« Le soutien affectif et psychologique a disparu des services offerts par Israël aux nouveaux immigrants »

L’ONG « Chaim Shel Tova » (Heb: vie de bontĂ©), qui a travaillĂ© ces dernières annĂ©es pour aider les familles des Olim en IsraĂ«l, en particulier en JudĂ©e et Samarie, a toujours dit que le soutien affectif et psychologique pour les nouveaux Olim est très important, ajoutant qu’aujourd’hui, il a disparu des services offerts aux nouveaux arrivants.

« Le processus de l’Aliyah peut ĂŞtre très complexe et dĂ©courageant », explique le Rav Natan Shelo, qui est aussi le rabbin de Mevot Yericho dans la vallĂ©e du Jourdain.

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« Une personne quitte son emploi, sa sociĂ©tĂ© et son statut social. En outre, le choc culturel, les habitudes Ă©trangères, la difficultĂ© Ă  ajuster, et d’autres questions sont susceptibles d’augmenter le stress. Un couple qui a du mal Ă  trouver du travail en IsraĂ«l pourrait Ă©prouver la dĂ©ception, la colère et la frustration.

Si, dans leur pays d’origine des membres de la famille occupaient des emplois bien rĂ©munĂ©rĂ©s, le nouveau besoin de recevoir une aide financière est non seulement important dans cette crise Ă©conomique, mais aussi un apport Ă©motionnel. Dans de tels cas, l’aide Ă  la famille se compose de trois Ă©lĂ©ments: la fourniture pour les besoins Ă©conomiques, aider Ă  trouver du travail, et fournir des sessions thĂ©rapeutiques nĂ©cessaires pour aider les membres de la famille Ă  surmonter les problèmes Ă©motionnels ».

Devorah (pseudonyme et sans lien avec la photo), qui est venue en IsraĂ«l, il y a quatre ans depuis la Belgique, est l’un de ces Olah. Elle a grandi en IsraĂ«l, oĂą elle a rencontrĂ© son mari, un Oleh. Ils ont vĂ©cu en IsraĂ«l pendant quelques annĂ©es, au cours de laquelle elle a donnĂ© naissance Ă  leurs deux filles. La famille a ensuite dĂ©mĂ©nagĂ© en Belgique pour trouver du travail, oĂą ils ont vĂ©cu pendant 10 ans et ont eu plusieurs autres enfants.

Il y a quatre ans, ils ont rejoint un groupe de Olim de la Belgique et de la France pour s’installer au centre d’IsraĂ«l. MalgrĂ© la joie de revenir en IsraĂ«l et leur bonne maĂ®trise de l’hĂ©breu, la famille a connu de nombreuses difficultĂ©s. « Il est très excitant de faire l’Aliyah, mais c’est aussi quelque chose qui peut conduire Ă  des sentiments de doute et d’insĂ©curitĂ©, dit Devorah, ajoutant: « Cela peut ĂŞtre vu Ă  la fois entre le mari et la femme et dans les relations entre tous les membres de la famille ».

« Avant notre Aliyah, nous avons partagĂ© un sentiment d’euphorie », raconte-t-elle. Nous n’avions pas prĂ©vu les difficultĂ©s Ă©conomiques dont nous allions faire face. Nous sommes arrivĂ©s en IsraĂ«l avec un budget d’un an, pensant que lors de la première annĂ©e, nous serions en mesure de trouver une source de revenus ».

« Nous possĂ©dions une entreprise prospère Ă  l’Ă©tranger, de sorte que notre situation Ă©conomique Ă©tait stable et bonne », explique-t-elle. « Nous pouvions payer tout ce que nous voulions et gâter les enfants avec tout ce que leurs cĹ“urs dĂ©siraient. Nous n’avons pas eu besoin d’Ă©tablir des prioritĂ©s et dĂ©cider oĂą les choses sont plus importantes et ce que nous pouvons Ă©viter ».

