Interrogé trois fois : Mamdani refuse d’exiger la démission d’une démocrate ayant fait la promotion de « The International Jew »

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a refusé lundi de répondre aux questions concernant une responsable démocrate de Brooklyn ayant fait la promotion de l’ouvrage antisémite de Henry Ford, « The International Jew », et ayant attribué à des « sionistes » la responsabilité d’un litige immobilier personnel.

En marge d’un événement sans rapport dans le Queens, le maire a refusé à trois reprises de répondre lorsque des journalistes de Jewish Insider l’ont interrogé sur le cas de Carmella Charrington, élue en juin au poste, non rémunéré mais influent, de « district leader » démocrate à Brooklyn. Cette fonction locale permet notamment de peser sur le choix du président du parti ainsi que sur les candidatures judiciaires au sein de la circonscription.

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Une vidéo controversée relayée l’automne dernier

Selon les révélations initiales de Jewish Insider, Carmella Charrington avait partagé l’automne dernier sur Instagram une vidéo faisant la promotion de la tristement célèbre série de brochures publiées dans les années 1920 par le fondateur de la Ford Motor Company, Henry Ford. Ce texte, connu sous le nom de « The International Jew », attribue aux Juifs la responsabilité d’une multitude de maux sociétaux, allant de l’esclavage à la propagation de l’alcool et de la drogue.

L’affaire Charrington avait initialement attiré l’attention de figures marquantes de la branche new-yorkaise des Democratic Socialists of America, dont le conseiller municipal Chi Osse, arrêté lors d’une manifestation de soutien organisée sur le terrain du litige immobilier de l’élue. Ce même dossier avait d’ailleurs poussé Zohran Mamdani à créer un nouveau bureau municipal dédié à la prévention des vols d’actes de propriété. Le sénateur d’État Jabari Brisport et le candidat à l’Assemblée Eon Huntley avaient également apporté leur soutien à la candidature de Carmella Charrington au poste de district leader. Tous trois avaient toutefois condamné, à l’époque, le partage de la vidéo sur « The International Jew ».

Des propos renouvelés contre les « sionistes »

Plus récemment, Carmella Charrington est revenue sur le devant de la scène en accordant un entretien à une personnalité égyptienne des réseaux sociaux, au cours duquel elle a établi un parallèle entre son propre litige immobilier et la situation en Cisjordanie, déclarant que des « sionistes » étaient responsables de ce qui lui arrivait et que « c’est la même chose » que ce qui se passerait, selon elle, en Judée-Samarie.

Ces déclarations interviennent alors que Carmella Charrington avait déjà, par le passé, tenu des propos hostiles envers un journaliste de Jewish Insider, lui lançant à plusieurs reprises d’aller « chercher son rabbin », et s’en prenant également aux acheteurs juifs de la maison au cœur du litige ainsi qu’au juge, lui aussi juif, qui l’avait placée en détention à Rikers Island pour outrage à la cour.

Face à la pression médiatique, le bureau du maire a fini par publier, plus tard dans la journée de lundi, une déclaration dans laquelle Zohran Mamdani affirme que « suggérer qu’un prétendu vol d’acte de propriété à Brooklyn s’inscrit dans une conspiration mondiale impliquant des personnes juives relève d’un antisémitisme flagrant et répréhensible ». Cette déclaration n’a toutefois pas répondu à la question de savoir si le maire estimait que Carmella Charrington devait démissionner de son poste de district leader, une question restée sans réponse malgré les relances des journalistes.

Le silence prolongé de Zohran Mamdani sur ce dossier précis contraste avec sa promptitude, dans d’autres circonstances, à condamner fermement certaines dérives au sein de son propre camp politique, ce qui alimente aujourd’hui les interrogations sur la cohérence de sa ligne face à l’antisémitisme au sein du Parti démocrate new-yorkais.

Sur des sujets liés à Zohran Mamdani et aux tensions au sein de la communauté juive de New York, nos lecteurs peuvent consulter Même des rabbins libéraux ne veulent plus de Mamdani : « Stop à la diabolisation d’Israël », ainsi que « NOUS SOMMES EN EXIL » : le Rabbi de Satmar réprimande les Juifs pour leurs attaques contre Mamdani.