Russie : Le tribunal a reportĂ© d’un mois la dĂ©cision dans l’affaire de l’Agence juive

Le procès contre l’Agence juive en Russie s’est ouvert ce matin (vendredi) Ă  Moscou, et après une courte audience, le juge a ordonnĂ© le report d’autres audiences dans l’affaire d’un mois, arguant que les avocats de l’agence devraient ĂŞtre autorisĂ©s Ă  Ă©tudier les documents prĂ©sentĂ© par le ministère russe de la Justice.

Andrey Grishev, l’un des avocats reprĂ©sentant l’agence dans le processus, a dĂ©clarĂ© après l’audience qu' »il y a de l’espoir pour un compromis qui sera atteint dans le mois prochain, j’espère que tout ira bien mĂŞme si tout ne dĂ©pend pas de nous ».

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Au centre de l’affaire se trouve une affirmation russe selon laquelle l’Agence juive collecte illĂ©galement des informations sur des citoyens russes en un mois. L’Agence juive a demandĂ© au tribunal un report de deux mois, le ministère russe de la Justice s’y est opposĂ© et un report d’un mois a finalement Ă©tĂ© approuvĂ©.

Un responsable politique a dĂ©clarĂ© Ă  « Israel Hayom » : « D’une part, le report de l’audience est positif car le tribunal aurait pu faire avancer la procĂ©dure dès aujourd’hui, puis il est tout Ă  fait clair qu’elle aurait progressĂ© dans un sens nĂ©gatif. Le report pendant un mois donne la possibilitĂ© de poursuivre les tentatives de rĂ©solution de la crise par des canaux supplĂ©mentaires.

« En revanche, le fait que le juge ait rejetĂ© la demande de l’agence d’une procĂ©dure de mĂ©diation qui aurait durĂ© deux mois, et refusĂ© d’imposer la procĂ©dure aux parties, est un signe moins encourageant. Au bout du compte, s’il faut peser toutes les donnĂ©es, on peut dire qu’il y a de la place pour un optimisme très, très prudent – mais Ă  ce stade Pas au-delà », a dĂ©clarĂ© la source.

En IsraĂ«l, ils affirment que les informations que l’agence collecte sont insignifiantes et qu’il s’agit de numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone, d’adresses e-mail et d’Ă©lĂ©ments similaires de Juifs qui souhaitent immigrer en IsraĂ«l ou participer aux activitĂ©s de l’agence. Une dĂ©lĂ©gation israĂ©lienne composĂ©e principalement d’avocats et qui a rencontrĂ© des responsables du ministère russe de la Justice a proposĂ© plusieurs solutions techniques pour garantir que l’agence rĂ©ponde Ă  toutes les exigences de la loi russe, mais n’a pas reçu de rĂ©ponse claire Ă  ses propositions.

L’hypothèse de travail en IsraĂ«l est qu’il s’agit d’une crise politique initiĂ©e qui ne peut ĂŞtre rĂ©solue qu’au plus haut niveau, et non d’une crise juridique comme le prĂ©tendent les Russes. L’activitĂ© de l’agence en Russie a toujours reçu un regard critique en raison de l’affirmation selon laquelle elle encourage la fuite des cerveaux du pays, mais on ne sait pas ce qui a poussĂ© les Russes Ă  faire exploser l’affaire tout Ă  l’heure.

Selon les estimations qui prĂ©valent, cela est dĂ» au mĂ©contentement face Ă  la position d’IsraĂ«l par rapport Ă  la guerre en Ukraine, au mĂ©contentement face Ă  l’Ă©tendue des activitĂ©s de Tsahal en Syrie, Ă  la frustration face au retard dans le transfert du complexe Alexander Court Ă  JĂ©rusalem Ă  la propriĂ©tĂ© russe, ou une combinaison de tout ou partie de ces facteurs.

Un responsable politique qui s’est entretenu avec Israel Hayom la semaine dernière a Ă©voquĂ© la conversation entre le prĂ©sident Yitzhak Herzog et le prĂ©sident russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle le sujet de l’agence a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©, et la dĂ©claration que les Russes ont publiĂ©e après. La source a dĂ©clarĂ© que « bien qu’il soit encore très tĂ´t pour dĂ©terminer comment la crise se terminera, le libellĂ© de la dĂ©claration du Kremlin comprenait des formulations positives non triviales ».

La source signifiait la mention sympathique des Juifs comme une partie importante de l’hĂ©ritage et de la culture russes, en plus de la mention de leur rĂ´le dans la victoire de l’ArmĂ©e rouge sur les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. « Dans le contexte de la guerre en Ukraine, oĂą Poutine essaie de dĂ©peindre l’autre camp comme un nĂ©o-nazi, on peut supposer que cette mention n’est pas accidentelle et qu’elle a un sens, mĂŞme s’il est impossible de dĂ©terminer Ă  l’heure actuelle que la crise est en passe de trouver une solution. »

La source a Ă©galement dĂ©clarĂ© que du point de vue des Russes, le fait mĂŞme que le prĂ©sident Herzog ait entamĂ© une conversation avec Poutine alors que Moscou est diplomatiquement isolĂ©e presque partout dans le monde est une rĂ©ussite en soi, qui est encore plus forte Ă  la lumière du fait que les deux dirigeants n’ont pas abordĂ© la question de la guerre avec l’Ukraine au cours de leur conversation.

En IsraĂ«l, on pense que la dĂ©cision du juge ne sera pas dĂ©terminĂ©e dans la salle d’audience, mais conformĂ©ment Ă  un ordre d’en haut qui viendra du Kremlin ou d’une autre autoritĂ© de haut rang. Le Premier ministre Yair Lapid a prĂ©cisĂ© immĂ©diatement après le dĂ©clenchement de la crise que la cessation des activitĂ©s de l’agence en Russie aurait des consĂ©quences sur les relations avec IsraĂ«l et a chargĂ© le ministère des Affaires Ă©trangères de prĂ©parer une sĂ©rie de mesures de rĂ©ponse possibles.