Dans le cimetière du kibboutz Afikim, se trouve, Razek ‘Abd al-Qader, le petit-fils du père de la nation algĂ©rienne, tombĂ© amoureux d’IsraĂ«l et qui a mĂŞme espionnĂ© pour ce pays et a Ă©tĂ© enterrĂ©.
Les tombes des membres du kibboutz, dĂ©cĂ©dĂ©s depuis sa crĂ©ation en 1932, sont Ă une certaine distance du bord de la falaise, face au sud, en direction de JĂ©rusalem. Mais c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ , Ă l’extrĂ©mitĂ© est de la falaise, oĂą une clĂ´ture avait Ă©tĂ© Ă©rigĂ©e pour empĂŞcher la possibilitĂ© de tomber de la falaise, que Razek ‘Abd al-Qader, le musulman le plus sioniste de tous les temps, a atteint son dernier voyage, dans les hauteurs du Golan, qu’il aimait tant.
Vingt-deux ans se sont Ă©coulĂ©s depuis lors, au cours desquels certains ont tentĂ© de dissiper le mystère entourant Razek ‘Abd al-Qadir. Dans un article du journal Haaretz en 2009, Assaf Inbari, membre du kibboutz, a Ă©crit sur un musulman au nom hĂ©breu, Dov Golan, qui a Ă©tĂ© enterrĂ© dans le cimetière Afikim.
En 2018, je suis tombĂ© sur un article d’Avi Moshe Segal, un guide de Ramat Gan, qui a prĂ©parĂ© une visite dĂ©diĂ©e aux membres de la communautĂ© du renseignement qui travaillaient dans la rĂ©gion de la mer de GalilĂ©e. Segal a tentĂ© de recueillir plus d’informations sur Dov Golan, mais n’a trouvĂ© que très peu de dĂ©tails.
Il a discutĂ© de la question avec l’historien et auteur Muki Tzur, membre du kibboutz Ein Gev, puis a transmis le matĂ©riel au Conseil pour l’avancement du patrimoine israĂ©lien (qui est dirigĂ© par l’auteur de ces lignes). Ces derniers mois, le conseil a menĂ© une enquĂŞte historique approfondie, retraçant le sort de Razek ‘Abd al-Qader, devenu Dov Golan. Cette recherche a engendrĂ© l’incroyable histoire qui se dĂ©roule ici.
L’arrière-grand-père de Razek est nĂ© en AlgĂ©rie en 1809 et a reçu le nom d’Abd al-Qader. DĂ©jĂ enfant, il excellait dans ses compĂ©tences uniques : on disait qu’il connaissait le Coran par cĹ“ur, et dĂ©jĂ dans sa jeunesse, il avait la rĂ©putation d’un leader charismatique. En 1832, alors qu’il n’avait que 23 ans, il avait dĂ©jĂ dirigĂ© la tribu barbare de Cabilla, et cette annĂ©e-lĂ , les anciens des tribus le choisirent pour mener la rĂ©volte contre les Français, qui avaient conquis le pays deux ans plus tĂ´t.
‘Abd al-Qader est le chef des tribus depuis 15 ans. Il a Ă©tabli sur la majeure partie de l’AlgĂ©rie un État islamique rĂ©formĂ©, avec un système Ă©ducatif ordonnĂ©, un système de collecte des impĂ´ts et des infrastructures publiques, aux cĂ´tĂ©s d’une armĂ©e rĂ©gulière et organisĂ©e, qui a menĂ© une guerre d’usure contre l’armĂ©e française. Tout au long de la pĂ©riode, il y avait un lien chaleureux avec la communautĂ© juive, perpĂ©tuant ainsi la tradition de son père, un cheikh musulman soufi, descendant du prophète Mahomet, qui avait une relation chaleureuse avec la communautĂ© et en particulier avec la famille Abu, issue de familles algĂ©riennes aisĂ©es qui ont immigrĂ© en IsraĂ«l.
Couvert les murs de photos de personnes qu’il admirait. Dans une remorque dans la tour, probablement sa dernière photo // Photo: Batin Amir Margalit
DĂ©jĂ au dĂ©but du soulèvement, ‘Abd al-Qader dĂ©posa tous les trĂ©sors de sa famille – or et bijoux – entre les mains d’une famille juive. Des annĂ©es plus tard, lorsqu’il a demandĂ© le retour du trĂ©sor, il l’a reçu en entier, s’assurant de parler Ă ses fils et petits-fils de «l’extraordinaire dĂ©cence des Juifs».
En 1843, la domination islamique en AlgĂ©rie s’est effondrĂ©e et la France a pris le contrĂ´le du pays. Abd al-Qader a poursuivi la guĂ©rilla contre les Français pendant encore cinq ans, jusqu’Ă ce qu’il se rende et soit exilĂ© avec sa famille en France, oĂą il a Ă©tĂ© emprisonnĂ©. Le jour de son dĂ©part d’AlgĂ©rie est devenu un jour de deuil national, auquel a Ă©tĂ© ajoutĂ© le surnom « Al-Jazeera » (« AlgĂ©rien »), et il a Ă©tĂ© plus tard considĂ©rĂ© comme le père du nationalisme algĂ©rien, le roi sans couronne. Son drapeau blanc-vert est devenu le drapeau de l’AlgĂ©rie lorsqu’elle a finalement obtenu son indĂ©pendance de la France, après plus de 100 ans.
Cinq ans après son emprisonnement, ‘Abd al-Qader a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© de prison par le prĂ©sident de la RĂ©publique française, NapolĂ©on III, en Ă©change d’un engagement Ă Ă©migrer avec ses partisans vers les territoires de l’Empire ottoman et Ă ne jamais retourner en AlgĂ©rie. Il est parti pour Damas avec 3500 de ses partisans et a Ă©tĂ© reçu avec le respect royal par le gouvernement ottoman, qui a Ă©galement dirigĂ© l’AlgĂ©rie dans le passĂ© et ses dirigeants ont vu al-Jazeera comme un hĂ©ros.
Les Ottomans l’ont comblĂ© d’honneur et d’argent et lui ont donnĂ©, ainsi qu’Ă ses partisans, d’Ă©normes Ă©tendues de terre dans le sud de Horen (maintenant le sud du plateau du Golan) et en Eretz IsraĂ«l – du sud de la mer de GalilĂ©e jusqu’Ă près du mont Thabor et dans la rĂ©gion de Shefar’am. On estime que la famille al-Qadir couvrait 100 kilomètres carrĂ©s. Abd al-Qader a mĂŞme Ă©tĂ© nommĂ© arbitre officiel dans les diffĂ©rends entre des groupes ethniques et divers Ă©lĂ©ments en Syrie, une position qui lui a apportĂ©, ainsi qu’Ă sa famille, de l’argent supplĂ©mentaire.
Dans les vastes Ă©tendues de terre qu’il a reçues, ‘Abd al-Qader a installĂ© une grande ferme agricole près de la rivière al-Rukad (Nahal Raked), Ă la frontière orientale du Golan. Il a attribuĂ© des terres Ă ses fans et a Ă©tabli plusieurs villages agricoles pour eux. Sa famille est rapidement devenue une riche famille fĂ©odale, liĂ©e Ă la fois au monde arabe et Ă l’Europe.
