Une opĂ©ration unique pour sĂ©parer les jumeaux siamois a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă l’hĂ´pital Soroka la semaine dernière. Les filles, fusionnĂ©es avec la nuque, sont nĂ©es dans cet hĂ´pital en aoĂ»t de l’annĂ©e dernière, et dès le premier jour de leur vie, les mĂ©decins se prĂ©paraient Ă l’opĂ©ration la plus difficile, qui n’a jamais Ă©tĂ© pratiquĂ©e en IsraĂ«l – et il y a pas plus d’une vingtaine de ce type de cas dans le monde entier.
Il y avait 50 mĂ©decins et infirmières dans la salle d’opĂ©ration du service de neurochirurgie. Pendant 12 heures, Ă l’aide des Ă©quipements les plus modernes, les chirurgiens ont sĂ©parĂ© les tissages de fibres nerveuses, de vaisseaux sanguins, de mĂ©ninges et de tissus osseux. Pour participer Ă l’opĂ©ration, deux spĂ©cialistes de renommĂ©e mondiale ayant une expĂ©rience dans des interventions chirurgicales similaires ont Ă©tĂ© invitĂ©s de l’Ă©tranger.
Les vrais jumeaux siamois ne naissent pas si rarement, la probabilitĂ© est de 1 sur 50 000 Ă 200 000 naissances. Dans 75 % des cas, ce sont des filles. La moitiĂ© des jumeaux siamois naissent morts, un autre tiers meurt le premier jour après l’accouchement. Seulement dans 6% des cas, des jumeaux naissent, fusionnĂ©s avec les parties occipitales de la tĂŞte. Dans de tels cas, les opĂ©rations de sĂ©paration sont particulièrement risquĂ©es et ne sont effectuĂ©es que pour des raisons de santĂ© – si les jumeaux ne survivent pas sans sĂ©paration.
La première opĂ©ration rĂ©ussie pour sĂ©parer les tĂŞtes fusionnĂ©es de jumeaux siamois a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en 1955 par le neurochirurgien amĂ©ricain Harold Voris. Les jumeaux ont survĂ©cu, mais l’une des filles est restĂ©e handicapĂ©e.
Les vraies chances de succès des opĂ©rations de sĂ©paration des tĂŞtes fusionnĂ©es des jumeaux siamois ne sont apparues qu’au 21ème siècle, avec le dĂ©veloppement des technologies de modĂ©lisation informatique en trois dimensions. Les chirurgiens Ă©laborent Ă l’avance les dĂ©tails de l’opĂ©ration Ă venir sur des modèles informatiques, mais les opĂ©rations restent extrĂŞmement difficiles et risquĂ©es. Le dernier exemple connu d’une sĂ©paration rĂ©ussie de filles adultes originaires du Pakistan se trouve dans un hĂ´pital de Londres en 2019. La sĂ©rie d’opĂ©rations a durĂ© 52 heures et les deux filles se sont rĂ©tablies.





