« Petite Palestine » : Mamdani déclenche la colère des Italiens — et recule

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé que « Little Italy » sera ajouté à la carte des communautés de migrants de la ville, après que l’omission de ce quartier emblématique a provoqué une vive polémique parmi les Italo-Américains. Cette carte, préparée dans le cadre du programme « Passeport des quartiers » en vue de la Coupe du monde 2026, présentait trente enclaves ethniques réparties dans les cinq arrondissements de la ville, dans le but d’encourager touristes et habitants à découvrir les commerces et institutions culturelles locales.

Parmi les quartiers mis en avant figuraient notamment « Koreatown », « le Petit Pakistan », « le Petit Yémen », « la Petite Palestine » et « la Petite Égypte » — mais pas leur équivalent italien. Les quartiers associés aux communautés irlandaise et juive n’ont pas non plus été mentionnés séparément.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Une omission qui ravive la mémoire d’une immigration historique

L’absence des Italiens a suscité une colère d’autant plus vive qu’elle intervient au regard de leur contribution historique à la ville. Entre les années 1880 et 1924, plus de quatre millions de migrants italiens sont arrivés aux États-Unis, dont environ un tiers s’est installé à New York. Les critiques ont souligné que ce n’est pas seulement « Little Italy » à Manhattan qui a disparu de la carte, mais aussi des zones italiennes historiques comme Belmont dans le Bronx, ou encore Bensonhurst et Dyker Heights à Brooklyn, ainsi que des communautés du Queens et de Staten Island.

Le lobby italien au sein du conseil municipal a qualifié la carte de « partielle au mieux, insultante au pire ». Dans un communiqué, l’organisation a déclaré qu’il est impossible de raconter l’histoire de l’immigration new-yorkaise en effaçant l’une de ses communautés les plus historiques et les plus reconnues, ajoutant que les Italo-Américains ne sont pas une note de bas de page dans l’histoire de New York, mais l’une de ses communautés fondatrices. Le lobby a précisé que rendre hommage à une communauté ne devrait jamais impliquer d’en effacer une autre.

Mike Crispi, président de la Ligue des droits civiques des Italo-Américains, a durci le ton en qualifiant cette omission de « effacement culturel ». Selon lui, Little Italy est une terre sacrée, l’endroit où les migrants italiens sont arrivés sans rien, ont travaillé dur, ouvert des commerces, fondé des familles et des églises, nourri la ville et contribué à faire de New York ce qu’elle est. Son organisation a exigé une correction de la carte ainsi que des excuses publiques. De son côté, Joseph Salsa, fondateur du musée italo-américain, a qualifié cette omission d’« erreur épouvantable », estimant que respecter une communauté signifie les respecter toutes.

Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, Mamdani a tenté de se distancier de la responsabilité de cette affaire. Il a expliqué que cette carte avait été créée pour la première fois par l’administration précédente en 2023, et que son équipe, en en héritant, y avait ajouté quelques quartiers. Il a reconnu qu’il ne s’agissait clairement pas d’une liste exhaustive des plus de deux cents communautés ethniques qui font de la ville leur foyer, promettant d’autres modifications à l’avenir pour refléter cette réalité, y compris l’ajout de Little Italy à la carte. L’entourage de l’ancien maire Eric Adams a rejeté la tentative de lui faire porter l’entière responsabilité de l’affaire, affirmant que leur projet initial comportait des illustrations séparées pour vingt-sept communautés, avant que l’administration Mamdani ne les regroupe en une seule carte.

Lors de la même conférence de presse, Mamdani a également été interrogé sur les informations selon lesquelles la commissaire aux affaires internationales de la municipalité, Ana María Archila, aurait coordonné une rencontre avec l’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani. Cette réunion a finalement été annulée après l’intervention du département d’État américain, qui n’avait pas été informé au préalable et a rappelé à l’administration municipale les règles à respecter en la matière.

Mamdani a affirmé que cette réunion n’avait pas eu lieu, n’aurait pas lieu, et qu’il n’en avait pas eu connaissance avant que des journalistes ne l’interrogent à ce sujet. Il a précisé que la commissaire reconnaissait qu’il s’agissait d’une erreur, et que son administration travaillait désormais à une nouvelle procédure pour les demandes de rendez-vous. Il a insisté sur le fait que c’était la représentation iranienne qui avait sollicité la municipalité, et non l’inverse. Interrogé directement sur son soutien ou non à une telle rencontre avec l’ambassadeur iranien, il a évité de répondre par oui ou par non, se contentant de répéter que cette réunion n’aurait pas lieu.

Pour prolonger votre lecture sur les controverses entourant le maire de New York, retrouvez notre article sur Zohran Mamdani filmé lors d’un geste polémique sur scène, ainsi que l’ensemble de notre couverture sur Infos-Israel.News.