Le recruteur. Shamir dans sa jeunesse // Photo: GPO
La maison familiale Ă Damas Ă©tait un lieu de pèlerinage pour des personnalitĂ©s du monde arabe. Il a Ă©tĂ© visitĂ©, entre autres, Lawrence l’Arabe, Faisal I (futur roi de Syrie et roi d’Irak), Mustafa Kemal AtatĂĽrk (fondateur de la RĂ©publique de Turquie et son premier prĂ©sident) et bien d’autres. Des rĂ©unions de reprĂ©sentants du gouvernement ont eu lieu dans cette maison et le sort a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©.
Les AlgĂ©riens ont Ă©tabli pas moins de 12 colonies agricoles en GalilĂ©e et dans la vallĂ©e du Jourdain. L’une d’elles Ă©tait la ville de Samach dans la partie sud de la mer de GalilĂ©e (plus tard Tzemach), la première des cinq colonies Ă©tablies en Basse GalilĂ©e. Avant l’arrivĂ©e des AlgĂ©riens, il y avait une trentaine de huttes de terre, oĂą les pĂŞcheurs vivaient de leurs familles ; À son apogĂ©e, Samach est devenue une ville d’environ 2 000 habitants.
Dans le mĂŞme temps, ‘Abd al-Qader a renouvelĂ© ses liens avec la famille juive Abu. Chaque annĂ©e, le mĂŞme jour, il descendait de Damas jusqu’au pont Banot Yaakov, pour rencontrer les membres de la famille Abu. En 1883, al-Jaziri est dĂ©cĂ©dĂ©, laissant derrière lui trois fils et six filles et une grande fortune.
Le petit-fils d’Al-Jazeera est nĂ© le 13 octobre 1914 Ă Damas. Ses parents, Emir Said ‘Abd al-Qader et Hosnia, une femme d’origine albanaise, ont choisi le rabbin de la communautĂ© juive pour effectuer la cĂ©rĂ©monie de circoncision. Leur fils aĂ®nĂ© porte le nom de son arrière-grand-père : ‘Abd al-Qader. Le titre «Razek» («Le dĂ©fenseur», en arabe) a Ă©tĂ© ajoutĂ© Ă son nom.
DĂ©jĂ dans sa jeunesse, il a vu des Ă©tincelles de la personnalitĂ© occupante de son grand-père, puis il a Ă©galement commencĂ© Ă affronter son père, qui Ă©tait impersonnel, avide et cruel. Selon Yohanan Sharet, 56 ans, plus tard le meilleur ami de Razek qui le connaissait quand il vivait Ă Moshava Migdal, « il a dit que son père abusait de ses huit enfants et que Razek, l’aĂ®nĂ©, s’est retrouvĂ© Ă protĂ©ger ses frères et sĹ“urs de sa colère. Ă€ une occasion, le père a battu l’un des frères. « Il saignait, et Razek a pris un pistolet et a tirĂ© en l’air pour l’avertir. Il y a eu plusieurs fois oĂą ils sont venus Ă©changer des coups. »
« Ont Ă©tĂ© collĂ©s les uns aux autres. » Razek et Celina hissent le drapeau algĂ©rien en Allemagne de l’Est, 1957 // Photo : Institut Lavon / « Davar »
Comme il sied à une famille aristocratique, Razak a été envoyé étudier dans de prestigieuses écoles de Beyrouth. Pendant les vacances, la famille venait en Eretz Israël pendant plusieurs semaines. Pendant son séjour à la campagne, son père a combiné des vacances avec des entreprises qui touchaient les terres familiales.
La famille de Razek vivait en IsraĂ«l dans plusieurs endroits – y compris Kiryat Shmuel près de TibĂ©riade, ainsi que Shefar’am et le mont Carmel. Il a dit Ă Yohanan Sharet que, enfant, il voyageait avec la famille de leur maison d’Ă©tĂ© Ă Moshava Kinneret Ă HaĂŻfa, puis s’Ă©tait rendu Ă Tel Aviv et s’y Ă©tait rendu. « Ses parents ont dit que la Terre d’IsraĂ«l Ă©tait beaucoup plus intĂ©ressante que Damas et ont saisi chaque occasion pour y rester. »
Au dĂ©but des annĂ©es 1930, le père de Razek a Ă©tĂ© tuĂ© lors d’une bagarre. Le jeune Razek s’est mis Ă la place de son père, est devenu le chef de famille et a commencĂ© Ă gĂ©rer la vaste propriĂ©tĂ© qu’il possĂ©dait. En mĂŞme temps, il a montrĂ© un grand intĂ©rĂŞt pour ce qui se passait dans le monde, en particulier dans les domaines liĂ©s Ă la politique, Ă la philosophie et aux visions du monde tels que le communisme et le marxisme. «J’Ă©tais marxiste depuis l’âge de 12 ans», a dĂ©clarĂ© Razek dans une interview en France dans les annĂ©es 1960.
Autour de Razek se trouvait un groupe d’environ 60 assistants, qui dirigeait son entreprise dans le coin sud pour lui. Ils surveillaient les terres et collectaient l’argent des villageois. Il a lui-mĂŞme beaucoup voyagĂ© de Damas aux hauteurs du Golan pour superviser ses travailleurs et a visitĂ© les territoires que la famille dĂ©tenait dans le pays.
Teddy Kollek dans les annĂ©es 1930 // Photo: a. Oppenheim avec l’aimable autorisation de la photo
Il a nouĂ© des relations chaleureuses avec les membres des kibboutzim fondĂ©s dans la rĂ©gion Ă cette Ă©poque, comme Afikim (1932) et Ein Gev (1937). «C’Ă©tait un socialiste-marxiste dans l’âme», dit Muki Tzur (82 ans) Maayan Gev, «et en tant que tel, il voyait le kibboutz comme l’incarnation du socialisme». En 1934, il a demandĂ© au secrĂ©tariat du kibboutz Afikim d’ĂŞtre acceptĂ© comme membre d’un kibboutz, mais a Ă©tĂ© rejetĂ©, car il Ă©tait musulman.
Plus il tombait amoureux de l’idĂ©e du kibboutz, plus Razek Ă©tait exposĂ© aux principes du sionisme. Il commença bientĂ´t Ă s’intĂ©resser Ă l’histoire du peuple juif et Ă lire tous les livres qu’il pouvait obtenir sur ces sujets. Selon lui, il a trouvĂ© dans le sionisme la logique, la justice, la sagesse, la qualitĂ© idĂ©ologique et une vision optimiste de l’avenir, et a conclu que ce n’Ă©tait pas seulement l’accomplissement de la vision socialiste, Ă travers les kibboutzim, mais aussi l’exemple le plus tangible d’une rĂ©volution dans la vie des gens. Le sien, le rĂ©volutionnaire qui a rĂ©ussi Ă faire des tribus un peuple.
Dans les annĂ©es 1930, Razek a vendu une partie des terres de la famille Ă PIKA, la sociĂ©tĂ© juive de colonisation d’Eretz IsraĂ«l, fondĂ©e par le baron Edmund de Rothschild.
De plus, Razek a pris des contacts avec Yosef Nachmani, qui Ă©tait l’agent foncier du PIKA et de la JNF, et sur la mission de Nachmani, a persuadĂ© des connaissances et des familles arabes de vendre des terres aux Juifs.
 Plus tard, Mordechai Oren, l’un des dirigeants de Mapam, a dit Ă son ami : «Quand j’ai vendu la terre aux Juifs, je l’ai fait par vision. Je savais qu’un jour les Juifs gagneraient l’État et que les terres leur appartiendraient. « Il ne fait aucun doute que la carte des colonies juives en GalilĂ©e et dans la vallĂ©e du Jourdain aurait Ă©tĂ© complètement diffĂ©rente sans l’implication active de Razek ‘Abd al-Qader.
Conféré dans tout le pays. Une publicité pour la conférence de Razek
En juin 1941, lorsque les forces françaises libres rejoignirent les AlliĂ©s dans leur offensive contre l’armĂ©e de Vichy en Syrie, Razek les rejoignit immĂ©diatement. Il s’est battu contre les forces de Vichy et, après la conquĂŞte de la Syrie, a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© de son service. Pour son service, il a reçu le prix français « Lauren Cross ».
En 1943, Nakdimon Altshuler a Ă©tĂ© nommĂ© reprĂ©sentant du PIKA et de la JNF en Syrie. Les forces françaises libres, prenant le contrĂ´le de la Syrie, ont menĂ© une opĂ©ration d’enregistrement foncier (« Cadastre »). À Horen, on a estimĂ© que plus de 100 000 dunams appartenaient Ă des Juifs, bien que la zone soit vide de colons juifs : toutes les colonies juives Ă©tablies dans la rĂ©gion ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©es. Après l’abandon des Juifs, les terres sont restĂ©es vides et Rothschild les a rachetĂ©es et les a remises Ă PIKA.
Altshuler n’a pas aimĂ© l’arrivĂ©e de Horen aux yeux des Arabes locaux, qui ont refusĂ© de coopĂ©rer avec lui. Il s’est tournĂ© vers Teddy Kollek, le Mukhtar du kibboutz Ein Gev, qui a dĂ©veloppĂ© une relation chaleureuse avec les Arabes de Horen et le gouverneur syrien. Kollek a demandĂ© Ă Razek d’exercer ses bonnes relations Ă Damas et Ă Paris.
« Razek Ă©tait un bon ami Ă moi », a dĂ©clarĂ© Kollek plus tard. « Il a aidĂ© Ă adapter Nakdimon dans le Golan, puis je les ai rencontrĂ©s, et ils ont travaillĂ© ensemble. Lorsque les concours de rĂ©ussite de la mer de GalilĂ©e ont commencĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1940, j’ai invitĂ© Razek Ă participer. Il a Ă©tĂ© le premier Arabe Ă participer au succès compĂ©titif de la mer de GalilĂ©e. »
Afin d’Ă©tablir la propriĂ©tĂ© juive de la terre Ă Horen, Altshuler doit se familiariser avec les forces opĂ©rant dans le domaine des terres dans la rĂ©gion. Razek partagea avec lui sa connaissance approfondie des terres de Horen et, selon les tĂ©moignages ultĂ©rieurs de ses amis d’Ein Gev, il fut Ă©galement recrutĂ© par Altshuler dans le dĂ©partement syrien de Palmach, qui devint en 1943 le « dĂ©partement arabe ».
L’activitĂ© d’Altshuler dans la localisation et l’enregistrement des terres juives Ă Horen, avec l’aide de Razak, a Ă©tabli la propriĂ©tĂ© juive de ces terres, qui ont Ă©tĂ© officiellement enregistrĂ©es comme appartenant Ă PIKA.
Yohanan Sharet, l’ami de Migdal
DĂ©but avril 1946, les forces françaises en Syrie se sont effondrĂ©es et la Syrie a dĂ©clarĂ© son indĂ©pendance. Le lendemain, toutes les terres du pays ont Ă©tĂ© nationalisĂ©es. Les terres de la famille ‘Abd al-Qader dans le sud de Horan, ainsi que les terres qui appartenaient aux Juifs, Ă©taient inexistantes.
Razek a refusé de continuer à vivre sous le régime syrien. Il a trouvé refuge avec son bon ami Nicodemus Altshuler dans les rues et a vécu avec lui pendant plusieurs semaines. En juin 1946, à 32 ans, il quitte le pays pour la France. De là , il a continué à diriger son entreprise.
A Paris, il a Ă©tĂ© contactĂ© par des membres de LĂ©hi, qui ont agi depuis la France et la Belgique contre les Britanniques en Palestine, qui ont notamment envoyĂ© des lettres de menace et des enveloppes explosives au domicile des commandants de l’armĂ©e britannique.
Au dĂ©but de la guerre d’indĂ©pendance, Razek a dĂ©cidĂ© de rejoindre les combattants juifs en Palestine. Il a discutĂ© de la question avec des membres de LĂ©hi Ă Paris et a promis d’apporter avec lui une « dot » – ses trois frères, qui Ă©taient officiers de l’ArmĂ©e française libre. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a contactĂ© son ami Joshua (Josh) Falmon, directeur du DĂ©partement arabe de L’Agence juive, qu’il connaissait bien grâce Ă leur travail conjoint dans le dĂ©partement arabe du Palmach.
 Quelques mois plus tard, quand Falmon a rĂ©ussi Ă surmonter la bureaucratie et a obtenu la permission de Razek de rejoindre les combattants, IsraĂ«l a dĂ©clarĂ© son indĂ©pendance. Falmon a informĂ© Razek qu’il n’y avait pas besoin de volontaires supplĂ©mentaires pour l’armĂ©e hĂ©braĂŻque.
J’ai adorĂ© les paysages du nord. Razek aux chutes de Banias, 1943 // Photo: Kibbutz Weekly, Yad Tabenkin
En 1952, avec l’entrĂ©e d’Issar Harel au poste de chef du Mossad, il fait pression sur les membres de LĂ©hi pour qu’ils s’engagent dans le Mossad. Certains des amis de Razek en France se sont enrĂ´lĂ©s dans l’institution, et il les a aidĂ©s avec des renseignements, qu’il a recueillis dans le cadre de ses nombreuses relations.
En 1953, Razek a utilisĂ© ses relations avec Nakdimon Altshuler et ses amis dans la colonie ouvrière pour retourner en IsraĂ«l et faire du bĂ©nĂ©volat au kibboutz. Il est entrĂ© dans le pays avec son passeport français. Il a dit plus tard Ă son ami Yohanan Sharet qu’il cherchait un endroit « avec une idĂ©ologie socialiste claire et sans compromis. Son plan Ă©tait d’Ă©tudier la question des kibboutz en profondeur, de sorte que lorsque l’AlgĂ©rie obtiendrait son indĂ©pendance – il enseignerait la thĂ©orie du kibboutz et Ă©tablirait des cadres d’implantation identiques.
