©lève Ă environ 200 000 visiteurs par an).
Le roi Abdallah est loué
Le projet a encore besoin de financement, mais les planificateurs prĂ©sentent leurs plans aux dirigeants chrĂ©tiens du Moyen-Orient et au-delĂ , de toutes les confessions et confessions. Ce faisant, ils espèrent attirer des donateurs, des investisseurs et des Ă©glises qui contribueront Ă©galement au financement du projet. Lors de l’Ă©vĂ©nement, le roi Abdallah a Ă©tĂ© fĂ©licitĂ© par les dirigeants chrĂ©tiens pour avoir favorisĂ© l’harmonie religieuse dans le pays, en particulier Ă la lumière du fait que les chrĂ©tiens sont une infime minoritĂ© (environ six pour cent). Le roi jordanien offre des terres domaniales au profit des Ă©glises chrĂ©tiennes et des centres de pèlerinage. « Cela aide les chrĂ©tiens du Moyen-Orient Ă prĂ©server leur prĂ©sence et leur foi », a dĂ©clarĂ© le patriarche maronite Bashara Boutros al-Ra’i, chef religieux chrĂ©tien du Liban, qui a Ă©galement participĂ© Ă la cĂ©rĂ©monie.
Sur le site de Beit Evra, situĂ© Ă environ 50 km Ă l’ouest d’Amman, de vastes fouilles archĂ©ologiques ont Ă©tĂ© menĂ©es depuis le milieu des annĂ©es 90. Au cours de ces fouilles, des vestiges d’Ă©glises, de bassins baptismaux et de grottes ont Ă©tĂ© dĂ©couverts, suggĂ©rant que cela a Ă©tĂ© un lieu de pèlerinage chrĂ©tien dès le IVe siècle après J.-C. Ces dernières annĂ©es, la construction non rĂ©glementĂ©e d’immenses bâtiments et Ă©glises par des Ă©glises concurrentes a changĂ© le paysage de la Genèse de la rĂ©gion.Les planificateurs du projet affirment que leur objectif est de prĂ©server le site et son histoire ancienne. Selon Kamel Mehdin, l’architecte de 67 ans qui dirige le projet, il faut agir pour que « la saintetĂ© et la spiritualitĂ© qui prĂ©valaient il y a 2 000 ans ne soient piĂ©tinĂ©es par aucun dĂ©veloppement. Nous ne parlons pas d’un paysage high-tech. »
Des scènes restées inchangées depuis 2000 ans
Avant la cĂ©rĂ©monie qui s’est tenue sur place, Mahdi a guidĂ© un certain nombre de religieux et de financiers potentiels dans la rĂ©gion. Beaucoup d’entre eux ont Ă©tĂ© profondĂ©ment impressionnĂ©s par les vues. « L’extraordinaire rĂ©sonance de ce paysage (…) et l’importance de cet Ă©vĂ©nement dans l’histoire de l’humanitĂ© vous Ă©branlent profondĂ©ment », a dĂ©clarĂ© John Booth, prĂ©sident de la National Gallery de Grande-Bretagne, qui a assistĂ© Ă la cĂ©rĂ©monie.
Samir Murad, ancien ministre et homme d’affaires jordanien qui dirige la fondation indĂ©pendante Ă but non lucratif créée pour superviser le projet, a dĂ©clarĂ© qu’aucun fonds de l’État ne serait investi et qu’aucun terrain ne serait vendu Ă des investisseurs Ă©trangers. Ses promesses visaient Ă apaiser les craintes d’une commercialisation excessive du site. Le chercheur chrĂ©tien Philip Madnat, a dĂ©clarĂ© que des directives strictes doivent ĂŞtre Ă©tablies pour assurer la transparence et empĂŞcher l’utilisation abusive des fonds, en particulier compte tenu du fait qu’il s’agira du premier site chrĂ©tien du royaume conçu pour gĂ©nĂ©rer des fonds. « C’est une tentative d’usurper l’esprit religieux. Il est sans prĂ©cĂ©dent d’avoir un tel site, saint pour les chrĂ©tiens, utilisĂ© Ă cette fin en Jordanie ».
En plus de cela, il y a ceux qui craignent que le dĂ©veloppement excessif du futur site n’endommage l’habitat sauvage qui reste largement similaire Ă son apparence des temps bibliques. Dans cette zone, chameaux et moutons paissent dans un paysage parsemĂ© de frĂŞnes, qui semblent ĂŞtre des scènes restĂ©es inchangĂ©es depuis 2 000 ans. Un certain nombre d’ecclĂ©siastiques affirment que c’est ainsi que la zone devrait rester Ă l’avenir, en raison du caractère sacrĂ© du site.
Mais pour les dirigeants des autres Ă©glises locales – et pour la Jordanie elle-mĂŞme – les pèlerins du monde entier apporteront avec eux des revenus indispensables, dans un pays oĂą le tourisme reprĂ©sente 20 % de l’Ă©conomie locale. En outre, la Banque mondiale estime que la reprise du tourisme en Jordanie après l’Ă©pidĂ©mie de Corona contribuera Ă accroĂ®tre la reprise Ă©conomique du pays après la dĂ©pression qu’il a connue ces dernières annĂ©es. « Cela conduira Ă la prospĂ©ritĂ©, lorsque les touristes qui viennent acheter des souvenirs et recevoir des services aideront la communautĂ© locale et le pays en gĂ©nĂ©ral », a dĂ©clarĂ© le père Ibrahim Dabur, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’AssemblĂ©e des dirigeants chrĂ©tiens de Jordanie, un organisme reprĂ©sentant tous dĂ©nominations.






