Le Pakistan a dĂ©clarĂ© hier avoir menĂ© des frappes de reprĂ©sailles sur le sol iranien, un jour après que les forces du Corps des Gardiens de la rĂ©volution islamique (CGRI) ont attaquĂ© ce qu’ils appellent des « camps de militants » dans la province pakistanaise du Baloutchistan.
Le ministère pakistanais des Affaires Ă©trangères a dĂ©clarĂ© que les forces armĂ©es du pays avaient menĂ© des « frappes militaires chirurgicales » avec des avions de combat et des drones sur des endroits qu’elles considèrent comme des « cachettes terroristes », c’est-Ă -dire des sĂ©paratistes baloutches, dans le sud-est de l’Iran.Â
Un haut responsable de la sĂ©curitĂ© pakistanaise a dĂ©clarĂ© au New York Times que les frappes visaient au moins sept camps baloutches Ă environ 30 miles de la frontière irano-pakistanaise.Â
À la suite des frappes du CGRI au Baloutchistan, les forces iraniennes ont déclaré que les attaques contre des cibles en Irak et en Syrie, et maintenant au Pakistan, « montrent que l’Iran ripostera de manière décisive contre ses ennemis partout ».
En rĂ©ponse, le chargĂ© d’affaires iranien Ă Islamabad a dĂ©clarĂ© que les frappes menĂ©es par TĂ©hĂ©ran constituaient une « violation flagrante et inacceptable de la souverainetĂ© du pays ». Â
Le ministère pakistanais des Affaires Ă©trangères a annoncé qu’il avait rappelĂ© son ambassadeur en Iran et suspendu toutes les visites de haut niveau attendues Ă TĂ©hĂ©ran dans les prochains jours. « Les frappes sur le territoire pakistanais sont un acte illĂ©gal et inacceptable, et nous nous rĂ©servons le droit d’y rĂ©pondre », a dĂ©clarĂ© le dĂ©partement.Â
Islamabad soutient depuis longtemps que les sĂ©paratistes baloutches, qui mènent une insurrection dans le sud-ouest du Pakistan depuis des dĂ©cennies, se cachent en Iran. De son cĂ´tĂ©, TĂ©hĂ©ran accuse Islamabad de ne pas en faire assez pour contenir ses rebelles qui menacent sa sĂ©curitĂ©. Â
Le New York Times cite Syed Muhammad Ali, analyste de la sĂ©curitĂ© basĂ© Ă Islamabad : « Une rĂ©ponse calculĂ©e et rapide Ă©tait nĂ©cessaire pour contrer la croyance erronĂ©e de l’Iran selon laquelle une attaque surprise non provoquĂ©e contre le Pakistan ne conduirait pas Ă une rĂ©ponse forte, mesurĂ©e et rapide. » Dans le mĂŞme temps, l’analyste estime que ni l’Iran ni le Pakistan ne gagneront quoi que ce soit Ă une nouvelle escalade.Â
« Un Iran enhardi utilise ses forces par procuration contre IsraĂ«l et ses alliĂ©s après le 7 octobre », Ă©crit le New York Times. « Ceci, et maintenant les propres attaques de l’Iran contre d’autres pays de la rĂ©gion, augmentent le risque d’une escalade au Moyen-Orient. »Â