Il est arrivĂ© pour la première fois au kibboutz Reim dans le NĂ©guev et n’y est pas parvenu. Les membres du kibboutz lui ont recommandĂ© d’essayer le kibboutz Hatzor, oĂą il a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© avec succès. Et quand ses amis sont venus lui rendre visite, il a dit : « Je suis heureux, je suis enfin devenu partie prenante de l’accomplissement du rĂŞve socialiste-sioniste. Sans les kibboutzim, l’Etat d’IsraĂ«l n’aurait pas Ă©tĂ© Ă©tabli. »
MĂŞme alors, Razek a parlĂ© de la vision de la coopĂ©ration arabo-israĂ©lienne. «Lorsque l’Etat algĂ©rien sera Ă©tabli et que des kibboutz y seront Ă©tablis selon ma vision, IsraĂ«l et l’AlgĂ©rie entretiendront une Ă©troite amitié», a-t-il dĂ©clarĂ© Ă son ami Mizrahi Yosef Ginat.
Comme Ă Afikim, Ă Hatzor, Razek a tentĂ© d’ĂŞtre acceptĂ© comme membre d’un kibboutz, mais a Ă©tĂ© rejetĂ© parce qu’il Ă©tait musulman. Mais ici, une grande histoire d’amour est survenue entre lui et une nouvelle immigrante de Pologne, nommĂ©e Celina Kinstler, une jeune divorcĂ©e d’une vingtaine d’annĂ©es. Les connaissances la dĂ©crivent comme une grande fille, avec des cheveux blonds flottants et des yeux voilĂ©s.
Razek Ă©tait grand et trapu, avec des cheveux noirs et des yeux turquoise fascinants. «C’Ă©tait un soldat dans l’armĂ©e du monde», dit Batin Amir-Margalit, la veuve de feu l’Ă©crivain et Ă©diteur Aharon Amir, qui et son mari Ă©taient des amis proches de Razek. Propre, comme un officier de l’armĂ©e. «Â
Razek parlait couramment l’hĂ©breu, en plus de l’arabe et du français, et Ă©tait un excellent rhĂ©teur et penseur dans son âme. Jamais fatiguĂ© des conversations idĂ©ologiques sur le socialisme et le marxisme, qui ont charmĂ© le pèlerinage. Ses manières europĂ©ennes lui ont rappelĂ© son enfance et son adolescence en Pologne. Et il Ă©tait aussi un romantique sans espoir. Pendant des mois, il dĂ©posait une fleur sur le pas de la porte de CĂ©lina tous les matins, jusqu’Ă ce qu’elle soit enfin conquise par ses charmes.
«C’Ă©taient mes voisins», raconte une membre du kibboutz Hatzor, 80 ans. «Ils vivaient dans une petite hutte et Ă©taient collĂ©s l’un Ă l’autre comme un bouton et une fleur. Lors des discussions de potins pour le kibboutz, nous nous sommes demandĂ© comment elle avait choisi Brazak, qui avait au moins dix ans de plus qu’elle, de tous les prĂ©tendants qui l’accompagnaient tout le temps.
Partenaire de la rĂ©volution. Razek et Jozet avec Mordechai Oren (Ă gauche), l’un des dirigeants de Mapam, Kibbutz Hazorea, 1966 // Photo: Kibbutz Weekly Yad Tabenkin
Au dĂ©but de 1954, Razek estimait que la rĂ©volution musulmane en AlgĂ©rie Ă©tait imminente. L’armĂ©e française a perdu au Vietnam, et elle a prĂ©dit que le prochain en ligne pour l’indĂ©pendance serait la Tunisie, le Maroc et l’AlgĂ©rie. « Il est temps de passer Ă l’action », dit-il Ă son amant. En 1955, les deux emballèrent quelques affaires et partirent. Razek a rejetĂ© son offre de se rendre immĂ©diatement en Afrique du Nord et de rejoindre la rĂ©volution. Il a d’abord cherchĂ© Ă comprendre la ligne idĂ©ologique des dirigeants du Front de libĂ©ration nationale algĂ©rien (FLN), qui ont combattu l’armĂ©e française.
Les deux se sont rendus chez Razek Ă Nice et ont suivi les Ă©vĂ©nements. Après avoir reçu la plateforme politique et politique du FLN, ils ont dĂ©cidĂ© de le rejoindre. Razek savait que les autoritĂ©s françaises en AlgĂ©rie ne lui permettraient pas d’entrer dans le pays, il a donc dĂ©cidĂ© de rejoindre le FLN en Europe.
En 1956, Yitzhak Shamir, membre du Mossad, dĂ©barqua Ă Paris et commença Ă essayer de recruter des agents parmi les LĂ©his qu’il connaissait, qui vivaient en France Ă l’Ă©poque. Razek admirait Shamir et Shamir apprĂ©ciait grandement la contribution du musulman sioniste.
La mĂŞme annĂ©e, Razek et Celina ont dĂ©mĂ©nagĂ© en Allemagne de l’Est, oĂą ils ont créé un bureau d’intĂ©rĂŞt du FLN. Pourquoi les deux ont-ils choisi l’Allemagne de l’Est ? Des personnes bien informĂ©es affirment que l’objectif a Ă©tĂ© fixĂ© pour Razek par ses agents du Mossad, qui cherchaient Ă Ă©tendre leurs opĂ©rations en Europe de l’Est. Celina, qui a perdu sa famille pendant l’Holocauste, a dĂ©testĂ© l’Allemagne de tout son cĹ“ur mais a acceptĂ© de s’y installer «au nom de la rĂ©volution».
Aux fins du dĂ©mĂ©nagement, Razek a Ă©tĂ© contraint, pour la première (et dernière) fois de sa vie, de se marier, afin que Celina obtienne la nationalitĂ© française et puisse obtenir un visa d’entrĂ©e en Allemagne de l’Est. Ceci malgrĂ© son opposition idĂ©ologique Ă l’institution du mariage. Selon Yochanan Sharet, il disait que «se marier est bourgeois» et que «les enfants ne devraient pas ĂŞtre nĂ©s, parce qu’il y a dĂ©jĂ trop de monde dans le monde».
ArrivĂ©s Ă Berlin-Est, Razek et Celina ont commencĂ© la propagande sur la guerre d’AlgĂ©rie, se dirigeant vers la ligne nationaliste du FLN underground. La maĂ®trise des langues de Celina a Ă©tĂ© utile et elle a traduit les confĂ©rences de Razek du français vers l’allemand.
En 1958, Razek quitte Berlin et se rend en Tunisie pour rejoindre les combattants du FLN. La Tunisie Ă©tait dĂ©jĂ un État indĂ©pendant Ă l’Ă©poque et a aidĂ© la clandestinitĂ© algĂ©rienne. Des membres du mĂ©tro ont quittĂ© la Tunisie pour une action armĂ©e contre l’armĂ©e française en AlgĂ©rie. Razek, alors âgĂ© de 44 ans, n’a pas Ă©tĂ© enrĂ´lĂ© dans les combats, mais a reçu le titre de «gĂ©nĂ©ral de brigade» (idĂ©ologue) de la brigade, qui a fait la leçon aux soldats et renforcĂ© leur foi dans la justice de leur chemin.
