La nuit du premier seder de Pessa’h n’a pas apporté le calme espéré. Alors que des millions de familles israéliennes s’apprêtaient à s’asseoir autour de la table du séder, les sirènes ont retenti dans des centaines de localités à travers tout le pays. Le tir n’est pas venu d’une seule direction : Iran, Liban et Yémen ont frappé de façon quasi simultanée, dans une démonstration de coordination hostile qui vise à saturer les systèmes de défense et à semer la terreur sur l’ensemble du territoire.
Ce premier jour de la fête juive la plus symbolique de l’année aura été marqué par des explosions, des blessés, des incendies et des nuits sans sommeil pour les habitants du nord comme du centre du pays.
Mizkerit Batya, Petah Tikva, Baa’na — le centre et le nord frappés
Les tirs en provenance d’Iran ont causé des dégâts matériels à Petah Tikva, où une roquette s’est abattue dans un espace ouvert de la ville. À Mizkerit Batya, un homme a été légèrement blessé par des éclats de verre sous l’effet du souffle. À Sdémot Mahola, un incendie s’est déclaré dans une étable à la suite de débris d’interception.
En début d’après-midi, c’est depuis le Liban que des tirs ont touché la région de Baa’na, près de Karmiel. Des ambulanciers et des paramédics du Magen David Adom ont pris en charge deux hommes blessés légèrement par des éclats. L’un, âgé d’une trentaine d’années, a été atteint dans le dos ; l’autre, la quarantaine, a reçu des fragments à la tête. Tous deux se trouvaient à proximité d’une école au moment de l’impact. Plusieurs personnes ont également été traitées pour choc traumatique.
Mohammed Husseïn, secouriste du Magen David Adom présent sur place, a décrit une scène de chaos maîtrisé : l’équipe est arrivée rapidement avec des ambulances et des unités de soins intensifs mobiles, a stabilisé les deux blessés conscients sur place avant de les évacuer vers l’hôpital dans un état qualifié de léger.
Le matin : Kiryat Shmonah touchée, un McDonald’s détruit
La journée avait déjà commencé sous les tirs. Le Hezbollah avait lancé des dizaines de roquettes dès les premières heures du matin, visant principalement les localités du doigt de Galilée — Hazor HaGulilit, Kiryat Shmonah et Metula. À Kiryat Shmonah, deux blessés légers ont été pris en charge : un homme de 85 ans touché à la main et un autre de 34 ans blessé au visage, tous deux au sein d’un même bâtiment au moment de l’impact.
Les dégâts matériels ont été significatifs en plusieurs points. Un incident plus symbolique qu’anodin a été relevé : le restaurant McDonald’s du parc Gan HaTzafon, près du kibboutz Ma’ayan Baruch dans la vallée de la Houla, a vu ses vitres soufflées par une roquette. Par ailleurs, l’un des projectiles s’est abattu à environ 200 mètres du domicile du maire de Kiryat Shmonah, Avikhaï Shtern.
La « ligne jaune » : le nouveau seuil opérationnel de Tsahal
Sur le terrain militaire au sud du Liban, Tsahal a précisé que ses forces — quatre divisions engagées simultanément — progressent vers ce que l’état-major appelle la « ligne jaune » : une ligne provisoire reliant des positions dominantes qui empêchent le tir direct vers les localités israéliennes. L’objectif immédiat est d’éliminer la menace des missiles antichar, qui constituent un danger direct pour les soldats opérant à découvert.
Les quatre divisions en action se répartissent sur différents secteurs : la 146e opère dans la zone de Ras Biadda après avoir nettoyé Naqoura ; la 162e est également engagée ; la 91e opère à Houla et sur les collines d’Aïnata ; la 36e est déployée dans le secteur de Kantara.
Selon le commentateur militaire de Ynet, Ron Ben Yishaï, une fois cette ligne jaune consolidée, les forces israéliennes entendent continuer à progresser pour repousser encore davantage les capacités de tir direct du Hezbollah vers le territoire israélien. Depuis le début de l’opération au Liban, environ un millier de combattants ennemis ont été tués, des dizaines de quartiers généraux et d’entrepôts ont été frappés, ainsi que des réseaux de transfert d’argent utilisés par le Hezbollah.
Un seder sous les sirènes
Au-delà des chiffres militaires, c’est l’image qui résume cette soirée du 15 nissan 5786 : des familles israéliennes interrompant leur repas de fête pour se précipiter dans les abris, les bougies du séder laissées allumées sur les tables, les Haggadot ouvertes à la page du passage de la mer Rouge — pendant que dehors, les murs tremblaient. La guerre n’a accordé aucune trêve pour Pessa’h. Et Israël, lui non plus, ne s’est pas arrêté de combattre.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢










