Sommes nous en danger chez soi ? 80.000 bâtiments en IsraĂ«l doivent ĂŞtre dĂ©molis avant qu’ils ne s’effondrent

Environ 80 000 immeubles comptant environ 300 000 appartements ont été construits avant les années 1950 et devront subir des démolitions et des reconstructions dans les années à venir.

Ces donnĂ©es figurent dans un document officiel dans lequel des experts de l’Association des entrepreneurs ont Ă©valuĂ© les besoins de planification et de construction en IsraĂ«l. Le document a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© en 2017 et envoyĂ© Ă  Avigdor Yitzhaki, qui Ă©tait Ă  l’Ă©poque chef du personnel du logement au ministère des Finances.

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Derrière les chiffres, il y a une Ă©valuation par les ingĂ©nieurs de l’association que l’Ă©tat des vieux bâtiments est vĂ©tuste, et qu’ils pourraient mettre en danger les occupants. Ce chiffre inquiĂ©tant n’a pas fait bouger le gouvernement Ă  l’Ă©poque, et encore aujourd’hui il n’y a pas de vraie solution Ă  ces structures autres que les procĂ©dures TMA 38 ou l’Ă©vacuation des chantiers qui avancent paresseusement.

Selon le superviseur de la municipalitĂ© de Holon : « Quand il y a une très petite fissure, il est facile de dĂ©clarer le bâtiment dangereux, mais nous ne soumissionnons que si la structure est vraiment dangereuse. Chaque ville a une politique diffĂ©rente, il n’y a pas de lĂ©gislation ordonnĂ©e. »

Les bâtiments sont particulièrement dangereux ceux construits le long de la plaine cĂ´tière entre Nahariya et Ashkelon. En raison de la proximitĂ© de la mer, l’air est humide et lorsqu’il rencontre le fer qui forme de la corrosion dans les fondations des bâtiments, le diamètre des barres de fer est rĂ©duit et au fil des annĂ©es elles ont du mal Ă  supporter le poids du bâtiment.

Le problème est grave en raison des dĂ©cennies qui se sont Ă©coulĂ©es depuis la construction de ces bâtiments, mais aussi parce que dans ces annĂ©es-lĂ , les normes de construction Ă©taient plus lĂ©gères par rapport aux normes d’aujourd’hui. Par exemple, selon la norme, le bĂ©ton est aujourd’hui beaucoup plus dense que le bĂ©ton utilisĂ© pour la construction dans la première dĂ©cennie de l’État.

La solution Ă©vidente Ă  ce problème, une solution qui aurait pu empĂŞcher l’effondrement du bâtiment Ă  Holon, est d’inspecter les bâtiments une fois toutes les quelques dĂ©cennies et de les renforcer si nĂ©cessaire.

Dans de nombreux pays du monde, toutes les quelques décennies, les propriétaires sont invités à inspecter leurs systèmes de construction et leurs fondations. Un tel test, selon les experts, coûte au plus quelques milliers de shekels et peut sauver des millions de shekels et, bien sûr, des vies humaines. Le maire de Givatayim, Ran Konik, a publié hier un message sur Facebook avec une proposition dans le même esprit.

Mais la loi israĂ©lienne ignore le problème. Bien que l’Ordonnance sur les municipalitĂ©s stipule que la municipalitĂ© est celle qui supervise les bâtiments qui s’y trouvent, la loi ne dĂ©finit pas par quels moyens les municipalitĂ©s supervisent et Ă  quelle frĂ©quence.

Le maire de Holon Moti Sasson à côté d'un immeuble effondré / Photo : Municipalité de Holon

« Il est clair que les propriĂ©taires fonciers ont une responsabilitĂ© directe. Mais l’autoritĂ© locale, le chef de l’autoritĂ© et l’ingĂ©nieur de l’autoritĂ© ont Ă©galement une responsabilitĂ© personnelle », explique Raul Srugo, prĂ©sident de l’Association des constructeurs de terrains. « Aujourd’hui, les autoritĂ©s ferment les yeux, elles ont peur de vĂ©rifier que s’ils vĂ©rifient, ils trouveront des rĂ©sultats terribles et ils devront trouver des solutions de logement pour les personnes ainsi qu’une solution pour dĂ©molir le bâtiment et le reconstruire.

L’enquĂŞte Calcalist montre qu’Ă  travers les arrĂŞtĂ©s municipaux, les municipalitĂ©s s’autorisent Ă  dĂ©clarer un bâtiment dangereux, ordonnent aux propriĂ©taires de le rĂ©nover, et en cas de danger immĂ©diat elles sont autorisĂ©es Ă  ordonner son Ă©vacuation. La loi leur permet mĂŞme de poursuivre les propriĂ©taires de la propriĂ©tĂ© dangereuse s’ils n’ont pas agi conformĂ©ment aux directives municipales. Le problème est que l’inspection des bâtiments se fait de manière alĂ©atoire et non systĂ©matiquement et gĂ©nĂ©ralement seulement après rĂ©ception d’une demande par la municipalitĂ©.

L’inspection montre qu’Ă  Holon, oĂą 195 000 habitants vivent, un immeuble s’est effondrĂ© cette semaine, il y a 30 bâtiments qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis comme dangereux. L’ingĂ©nieur Ariel Kamert, directeur de l’inspection de la municipalitĂ©, a dĂ©clarĂ© Ă  Calcalist : « Une structure est dĂ©finie dangereuse mĂŞme s’il y a des retombĂ©es de pièces en bĂ©ton, je n’ai aucun cas oĂą je peux dire que le bâtiment va s’effondrer. La dĂ©claration d’un bâtiment comme dangereux varie d’une commune Ă  l’autre.

Par exemple, Ă  Tel-Aviv, oĂą 450 000 habitants vivent, il y a une liste de 683 bâtiments dangereux, Ă  Bat Yam, oĂą 128 000 habitants vivent, il y a environ 900 bâtiments l’annĂ©e dernière qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis comme dangereux. Au cours de l’annĂ©e, 300 bâtiments ont Ă©tĂ© retirĂ©s de la liste des bâtiments dĂ©clarĂ©s. Parce qu’ils n’ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s dangereux qu’en raison de dĂ©fauts mineurs.