Celina a continuĂ© Ă gĂ©rer les affaires du FLN Ă Berlin. Fin 1958, elle rejoint Razek. Puis, pendant plusieurs annĂ©es, elle a errĂ© entre la Tunisie, l’Allemagne et la France. Il n’est pas inconcevable qu’ils aient Ă©galement travaillĂ© Ă partir de ces endroits pour le Mossad.
En 1962, le premier livre de Razek, L’illusion de l’unitĂ© arabe et panarabe, a Ă©tĂ© publiĂ©. Ce fut l’une des rares fois oĂą une haute personnalitĂ© musulmane attaqua frĂ©nĂ©tiquement les rĂ©gimes arabes et les prĂ©senta comme corrompus, dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s et myopes. De plus, Razek a prĂ©sentĂ© IsraĂ«l sous un jour positif, a abondamment Ă©crit sur les nombreuses possibilitĂ©s inhĂ©rentes Ă la rĂ©conciliation entre le monde arabe et IsraĂ«l, et a accusĂ© les dirigeants arabes d’exploiter le conflit israĂ©lo-arabe pour dissimuler leurs Ă©checs.
Comme prĂ©vu, le livre a fait grand bruit dans le monde arabe. Razek ‘Abd al-Qader, la chair et le sang de la nation arabe, est devenu l’ennemi officiel du peuple, selon la dĂ©finition de la Ligue arabe. En Egypte, une « fatwa » a Ă©tĂ© Ă©mise (une dĂ©cision musulmane) qui interdisait Ă tout musulman de lire le livre, et donnait Ă l’avance le titre de « rassul » (messager) Ă quiconque voudrait Ă©liminer Razek. Lors de nombreuses confĂ©rences dans le monde arabe, les croyants ont jurĂ© de provoquer l’Ă©limination de «l’hĂ©rĂ©tique».
Razek passera les prochaines dĂ©cennies en cachette et en secret, se dĂ©plaçant d’un endroit Ă l’autre, d’un pays Ă l’autre. MĂŞme plusieurs annĂ©es après la publication de la fatwa, il craindra toujours pour sa vie. Ce n’est qu’à la fin de sa vie, en IsraĂ«l, que sa sĂ©curitĂ© lui reviendra.
En mars 1962, l’AlgĂ©rie accède Ă l’indĂ©pendance. Le Front national de libĂ©ration de l’AlgĂ©rie, le FLN, a pris le pouvoir et son chef, Ahmad bin Bela, a Ă©tĂ© Ă©lu son premier prĂ©sident. Razek et Celina, qui Ă©taient en France Ă l’Ă©poque, se sont prĂ©cipitĂ©s en AlgĂ©rie pour assister aux cĂ©lĂ©brations de la fĂŞte de l’indĂ©pendance. Ils ont immĂ©diatement obtenu la citoyennetĂ© et ont Ă©tĂ© reçus avec le respect des rois partout oĂą ils allaient, comme il sied au petit-fils du premier libĂ©rateur national algĂ©rien au XIXe siècle, Abd al-Qader al-Jaziri.
Peu de temps après, le nouveau prĂ©sident a commencĂ© Ă travailler pour restaurer l’ordre public, Ă diriger l’armĂ©e et Ă mener une sĂ©rie de rĂ©formes contraires aux vues de certains membres du parti. « Ce n’est pas Ă quoi devrait ressembler l’AlgĂ©rie indĂ©pendante », a dĂ©clarĂ© Razek. « La rĂ©volution n’est pas finie, elle ne fait probablement que commencer. »
Il est retournĂ© en France avec Celina, et ensemble ils ont commencĂ© Ă organiser la prochaine rĂ©volte – cette fois, contre leur ancien chef, le prĂ©sident Ben Bella. Au bout de quelques mois, ils se sont de nouveau rendus en AlgĂ©rie et, en quelques mois, nous avons organisĂ© un groupe d’environ 2 000 rebelles, la plupart d’anciens membres du FLN. Le 1er octobre 1963, ses hommes dĂ©clarent une rĂ©volte au pouvoir, mais le lendemain, ils sont attaquĂ©s par l’armĂ©e algĂ©rienne et la rĂ©volte est Ă©liminĂ©e. Razek et Celina ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s et jetĂ©s en prison.
L’identitĂ© israĂ©lienne de Celina a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e, et Razek a Ă©tĂ© dĂ©noncĂ© dans le monde arabe comme un « sioniste ». La Ligue arabe a publiĂ© une dĂ©claration contre lui, dĂ©clarant que « la vĂ©ritĂ© est sortie, maintenant la raison de son amour pour les sionistes est claire, et il est clair que tout ce qu’il a Ă©crit dans son livre est un mensonge ». Des affiches portant sa photo ont Ă©tĂ© collĂ©es dans toute l’AlgĂ©rie, avec les mots «TraĂ®tre ! Agent du sionisme et de l’impĂ©rialisme, l’ennemi n° 1 du peuple arabe».
Les amis du couple de la clandestinitĂ© du FLN, dont la plupart s’Ă©taient dĂ©jĂ installĂ©s dans des positions de pouvoir confortables en AlgĂ©rie, ont Ă©tĂ© choquĂ©s. Ils ont commencĂ© Ă faire pression sur le prĂ©sident pour qu’il pende les «traĂ®tres sionistes», et sans l’opposition du chef d’Ă©tat-major Boumedienne, qui craignait que la pendaison de citoyens français ne nuise Ă l’avancement des relations avec la France, Razek et CĂ©lina seraient pendus immĂ©diatement.
Diverses organisations françaises ont commencĂ© Ă faire pression sur l’AlgĂ©rie pour qu’elle libère les deux. Yitzhak Shamir Ă©tait un partenaire secret dans l’utilisation de la pression. Celina a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e au bout de quelques mois et Razek est restĂ© en prison pendant un an et un mois. Il a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en dĂ©cembre 1964, seulement après avoir signĂ© un engagement de ne plus retourner dans le pays. De prison, il a Ă©tĂ© conduit directement Ă l’aĂ©roport et sa nationalitĂ© algĂ©rienne lui a Ă©tĂ© rĂ©voquĂ©e lors d’une cĂ©rĂ©monie humiliante. Certains de ses amis FLN sont venus Ă l’aĂ©roport, lui ont crachĂ© dessus, l’ont insultĂ© et ont jurĂ© que «mĂŞme si cela prend des gĂ©nĂ©rations et des gĂ©nĂ©rations, nous prendrons soin de vous un jour».
Ă€ son retour en France, Razek a achetĂ© une ferme isolĂ©e Ă environ trois heures de Paris. Chacune des chambres de la ferme portait le nom d’une zone diffĂ©rente en IsraĂ«l, oĂą il vivait avec Celina et plusieurs amis de l’ère FLN qui, comme lui, prĂ©conisaient la destitution du prĂ©sident algĂ©rien. Chaque semaine, des invitĂ©s, des penseurs communistes et d’autres venaient Ă la ferme.
