La brigade Golani est de retour au Liban. Pas pour une incursion fugace, pas pour une frappe et un retrait — mais pour une opération terrestre méthodique, ciblée, dont l’objectif affiché est d’élargir le périmètre défensif avancé d’Israël dans le sud du pays. Ce vendredi, l’armée israélienne a confirmé une escalade significative de son activité au sol, accompagnée d’une déclaration sans ambiguïté sur la détermination des forces engagées.
Golani sur le terrain, sous commandement de la 36e division
L’équipe de combat de la brigade Golani, sous le commandement de la 36e division, a lancé la semaine dernière une activité terrestre ciblée dans le sud du Liban pour élargir l’espace défensif avancé. Jusqu’à présent, les forces ont détruit des dizaines d’infrastructures terroristes du Hezbollah, localisé des équipements de combat et éliminé plusieurs terroristes lors d’affrontements face-à-face, avec l’appui de l’aviation.
La formule « affrontements face-à-face » mérite d’être soulignée. Elle indique que les combats ne se réduisent pas à des frappes aériennes ou à des destructions d’infrastructures depuis une distance de sécurité : les soldats israeliens sont en contact direct avec des combattants du Hezbollah sur le terrain libanais. C’est une réalité de combat d’une nature différente, qui implique un niveau d’engagement et de risque humain autrement plus élevé.
Un message clair aux combattants et à l’ennemi
L’armée israélienne a accompagné son annonce opérationnelle d’une déclaration qui dépasse le registre militaire pour atteindre celui de la résolution nationale. Tsahal continuera d’agir avec force contre l’organisation terroriste Hezbollah, qui a choisi de rejoindre la campagne militaire et d’opérer sous la protection du régime iranien, et ne permettra pas que des civils de l’État d’Israël soient frappés.
Ce cadrage — le Hezbollah comme organisation qui a « choisi de rejoindre » le camp iranien — est délibéré. Il positionne le mouvement chiite non pas comme un acteur autonome défendant une cause régionale, mais comme un sous-traitant du régime des mollahs, intégré à une chaîne de commandement dont la tête se trouve à Téhéran. Sur le plan de la communication stratégique, c’est une manière de légitimer l’extension du conflit au Liban dans le cadre plus large de la guerre contre l’Iran.
La brigade Golani, symbole et outil
Le choix de la brigade Golani pour cette opération n’est pas neutre. Unité d’élite de l’infanterie israélienne, la Golani est associée dans la mémoire collective à certaines des batailles les plus dures de l’histoire militaire du pays. Son engagement au Liban — une terre où elle a déjà combattu lors des guerres précédentes, en 1982, en 2006 et au-delà — résonne comme un signal envoyé autant à l’intérieur qu’à l’extérieur : Israël est prêt à accepter le coût humain d’une opération terrestre prolongée.
L’appui aérien mentionné dans le communiqué illustre la doctrine combinée que l’armée israélienne applique depuis le début de la campagne : chaque progression terrestre est précédée, accompagnée et suivie de frappes aériennes destinées à dégrader les capacités de riposte adverses et à protéger les unités au sol.
L’objectif stratégique : une zone tampon permanente
L’expression « élargir le périmètre défensif avancé » est le vocabulaire opérationnel d’un objectif politique plus ambitieux, déjà évoqué par plusieurs responsables israéliens ces dernières semaines : la création d’une zone tampon permanente entre les localités du nord d’Israël et les positions du Hezbollah. Ce périmètre, dont la profondeur et les contours exacts ne sont pas précisés dans les communiqués officiels, est présenté comme la condition minimale pour que les dizaines de milliers d’habitants déplacés du nord puissent retourner dans leurs maisons avec une garantie de sécurité.
La manœuvre en cours au Liban s’inscrit ainsi dans une logique qui dépasse la campagne militaire immédiate : elle vise à modifier durablement la réalité sur le terrain, de telle sorte que la fin des hostilités — quelle qu’en soit la forme — ne ramène pas simplement à la situation d’avant le 7 octobre 2023, avec le Hezbollah positionné à quelques centaines de mètres des kibboutzim du nord.
Pendant ce temps, les voix des communications radio du commandant de la brigade Golani, diffusées par le porte-parole de l’armée ce vendredi, portent un message simple et résolu : « Pour le peuple d’Israël, jusqu’à la victoire. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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