Pourquoi le ministère de la SantĂ© pense-t-il qu’il est possible de vaincre le « delta » sans confinement

Les taux d’incidence quotidiens en IsraĂ«l ont atteint un niveau record depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, les vaccinations perdent de leur force en quelques mois, mais les experts du ministère de la SantĂ© restent confiants que cette fois nous ferons face sans confinement.

Les statistiques de morbiditĂ© sĂ©vère incitent Ă  l’optimisme. Le nombre de patients gravement malades en IsraĂ«l reste deux fois plus faible qu’il ne l’Ă©tait avec des taux d’incidence quotidiens plus faibles dans le contexte des fermetures strictes de l’annĂ©e dernière.

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La majorité des patients gravement malades de plus de 50 ans qui se trouvent maintenant dans les hôpitaux israéliens ne sont pas vaccinés et ont reçu une seule dose de vaccin. Si la vaccination « ne fonctionnait pas », comme le prétendent les opposants au vaccin, les personnes non vaccinées ne représenteraient désormais plus que 10 % des patients gravement malades.

41 des 666 patients gravement malades ont aujourd’hui plus de 90 ans. Parmi eux, 20 ne sont pas vaccinĂ©s, 1 a reçu un vaccin. Plus de 25% des 69 personnes âgĂ©es non vaccinĂ©es qui souffrent dĂ©sormais d’une infection Ă  coronavirus sont tombĂ©es malades, et moins de 9% des 227 vaccinĂ©es. Cela confirme que les vaccins protègent efficacement les personnes de tous âges contre les formes graves de la maladie.

Les vaccins sont les moins protecteurs des 90 ans. Plus l’âge est jeune, plus l’effet est fort. Dans la tranche d’âge 60-69 ans, les patients « actifs » sont maintenant environ trois mille, dont 2.171 sont complètement vaccinĂ©s, 820 n’ont reçu aucun vaccin. Parallèlement, 66 sur 2 171 vaccinĂ©s (3%) et 87 sur 820 non vaccinĂ©s (10,5%) sont gravement malades.

Chez les jeunes, les formes sĂ©vères d’infection sont encore extrĂŞmement rares, la variante delta Ă  cet Ă©gard ne diffère pas de la souche « originale » de coronavirus – et la vaccination Ă©limine le risque pour les jeunes Ă  presque zĂ©ro. Sur 10 patients gravement malades de moins de 30 ans qui se trouvent actuellement dans des hĂ´pitaux israĂ©liens, 9 n’ont reçu aucun vaccin ; les quatre adolescents « lourds » de moins de 19 ans n’ont pas Ă©tĂ© vaccinĂ©s.

Un patient vaccinĂ© « actif » âgĂ© de 20 Ă  29 ans et six sur trois mille patients non vaccinĂ©s du mĂŞme âge sont porteurs de l’infection sous une forme sĂ©vère – la vaccination rĂ©duit d’environ 20 fois le risque de complications graves dans cette tranche d’âge, de 0,2% Ă  0,01.

Selon les statistiques actuelles du ministère de la SantĂ©, dans la cohorte d’âge suivante (30-39 ans), le risque de maladie grave pour les personnes vaccinĂ©es est 25 fois plus faible – 0,04 % au lieu de 1 %, dans la tranche d’âge des 40- A 49 ans, le risque de complications diminue 10 fois, passant de 2,5% Ă  0,25%. Chez les 50-59 ans, la vaccination rĂ©duit le risque d’environ 6,5 fois, de 5 % Ă  0,75 %. La vaccination a donc un effet approximativement Ă©quivalent au rajeunissement du système immunitaire de l’ensemble de la population d’ici 20 Ă  30 ans.

Dans le contexte de la croissance gĂ©nĂ©rale des cas d’infection enregistrĂ©s, la proportion des personnes âgĂ©es infectĂ©es diminue ; ces derniers jours, les personnes de plus de 60 ans ne reprĂ©sentent que 5 % du nombre de nouveaux patients enregistrĂ©s quotidiennement, tandis que la proportion d’enfants non vaccinĂ©s de moins de 12 ans est passĂ© Ă  35%. Cette tendance est liĂ©e Ă  l’effet croissant des revaccinations massives des personnes âgĂ©es, ce qui donne aux experts de bonnes raisons d’espĂ©rer que l’augmentation arrĂŞtĂ©e de la charge hospitalière ne reprendra pas en septembre, malgrĂ© l’ouverture du système Ă©ducatif et l’abandon des formalitĂ©s administratives.

Avec une forte baisse de la proportion de formes graves d’infection, l’incidence massive des adolescents et des jeunes rapproche IsraĂ«l de la chère « immunitĂ© collective ». On sait que ceux qui se sont remis du coronavirus sont plusieurs fois plus fiables que ceux qui ont Ă©tĂ© vaccinĂ©s ; les cas de rĂ©infection sont encore très rares. Dans cette situation, l’opinion grandit que ralentir la propagation du virus avec des mesures administratives coĂ»teuses serait contre-productif, mĂŞme du point de vue de la santĂ© de la nation. L’ancien directeur adjoint du ministère de la SantĂ©, Itamar Grotto, estime mĂŞme que le durcissement des restrictions du trafic aĂ©rien au printemps dernier a nui Ă  IsraĂ«l – il vaudrait mieux que l’option delta pĂ©nètre dans le pays au plus fort de l’effet des vaccinations de masse, tandis que le l’effet des vaccinations n’a pas encore commencĂ© Ă  faiblir.