Le regrettĂ© Barami Lugassi d’Ein Gev, qui Ă©tait son ami proche et lui a rendu visite Ă la ferme, a dĂ©clarĂ© que «l’atmosphère y Ă©tait militaire. Les gens portaient des uniformes kaki, se promenaient avec des armes, gardaient, menaient une vie spartiate et avaient des conversations idĂ©ologiques dans la nuit. «Â
Peu de temps après l’installation du couple sur la ferme, Celina a exprimĂ© sa frustration Ă Razek. «Elle m’a dit qu’elle en avait assez des rĂ©volutions», a-t-il dĂ©clarĂ© dans des interviews qu’il a accordĂ©es aux mĂ©dias français. Un matin, elle a disparu, et depuis lors, ses traces sont inconnues. Quelques mois plus tard, une nouvelle femme entre dans la vie de l’infatigable rĂ©volutionnaire : Jozet Dodisco, dentiste juive, divorcĂ©e avec un enfant et de 20 ans plus jeune que lui. Le feu de la rĂ©volution l’a Ă©galement brĂ»lĂ©e et elle s’est assurĂ©e de porter des vĂŞtements kaki, Ă©galement dans la clinique dentaire oĂą elle travaillait dans leur appartement Ă Paris.
Razek a commencĂ© Ă se sentir plus confiant. La grande peur de l’assassinat dans sa vie s’est dissipĂ©e, suite au système de sĂ©curitĂ© qu’il s’Ă©tait construit Ă la ferme, et le nouveau partenariat lui a permis de reprendre l’Ă©criture de son deuxième livre. Dans ce livre, publiĂ© au dĂ©but de 1966 et intitulĂ© «Le conflit judĂ©o-arabe : Arabes et juifs face Ă l’avenir», Razek renonça Ă attaquer les rĂ©gimes arabes et se concentra sur l’analyse des sources du conflit entre les parties. «Les peuples arabes ne sont pas hostiles Ă IsraĂ«l», a-t-il Ă©crit, «le problème vient des dirigeants». Il a dĂ©taillĂ© une thĂ©orie tortueuse qu’il avait dĂ©veloppĂ©e concernant les possibilitĂ©s de restauration des relations entre juifs et arabes, Ă travers une reconnaissance partagĂ©e des thĂ©ories idĂ©ologiques.
Son deuxième livre n’a pas suscitĂ© autant d’agitation que le premier, mais lui a valu de nombreux fans, notamment en IsraĂ«l. DĂ©but juin 1966, il arrive en IsraĂ«l pour une sĂ©rie de confĂ©rences commandĂ©es par Mapam, avec Jozette,qui laisse son fils avec son ex-mari.
Razek a rencontré ses bons amis au kibboutz Ein Gev et a été chaleureusement accueilli. Chaque matin, lors de la préparation de sa prochaine conférence, Jozet prodiguait des soins dentaires aux membres du kibboutz.
C’Ă©tait un bon orateur, qui savait captiver ses auditeurs. Familier avec les enseignements des rĂ©volutionnaires, de Mao Tse Tong Ă Marx, des Anges Ă Che Guevara. Il avait des capacitĂ©s d’analyse impressionnantes des Ă©vĂ©nements et des processus et la capacitĂ© de prĂ©dire les dĂ©veloppements politiques et sociaux bien avant qu’ils ne se produisent.
Il avait l’habitude de diviser sa confĂ©rence en deux parties : dans la première partie, il parlait de «tous les droits du peuple juif sur la terre d’IsraĂ«l», soulignant que «le lien historique entre le peuple d’IsraĂ«l et la terre d’IsraĂ«l n’a pas besoin de preuve, car il existe depuis des milliers d’annĂ©es». Tant que c’est le cas, vous ne pourrez pas affaiblir le lien entre les gens et leur dĂ©pendance. «Â
Dans la deuxième partie, Razek a parlĂ© du monde arabe et des Ă©normes possibilitĂ©s inhĂ©rentes Ă la paix entre IsraĂ«l et ses voisins. Il pimentera ses propos avec des anecdotes intĂ©ressantes et amusantes tirĂ©es de son expĂ©rience de musulman qui va et vient entre les pays arabes et occidentaux. Il a rapidement gagnĂ© de nombreux fans Ă travers le pays et a Ă©tĂ© surnommĂ© «l’ami algĂ©rien».
MalgrĂ© cela, il a maintenu sa modestie. Ses connaissances disent qu’il ne s’est jamais vantĂ© ou qu’il Ă©tait arrogant, et les deux seules choses qu’il se permettait de sortir de sa silhouette sobre Ă©taient de boire du vin et son grand amour pour les femmes. «Il avait du style et il parlait Ă hauteur des yeux», dit Bettin Amir-Margalit. Rami Lugassi a dĂ©clarĂ© que « c’Ă©tait amusant de lui parler, ou simplement d’ĂŞtre Ă ses cĂ´tĂ©s. A la fin de chaque session, après les heures, je commençais dĂ©jĂ Ă attendre la prochaine session. »
Razek a Ă©tĂ© invitĂ© Ă des dizaines de confĂ©rences et d’Ă©vĂ©nements dans tout le pays. Il se sentait aimĂ©, voulu et Ă l’abri de tout mal. Ses confĂ©rences ont Ă©tĂ© largement couvertes dans la presse hĂ©braĂŻque et Ă©trangère, il a participĂ© Ă des programmes radiophoniques et a Ă©tĂ© invitĂ© en tant qu’invitĂ© d’honneur Ă divers Ă©vĂ©nements, tels que la ConfĂ©rence des immigrants algĂ©riens, un symposium sur l’avenir du mouvement ouvrier, la ConfĂ©rence des cellules arabes Histadrout, etc…
Au cours de cette pĂ©riode, une connexion s’est Ă©tablie entre lui et Aharon Amir, une connexion qui s’est dĂ©veloppĂ©e rapidement. Amir a invitĂ© Razek Ă Ă©crire pour « Keshet », un quart qu’il a Ă©ditĂ©, et l’a prĂ©sentĂ© au groupe « cananĂ©en », qui Ă©tait l’un de ses fondateurs. Les vues idĂ©ologiques des «CananĂ©ens» correspondaient pleinement aux vues de Razek : la Grande Terre d’IsraĂ«l, la sĂ©paration de la religion et de l’État, crĂ©ant une rĂ©volution qui apporterait une nouvelle culture, et plus encore.
Razek proposa Ă Jozette de rester dans l’Ĺ“il arrière, et elle accepta. Cependant, une lettre de son ex-mari, dans laquelle il Ă©crivait que son fils avait besoin d’elle, la fit rentrer en France en septembre 1966. Trois mois plus tard, Razek la rejoignit.
Il est retournĂ© seul en IsraĂ«l en 1968, pendant quatre mois, pendant lesquels il a continuĂ© Ă donner des confĂ©rences. Dans ses remarques, il a rejetĂ© le concept de «territoires pour la paix», qui Ă©tait rĂ©pandu Ă la suite de la guerre des Six jours, et a affirmĂ© que «c’est une idĂ©e dĂ©faitiste». Il a mĂŞme invitĂ© des guides touristiques dans les hauteurs du Golan (maintenant gouvernĂ© par IsraĂ«l) qui ne connaissaient pas la rĂ©gion.
