Pour les sociĂ©tĂ©s funĂ©raires juives, l’effondrement d’un immeuble Ă  Miami reprĂ©sente une tâche ardue

Des dizaines de bĂ©nĂ©voles de la sociĂ©tĂ© funĂ©raire locale sont actuellement en attente Ă  Surfside au cas oĂą un corps serait retrouvĂ©, a dĂ©clarĂ© Berger, et des centaines d’autres Ă  New York se sont inscrits pour se rendre en Floride si nĂ©cessaire.

Parmi les premières pensĂ©es du rabbin Mayer Berger en voyant les 12 Ă©tages de la tour South Champlain s’effondrer sur eux-mĂŞmes : C’est comme le 11 septembre.

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Ă€ l’Ă©poque comme aujourd’hui, des destructions aux proportions inimaginables ont fait de nombreuses victimes sans avertissement, d’une manière qui a rendu impossibles les pratiques traditionnelles d’enterrement des Juifs dĂ©cĂ©dĂ©s.

Ces pratiques exigent que les corps soient enterrĂ©s le plus tĂ´t possible après la mort après avoir subi un rituel de purification appelĂ© tahara. Mais avec des victimes Ă  la fois juives et non juives, et des corps difficiles ou non identifiables, des catastrophes comme le 11 septembre ou ce qui s’est passĂ© Ă  Surfside compliquent le travail de ceux qui se portent volontaires pour pratiquer des pratiques traditionnelles.

« Vous avez juste des sortes de couches et de couches de bĂ©ton avec de petits espaces entre elles. Et c’est lĂ  que vous devez trouver les corps », a dĂ©clarĂ© Berger, qui dirige Chesed Shel Emet, l’une des plus grandes sociĂ©tĂ©s funĂ©raires orthodoxes du pays basĂ©e Ă  New York.

« Vous voyez les photos de ces couchettes sur le bord, c’est dĂ©chirant. J’ai huit enfants et penser que les enfants dormaient dans ces lits lĂ -bas est dĂ©chirant », a dĂ©clarĂ© Berger. « Mais quelqu’un doit faire le travail, alors c’est pour ça que nous sommes ici. »

Des dizaines de bĂ©nĂ©voles du salon funĂ©raire local sont actuellement en attente Ă  Surfside au cas oĂą un corps serait retrouvĂ©, a dĂ©clarĂ© Berger, et des centaines d’autres Ă  New York se sont inscrits pour se rendre en Floride si nĂ©cessaire. Les efforts locaux sont coordonnĂ©s par les dirigeants locaux de l’organisation.

Pour l’instant, les bĂ©nĂ©voles prient en marge pour que les personnes disparues soient retrouvĂ©es vivantes. Mais ils se prĂ©parent Ă  ĂŞtre appelĂ©s lorsque la mission de recherche et de sauvetage se transformera en mission de rĂ©cupĂ©ration, et ils restent en attente, mĂŞme pendant le Shabbat pour pouvoir instruire les travailleurs non juifs sur la bonne manipulation des corps rĂ©cupĂ©rĂ©s Ă  ce moment-lĂ  et selon la loi juive.

Parce que les sauveteurs ne savent pas dans quel Ă©tat seront les corps lorsqu’ils seront retrouvĂ©s, les membres de la sociĂ©tĂ© funĂ©raire se prĂ©parent Ă  dĂ©voiler les leçons apprises des tragĂ©dies telles que le 11 septembre et les attentats Ă  la bombe qui ont ravagĂ© IsraĂ«l il y a deux dĂ©cennies.

En raison de la quantitĂ© de bĂ©ton et d’autres matĂ©riaux de construction sur le site, les corps peuvent ĂŞtre enterrĂ©s sous de lourdes couches de matĂ©riaux, ce qui signifie qu’ils peuvent ne pas ĂŞtre entièrement intacts. Ils peuvent Ă©galement ĂŞtre plus difficiles Ă  identifier, ce qui rend difficile de dĂ©terminer quels corps nĂ©cessitent un enterrement juif et lesquels ne le sont pas. Et si du sang ou d’autres matières corporelles sont trouvĂ©s dĂ©connectĂ©s du corps, ils doivent ĂŞtre collectĂ©s et enterrĂ©s conformĂ©ment Ă  la loi juive.

