C’est un peu la folie ce matin Ă l’entrĂ©e de la Knesset, depuis que les codes vestimentaires ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©s pour tous les membres hommes et femmes au sein de la Knesset .
Ce matin, les femmes travaillant au sein de la Knesset ont dĂ©cidĂ© de se rĂ©volter contre ces codes vestimentaires et ont dĂ©cidĂ© d’entrer avec des jupes courtes mais le garde, les en a empĂŞchĂ©es, ce qui a entraĂ®nĂ© des vidĂ©os en ligne sur les rĂ©seaux sociaux et un scandale qui ne fait que commencer…
Le dĂ©putĂ© Yehuda Glick affirme que des parlementaires arrivant en jupes courtes pour protester est « manifestement impertinent ». Toutefois, il prĂ©cise aussi que le comportement du garde qui mesure la longueur des jupes Ă l’entrĂ©e est un « comportement laid ».
Ce matin, des dizaines d’assistantes parlementaires avec des jupes et des robes courtes sont venues protester contre le nouveau code vestimentaire de la Knesset.
Glick a dĂ©clarĂ© que « la Knesset est autorisĂ©e Ă Ă©tablir un code vestimentaire et que cela n’a rien Ă voir avec la religion : Cette manifestation par ces assistantes parlementaires est effrontĂ©e, et exprime l’anarchie et le manque d’obĂ©issance et la dĂ©gradation de la Knesset ».
Cependant, Glick a Ă©galement critiquĂ© la Garde de la Knesset mesurant la hauteur de la jupe et a dit que « c’est un acte laid » et qu’il il y a d’autres façon honorable de le faire ».
En conclusion, l’entrĂ©e a Ă©tĂ© bloquĂ©e Ă un certain nombre d’adjointes parlementaires Ă la Knesset au motif qu’elles portaient des robes « trop courtes ».
Qu’en est il du code vestimentaire Ă l’assemblĂ©e nationale en France  ?
Selon Slate, en France, le costume-cravate est de rigueur pour les Ă©lus, le tailleur pour les femmes. Mais existe-t-il pour autant, Ă l’ElysĂ©e, Ă l’AssemblĂ©e nationale ou au SĂ©nat, un dress-code strict Ă respecter?
La rĂ©ponse est non… et en mĂŞme temps oui. A l’ElysĂ©e, aucune tenue n’est imposĂ©e aux ministres. Rien non plus, dans le règlement intĂ©rieur de l’AssemblĂ©e nationale, n’oblige les dĂ©putĂ©s Ă venir en costume-cravate: au service de presse de l’AssemblĂ©e, on indique que « ces questions auraient fait l’objet de quelque rĂ©union de bureau non publique, mais il n’y a pas de texte Ă©crit ». Idem au SĂ©nat.
Mais les deux chambres du Parlement prĂ©cisent qu’une « tenue correcte, c’est-Ă -dire veste et cravate » est imposĂ©e aux hommes par la tradition. Dans les deux cas, le risque qu’encourt le dĂ©putĂ© ou le sĂ©nateur qui aurait dĂ©cidĂ© d’ouvrir la chemise et de venir en tongs est de se faire refuser l’entrĂ©e de l’hĂ©micycle par l’huissier.
Du côté des femmes, aucune tenue n’est imposée, ce qui explique la grande inventivité de certaines de nos députées, comme Nadine Morano ou Roselyne Bachelot.
Dans son livre Histoire politique du pantalon, l’historienne Christine Bard raconte: en 1972, Michèle Alliot-Marie, alors jeune conseillère politique, se voit refuser l’entrée de l’Assemblée. Horreur, la jeune femme porte un pantalon: « Si c’est le pantalon qui vous gêne, je l’enlève », répond la future ministre du tac au tac. Elle finira par rentrer, prouvant au passage que les usages peuvent eux aussi évoluer. Une anecdote similaire est arrivée récemment à Corinne Bouchoux, élue sénatrice Europe Ecologie-Les Verts en septembre 2011.
Certains hommes tentent aussi de faire changer la tradition. En juin 2008, François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, écrit au président de l’Assemblée une note, mi-amusée mi-sérieuse, relative à la tenue des députés.
« Il faisait très chaud cet été-là et j’ai demandé, pour faire des économies de climatisation, si les députés pouvaient faire tomber cravate et veste, mais le président a jugé que la coutume méritait d’être maintenue. »
Le député n’en est pas resté là :
« Une fois, j’avais fait le test de venir sans cravate. On ne m’aurait pas laissé rentrer sans, mais les huissiers ont tout prévu. Il y a une armoire à cravates de secours près de l’entrée de l’hémicycle pour les oublis. Après, c’est loin d’être le combat du siècle. Cela dit, je trouve ça bien qu’il y ait des règles protocolaires, ça marque une différence avec la vie de tout les jours. »
Les écologistes et les parlementaires de gauche sont souvent plus prompts à transgresser des règles qu’ils jugent surannées. On se souvient de Jack Lang, chahuté par les députés pour avoir porté un col Mao.
Même les plus rebelles se plient facilement à la règle. Dans son livre Un ethnologue à l’Assemblée, Marc Abélès raconte qu’il a observé des assistants de gauche « déambuler sans cravate, et parfois même en jean sous le regard étonné des agents d’étage », ou avoir côtoyé Yves Cochet « sans cravate au Parlement européen, où la liberté vestimentaire est totale ». Mais une fois à l’Assemblée nationale, le député européen, pliant sous le poids de la fonction, cède et se met à porter une cravate.
C’est qu’en France, on est peu habituĂ© Ă voir nos politiques hors de leur costume sombre, comme l’avaient prouvĂ© les nombreuses rĂ©actions Ă la tenue audacieuse de François Fillon (une veste de coton bleu marine Ă col Mao) lors d’une rĂ©union ministĂ©rielle Ă BrĂ©gançon, Ă l’Ă©tĂ© 2010.
Dans leur livre Les Ă©tĂ©s meurtriers, les journalistes JĂ©rĂ´me Chapuis et YaĂ«l Goosz rappellent une image qui avait marquĂ© les esprits. A l’Ă©tĂ© 2003, la canicule entraĂ®ne un pic de mortalitĂ© et Jean-François MattĂ©i, alors ministre de la SantĂ©, donne une interview sur le sujet depuis son lieu de vacances: il opte pour une tenue dĂ©contractĂ©e dans l’idĂ©e « de faire plus peuple, Ă l’instar de Jean-Pierre Raffarin et de son pull orange ».
Résultat: l’image d’un ministre en polo devant sa villa, parlant des morts à cause de la chaleur, choque. Si les réactions contre le jean de Cécile Duflot sont moins vives, elles montrent que les politiques, autant que les Français, ont encore du mal à considérer que l’on peut être sérieux dans autre chose qu’un costume.