En 1975, il retourne Ă nouveau en IsraĂ«l, en tant qu’invitĂ© d’honneur au Congrès mondial des MaghrĂ©bins. Lors de la soirĂ©e d’ouverture, qui s’est tenue dans les bâtiments du pays avec la participation de milliers de personnes, il a dĂ©clarĂ© dans son discours : « MĂŞme si les dirigeants de tous les pays arabes viennent demain et acceptent la paix avec IsraĂ«l en Ă©change de concessions de sa part – IsraĂ«l ne doit pas abandonner « Du Nil Ă l’Euphrate – il a dĂ©jĂ fait toutes les concessions possibles. » Les milliers de personnes prĂ©sentes dans la salle l’ont longtemps applaudi.
Au cours des annĂ©es 1970 et 1980, Josette et Razek ont ​​dĂ©mĂ©nagĂ© en France Ă plusieurs reprises. Une partie du temps, ils vivaient dans le modeste appartement de Josette Ă Paris, qui servait Ă©galement de clinique dentaire, et Ă d’autres moments, ils s’isolaient dans des endroits reculĂ©s, comme des cabanes forestières. Leur dernier lieu de rĂ©sidence Ă©tait dans une forĂŞt près de Nice. LĂ , un matin de novembre 89, Jozette meurt d’un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral Ă l’âge de 55 ans.
Sa mort a frappĂ© Ă Razek. Il avait 75 ans Ă l’Ă©poque et ses amis disent que c’Ă©tait la première fois qu’il avait l’air faible, confus et perdu. Jozette n’Ă©tait pas seulement une Ă©pouse mais aussi un partenaire Ă part entière dans son chemin idĂ©ologique. Vers la fin de 1990, solitaire et Ă©puisĂ©, il rangea certaines de ses affaires dans sa voiture Opel Ascona et partit de Nice Ă Marseille. LĂ , il est montĂ© Ă bord, avec son vĂ©hicule, du navire qui a naviguĂ© vers HaĂŻfa. De HaĂŻfa, il s’est rendu Ă Ein Gev et, tard dans la nuit, il a frappĂ© Ă la porte de Rami Lugassi.
Pourquoi est-il venu en IsraĂ«l, vers la fin de la huitième dĂ©cennie de sa vie ? Peut-ĂŞtre parce qu’il sentait que ses jours allaient s’Ă©couler et qu’il voulait les dĂ©placer vers son endroit prĂ©fĂ©rĂ©, près de la mer de GalilĂ©e et devant les hauteurs du Golan. Peut-ĂŞtre parce qu’il n’a plus de parents en France. Peut-ĂŞtre parce qu’il craignait que sans Jozette, qui le soutenait depuis tant d’annĂ©es, il ne soit dĂ©passĂ© par ses poursuivants, qui juraient de l’Ă©liminer. Et peut-ĂŞtre qu’il s’est appauvri, après des dĂ©cennies au cours desquelles il a consacrĂ© sa vie et toutes les richesses qu’il avait accumulĂ©es Ă la rĂ©volution.
Les vieux amis d’Ein Gev Ă©taient heureux de voir Razek, mais le kibboutz Ă©tait dĂ©jĂ dirigĂ© par des jeunes et il sentait qu’il n’Ă©tait plus voulu. Un de ses amis, Yossi Fogel, a contactĂ© la famille Gotschlak Ă Moshava Migdal sur les rives de la mer de GalilĂ©e – une famille de chrĂ©tiens qui aiment IsraĂ«l et qui se sont convertis au judaĂŻsme.
Vers avril 1991, Razek a Ă©tĂ© invitĂ© Ă vivre chez un mĂ©decin de la colonie de Migdal, qui avait immigrĂ© en IsraĂ«l depuis la France peu de temps auparavant. Elle lui a permis de mettre dans la cour de sa maison une roulotte qu’il avait achetĂ©e, qui Ă©tait reliĂ©e au rĂ©seau d’Ă©lectricitĂ© et d’eau de sa maison. Il a couvert les murs de la caravane avec des photos de personnes qu’il admirait: Yitzhak Shamir, Yigal Alon et Yitzhak Sadeh, ainsi que Che Guevara, Fidel Castro, Mao Tessa Tong, Engels et Marx. Et bien sĂ»r, des photos de son amante, Jozette.
Peu de temps après l’arrivĂ©e de Razek en IsraĂ«l, une rĂ©union a Ă©tĂ© organisĂ©e entre lui et le Premier ministre Shamir dans son bureau Ă Tel Aviv. « Il y avait une grande excitation dans l’air », raconte Yochanan Sharet, qui a accompagnĂ© la rencontre. « Shamir, qui Ă©tait connu pour ĂŞtre sobre, a souri d’une oreille Ă l’autre tout au long de la conversation, qui s’est dĂ©roulĂ©e en français. Ils ont partagĂ© des souvenirs de leurs jours Ă Paris et ont parlĂ© de politique et de politique. Après environ une demi-heure, Razak a dit Ă Shamir qu’il ne voulait plus perdre de temps, et la rĂ©union s’est terminĂ©e. »
Après la rĂ©union, Shamir a ordonnĂ© Ă Mordechai Tzipori, le directeur gĂ©nĂ©ral de l’Institut national d’assurance Ă l’Ă©poque, de rencontrer Razek Ă son domicile et de vĂ©rifier personnellement comment un «ami des armes» pourrait ĂŞtre aidĂ©, comme Shamir l’a dĂ©fini.
MĂŞme après avoir terminĂ© son mandat de Premier ministre, Shamir a travaillĂ© pour faire de Razak un citoyen israĂ©lien. En effet, au dĂ©but de 1994, Razek a Ă©tĂ© informĂ© qu’il recevrait le statut de civil. Pendant de longs jours avant la date Ă laquelle il Ă©tait invitĂ© Ă la section du ministère de l’IntĂ©rieur Ă TibĂ©riade, il se posait la question de savoir quel nom hĂ©breu il choisirait pour lui-mĂŞme. «Pour une raison quelconque, il pensait que selon la loi israĂ©lienne, il ne pouvait pas changer son prĂ©nom mais seulement son nom de famille», dit Yochanan Sharet. « Quand il est devenu clair pour lui qu’il pouvait aussi changer de prĂ©nom, sa joie Ă©tait sans fin. Il m’a dit : je peux enfin couper ma queue arabe, qui me poursuit depuis toutes ces annĂ©es. »
Ce n’est qu’en se rendant au ministère de l’IntĂ©rieur Ă TibĂ©riade que Razak informa le serviteur du nom qu’il s’Ă©tait choisi. « PrĂ©nom – Dov, parce qu’il indique la force ; nom de famille – Golan, parce que c’Ă©tait sa rĂ©gion prĂ©fĂ©rĂ©e du pays. »
Le 16 fĂ©vrier 1994, un nouveau citoyen du nom de Dov Golan a Ă©tĂ© enregistrĂ© en IsraĂ«l, numĂ©ro d’identification 309656478. Nom du père, tel qu’il figure sur le certificat : Said. Nom de la mère : Hosnia. Date de naissance : 13 octobre 1914. « Ce fut le plus beau jour de ma vie », a dĂ©clarĂ© Razek / Golan Ă Sharett.
