Le PrĂ©sident de l’ÉrythrĂ©e: « IsraĂ«l devrait accorder 50 000 dollars Ă  chaque immigrĂ© expulsé »

Dans une rare interview, le prĂ©sident Isaias Afwerki a exprimĂ© son mĂ©contentement face au plan d’expulsion des demandeurs d’asile: « Nous devons leur donner plus que les 3 500 dollars qui sont maintenant offerts ». Selon lui, les immigrĂ©s ont Ă©tĂ© tentĂ©s de fuir le pays pour organiser une opposition armĂ©e contre lui « mais le complot subversif a Ă©chouĂ© et ils sont devenus un fardeau ».
De nombreux demandeurs d’asile ont affirmĂ© avoir fui le rĂ©gime dictatorial en ÉrythrĂ©e, oĂą des hommes sont enrĂ´lĂ©s Ă  vie dans l’armĂ©e, dans des conditions similaires Ă  l’esclavage. Le prĂ©sident a dit que l’ErythrĂ©e avait offert d’acceuillir tous les immigrants, mais les autoritĂ©s israĂ©liennes ont refusĂ©.

Le plan d’expulsion des demandeurs d’asile , qui doit avoir lieu le 1er avril, est axĂ© sur les ressortissants Ă©rythrĂ©ens et soudanais qui ont franchi illĂ©galement la frontière avec l’Égypte. Selon le rapport annuel de l’AutoritĂ© de la Population et de l’Immigration, 34 187 personnes, dont 26 563 d’ErythrĂ©e et 7 624 du Soudan, seront expulsĂ©es et toutes celles qui n’auront pas dĂ©posĂ© de demande d’asile avant le 1er janvier 2018.

Jusqu’Ă  prĂ©sent, sur les 12 136 demandes d’asile prĂ©sentĂ©es, seules 11 ont Ă©tĂ© acceptĂ©es et leurs demandeurs ont Ă©tĂ© reconnus comme rĂ©fugiĂ©s: 10 d’entre eux venant d’ÉrythrĂ©e et un du Soudan. En revanche, dans le monde occidental, le pourcentage de reconnaissance en 2017 pour les rĂ©fugiĂ©s Ă©rythrĂ©ens est d’environ 90%, et de 57% au Soudan. L’AutoritĂ© de la population et des migrations explique l’Ă©cart dans le fait qu’il existe des pays qui Ă©largissent la dĂ©finition des rĂ©fugiĂ©s requise par la Convention des Nations Unies Ă  laquelle IsraĂ«l est signataire.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Des demandeurs d'asile manifestent devant l'ambassade rwandaise Ă  Herzliya (Photo: AFP)

Des demandeurs d’asile manifestent devant l’ambassade rwandaise Ă  Herzliya (Photo: AFP)
 (Photo: AFP)

(Photo: AFP)

 

Les candidats ont désormais deux options:

1 – DĂ©part vers le Rwanda (ou vers leur pays d’origine, s’ils le souhaitent) pour un montant de 3 500 dollars par personne et financement du billet d’avion, ou incarcĂ©ration pour une durĂ©e illimitĂ©e dans la prison de Saharonim dans le NĂ©guev. Comme il a Ă©tĂ© notĂ©, Ă  compter du 1er avril, quiconque sera jugĂ© pour expulsion et ne partira pas volontairement sera emprisonnĂ© ou expulsĂ©. En outre, le montant que les demandeurs d’asile reçoivent lors de l’expulsion diminuera progressivement.

Jusqu’Ă  rĂ©cemment, une «politique de non-renvoi temporaire» a Ă©tĂ© introduite en IsraĂ«l concernant des sujets de l’ÉrythrĂ©e et du Soudan en raison de la situation dans leur pays d’origine. Dans ces cas, cela se fait dans le cadre d’un programme de «sortie volontaire» pour le pays d’origine ou pour un autre pays. IsraĂ«l a signĂ© un accord avec deux pays d’Afrique, du Rwanda et de l’Ouganda. Depuis le dĂ©but de la procĂ©dure de «sortie volontaire» en 2014, 15 030 Ă©trangers d’ErythrĂ©e et du Soudan ont quittĂ© IsraĂ«l – 9 695 d’ErythrĂ©e et 5 335 du Soudan.

Files d'attente près de l'Autorité de la Population et de l'Immigration à Tel Aviv

Files d’attente près de l’AutoritĂ© de la Population et de l’Immigration Ă  Tel Aviv
Centre de séjour de maladie (Photo: Motti Kimchi)

Centre de séjour de maladie (Photo: Motti Kimchi)

Le taux de «dĂ©part volontaire» n’a pas satisfait le gouvernement israĂ©lien et il a annoncĂ© qu’il avait signĂ© un accord avec un «Etat tiers» auquel les dĂ©portĂ©s seraient transfĂ©rĂ©s. L’accord est secret, mais on sait que c’est le Rwanda. L’accord a Ă©tĂ© modifiĂ© afin de permettre le transfert forcĂ© de demandeurs d’asile, selon lequel le Rwanda recevrait 5 000 dollars pour chaque demandeur d’asile transfĂ©rĂ© au Rwanda.

Le Rwanda, pour sa part, nie l’existence d’un tel accord. De nombreux tĂ©moignages de demandeurs d’asile qui ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s au Rwanda jusqu’Ă  prĂ©sent indiquent que ce dernier n’est pas intĂ©ressĂ© Ă  rester et ne leur accorde aucun statut. Beaucoup d’entre eux sont repoussĂ©s dans le cercle des rĂ©fugiĂ©s et errent parmi les pays africains ou tentent leur chance et montent Ă  bord de bateaux dĂ©labrĂ©s en route vers l’Europe dans l’espoir de recevoir un refuge permanent. Cependant, IsraĂ«l prĂ©tend que le Rwanda est un pays sĂ»r et stable, et que dans l’accord signĂ© avec lui, des garanties ont Ă©tĂ© donnĂ©es que les demandeurs d’asile qui ont Ă©tĂ© expulsĂ©s vers IsraĂ«l seraient bien traitĂ©s .