Berger a dĂ©clarĂ© que les autoritĂ©s de Floride travaillaient toujours pour dĂ©terminer la meilleure façon de procĂ©der Ă  l’effort de rĂ©cupĂ©ration. Mais il Ă©tait convaincu que Chesed Shel Emet, qui entretient des relations de longue date avec la police et les mĂ©decins lĂ©gistes de Floride, serait inclus Ă  tout moment afin que les corps des victimes juives soient correctement traitĂ©s conformĂ©ment Ă  la loi juive.

« Ils ne savent toujours pas s’ils le feront comme le 11 septembre, cube par cube, ou s’ils le feront avec une approche diffĂ©rente », a dĂ©clarĂ© Berger Ă  propos du site Surfside. « Quel que soit le projet, nous y serons inclus. »

RĂ©cupĂ©rer les corps rapidement est important selon la loi juive ; Lors de la rĂ©cente tragĂ©die de Meron en IsraĂ«l, oĂą 45 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es Ă  coups de pied pendant les cĂ©lĂ©brations de NoĂ«l le mois dernier, les funĂ©railles ont commencĂ© quelques heures après le dĂ©roulement de l’incident.

Ce n’est pas possible Ă  Surfside, oĂą l’on s’attend Ă  ce qu’il faille des jours, voire plus, pour passer au crible les dĂ©bris en toute sĂ©curitĂ© sans mettre les sauveteurs en danger ou sans provoquer l’effondrement d’une plus grande partie du bâtiment.

Mais pour les familles des victimes, rĂ©cupĂ©rer les restes de leurs proches le plus rapidement possible est important pour le processus de deuil, selon le rabbin Simkha Weintraub, assistante sociale et directrice rabbinique du Jewish Board of Family and Children’s Services Ă  New York qui a animĂ© un groupe de soutien aux familles des victimes du 11 septembre pendant neuf ans et demi.

« C’est Ă  la fois un Ă©tat effrayant et un Ă©tat d’engourdissement pour les gens : insomnie et irritabilitĂ©, ne pas manger. C’est un endroit vraiment difficile Ă  vivre », a dĂ©clarĂ© Weintraub. « Une fois le corps rĂ©cupĂ©rĂ©, ils peuvent suivre le chemin des endeuillĂ©s, prĂ©parer le corps pour l’enterrement, parler Ă  leurs proches, prĂ©parer un Ă©loge funèbre, toutes les choses qui ont du sens. »

Depuis un an et demi, Chesed Shel Emet est occupĂ© par une tragĂ©die plus lente sous la forme d’une pandĂ©mie. Au cours de la première vague, qui a particulièrement touchĂ© les communautĂ©s orthodoxes de New York, les bĂ©nĂ©voles du groupe ont parfois exĂ©cutĂ© des taharat pour jusqu’Ă  50 corps chaque jour.

Cette expĂ©rience a rendu Berger encore plus sensible au traumatisme qui peut survenir en prĂ©parant plusieurs corps Ă  la fois. Lorsque l’effort de rĂ©cupĂ©ration commencera Ă  Surfside, Berger espère que les Ă©quipes de bĂ©nĂ©voles sur le site alterneront pour que personne ne travaille trop longtemps.

Les bĂ©nĂ©voles ne devraient pas sous-estimer le traumatisme qu’ils peuvent subir en travaillant Ă  travers une telle situation, a-t-il dit, et devraient prendre soin d’eux-mĂŞmes afin qu’ils puissent ĂŞtre de bons intendants des traditions qui peuvent apporter du rĂ©confort dans une pĂ©riode de douleur.

« Les gens me demandent : suis-je devenu immunisĂ© contre la mort ? » dit Berger. « Je dis que peut-ĂŞtre [vous pouvez] devenir immunisĂ© contre la mort, mais vous ne pouvez jamais ĂŞtre Ă  l’abri des sentiments des survivants. »