Peu de temps après que Razek ait apportĂ© sa caravane Ă la tour, Jonathan Gotschalk l’a dĂ©placĂ© Ă cĂ´tĂ© de la maison de sa famille. «Nous avons dĂ©veloppĂ© une profonde amitié», dĂ©clare Gotschalk, 50 ans. «Il est devenu un membre de la famille avec nous. Bien que les diffĂ©rences de pensĂ©e entre nous soient profondes – il Ă©tait un communiste dans ses opinions, qui dĂ©finissait la religion comme      « l’opium pour les masses » et s’opposait au mariage et Ă l’accouchement, et je suis un religieux national, Mais nous nous entendions Ă merveille. «Â
«Nous le rencontrions presque tous les soirs dans la caravane et parlions beaucoup. Il parlait couramment l’hĂ©breu et Ă©tait une personne très sociable et calme. Je ne l’ai jamais vu en colère. De temps en temps, il parlait de son dĂ©sir pour Jozette. Pendant la journĂ©e, il Ă©tait occupĂ© Ă jardiner et Ă organiser la caravane, Ă faire beaucoup de sport « Il lisait beaucoup et Ă©coutait de la musique. Il ne nous a jamais rien demandĂ©. »
Yad a disparu, craignant de payer la taxe foncière, l’eau, l’Ă©lectricitĂ© et les factures de tĂ©lĂ©phone de Razek. Il ne s’associa pas beaucoup avec les habitants de la colonie, mais avec l’un d’eux, John Sharett, trouva beaucoup de points communs. Sharett, lui aussi, Ă©tait imprĂ©gnĂ© de ferveur idĂ©ologique et parlait français. Une amitiĂ© courageuse s’est dĂ©veloppĂ©e entre les deux.
La rumeur selon laquelle Razek Ă©tait dans le pays s’est rapidement rĂ©pandue parmi ses vieux amis, qui ont commencĂ© Ă venir lui rendre visite. Il les a tous reçus avec des yeux brillants. Dans les rĂ©unions, qui duraient parfois jusqu’aux petites heures de la nuit, il parlait toujours de rĂ©volutions et de sionisme.
« Je venais lui rendre visite de temps en temps », a dĂ©clarĂ© feu Yossi Fogel, son ami Ein Gev. « Il n’y a pas eu une seule fois oĂą il n’a pas sorti une bouteille de vin. Il a parlĂ© du marxisme et du socialisme dans le mĂŞme pathĂ©tique qu’avant, et a analysĂ© en profondeur des mouvements qui avaient depuis longtemps perdu leur pouvoir. Il entrait en transe, se levait et parlait sur le ton d’une confĂ©rence, fermant parfois les yeux.
« Avec une chose, je ne pouvais m’empĂŞcher d’ĂŞtre d’accord avec lui – l’Ă©loge du mouvement sioniste. Il a toujours dit que le sionisme avait rĂ©volutionnĂ© une rĂ©gion de fĂ©odalisme arabe arriĂ©rĂ© et Ă©tabli un paradis en IsraĂ«l. Je le regarderais avec Ă©tonnement Ă chaque fois et me disais : Ce pieux sioniste ? «Â
De temps en temps, comme dans les pĂ©riodes prĂ©cĂ©dentes oĂą il vivait en IsraĂ«l, Razek faisait ses valises et partait – parfois dans sa voiture, et parfois dans les voitures de personnes qui venaient le chercher. Il n’a jamais dit oĂą il allait. La famille Gutschalk et ses amis proches n’ont jamais tentĂ© de dĂ©chirer le voile de mystère qui l’entourait. Ils en savaient peu sur son passĂ© sĂ©curitaire, Ă cause des longues conversations avec lui. Rami Logsi a dĂ©clarĂ© qu’une fois, tard dans la nuit, Razek lui a dit : « Je travaille pour IsraĂ«l. »
Le jeudi 6 aoĂ»t 1998, des membres de la famille Gotschalk ont ​​remarquĂ© que Razek ne leur rendait pas visite depuis plusieurs jours. Un des membres de la famille s’est rendu Ă sa caravane et a frappĂ© Ă la porte, mais il n’y a pas eu de rĂ©ponse. Après avoir appelĂ© plusieurs fois son nom, il a essayĂ© d’ouvrir la poignĂ©e de la porte, mais la porte Ă©tait verrouillĂ©e. Quelques heures plus tard, l’homme est retournĂ© Ă la remorque et n’a pas reçu de rĂ©ponse.
Il entendit de l’eau courante dans la douche et pensa que Razek prenait une douche. Quand il est revenu plus tard dans la soirĂ©e, on entendait encore de l’eau courante, puis ses soupçons ont surgi. Il a appelĂ© plusieurs membres de la famille et, ensemble, ils ont enfoncĂ© la porte.
La remorque Ă©tait bien rangĂ©e, mais Razek n’avait aucune trace. Lorsqu’ils sont allĂ©s ouvrir la petite porte de la douche, ils ont remarquĂ© qu’elle Ă©tait bloquĂ©e de l’intĂ©rieur. Après avoir enfoncĂ© la porte, ils ont Ă©tĂ© stupĂ©faits de le trouver allongĂ© sur le sol, sans vie. La police et la MDA ont Ă©tĂ© appelĂ©es, et un mĂ©decin a dĂ©terminĂ© son dĂ©cès. Le certificat de dĂ©cès indique, dans la section des causes du dĂ©cès : un poignet cassĂ©.
Après avoir appris sa mort, Yochanan Sharet a informĂ© ses amis que Razek avait demandĂ© « de ne pas ĂŞtre enterrĂ© en tant que musulman dans un cimetière arabe, mais seulement dans un cimetière juif – au kibboutz Afikim, si possible ». Exactement 64 ans après avoir demandĂ© au secrĂ©tariat du kibboutz d’ĂŞtre acceptĂ© en tant que membre du kibboutz et rejetĂ© parce qu’il Ă©tait musulman, Dov Golan a Ă©tĂ© inhumĂ© au cimetière Afikim.Â
Mizrahi Yossi Ginat lui a rendu hommage : «Pendant tant d’annĂ©es, mon cher ami Razek ‘Abd al-Qader, Dov Golan, vous vouliez ĂŞtre acceptĂ© ici en tant que membre d’un kibboutz.
Razek ‘Abd al-Qader, qui appartenait Ă Dov Golan, est mort sans enfant Ă l’âge de 83 ans. L’histoire de sa vie a Ă©tĂ© rapidement emportĂ©e. Il n’a jamais reçu le respect qu’il mĂ©rite pour ses actions envers l’État d’IsraĂ«l.
« Razek Ă©tait l’un des plus grands amis de l’Etat d’IsraĂ«l », dĂ©clare le Dr Yosef Sharvit du DĂ©partement d’histoire israĂ©lienne et de la communautĂ© juive contemporaine de l’UniversitĂ© de Bar-Ilan. « La recherche devrait ĂŞtre consacrĂ©e Ă son travail spĂ©cial dans l’entreprise sioniste. » Il n’a jamais rien demandĂ© en Ă©change de ses services. Peur qu’ils disent qu’il aide IsraĂ«l pour la cupiditĂ© de l’argent. Pour lui, cela faisait partie intĂ©grante de l’accomplissement de sa mission sioniste.  »Â