« Une fois arrivĂ©s en IsraĂ«l, notre adaptation Ă  la nouvelle rĂ©alitĂ© fut très difficile. Ă€ la fin de l’annĂ©e, l’argent avait disparu; nous avons commencĂ© Ă  emprunter et avions de plus en plus de dettes. Notre qualitĂ© de vie a coulĂ© de manière significative. Tout Ă  coup, on n’a pas eu ce que nous voulions , les enfants ont eu du mal Ă  l’accepter. Pourquoi avaient-ils eu droit Ă  tout ce qu’ils voulaient Ă  l’Ă©tranger, alors qu’ici, en IsraĂ«l, ce n’Ă©tait pas le cas? »

« L’atmosphère Ă  la maison devenait dur et stressante », se souvient-elle. « Mon mari est restĂ© une annĂ©e entière Ă  la maison, parce qu’il ne pouvait pas trouver de travail. ĂŠtre Ă  la maison dans ces circonstances crĂ©e des tensions. Tout tombait en morceaux. Dans une pĂ©riode de crise, toutes les difficultĂ©s dĂ©bordent dans nos vies, et prennent des proportions inattendues. Ma relation avec mon mari Ă©tait en pĂ©ril. Les enfants criaient, en temps de conflit, « Pourquoi vous nous avez amenĂ© ici? » Mon Ă©tat Ă©motionnel Ă©tait si fragile. Tout tombait en morceaux, y compris notre mariage ».

« Dans des moments comme cela, chaque petite difficultĂ© devient une Ă©norme difficulté », explique-t-elle, se rappelant: « Par exemple, je voulais contacter l’Ă©cole concernant l’un des enfants, et je me souviens de cet arrĂŞt au milieu de la conversation, pleurant sans savoir pourquoi… »

« La tension Ă  la maison qui aurait du baisser pour les repas de Chabbat, un jour qui est censĂ© ĂŞtre le jour de repos, un temps pour la reconstitution, est devenu un temps chargĂ© de tension et difficile Ă  vivre. Le coeur surchargĂ© des enfants toute la semaine se vidĂ© autour de la table du Shabbat. Souvent, cela a pris fin avec des bagarres, en criant, en pleurant, un enfant partant au loin. Shabbat a marquĂ© notre profond sentiment d’Ă©chec ».

Devorah a rĂ©alisĂ© qu’elle avait besoin d’aide.

C’est Ă  ce moment que Chaim Shel Tova est entrĂ© en scène, offrant Ă  subventionner le groupe et la thĂ©rapie personnelle pour la famille de Devorah. « Sans eux, je ne sais pas ce que nous aurions fait », dit-elle. « Leur soutien Ă©tait crucial parce que chaque session est très coĂ»teuse et chaque membre de la famille a dĂ» aller aux sessions pendant une pĂ©riode prolongĂ©e. Notre Aliyah nous avait dĂ©jĂ  mis sous contrainte financière considĂ©rable. Et sachant qu’il y a cette organisation dont le but est de fournir des solutions aux problèmes de santĂ© mentale Ă©tait aussi rĂ©confortant », explique-t-elle.

Ă€ la suite de la thĂ©rapie, la famille a persĂ©vĂ©rĂ© et elle est restĂ©e en IsraĂ«l. Devorah, en tant que personne ayant connu le processus de l’Aliyah, offre maintenant ses conseils aux nouveaux immigrants, ainsi que pour ceux qui envisagent l’Aliyah.

Devorah souligne que la foi (Ă©mounah, croire en l’aide de Dieu) doit accompagner la dĂ©cision de faire son Aliyah, pour les aider Ă  surmonter les Ă©preuves et les crises qui se produisent le long du chemin. « Il faut beaucoup de foi. Vous devez tout regarder et vous rendre compte que les Ă©preuves sont vraiment pour le bien afin d’aider vous mĂŞme et votre famille Ă  grandir », explique t-elle.

Devorah signale que les Olim doivent se prĂ©parer Ă  intĂ©grer la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, y compris l’apprentissage de la langue et rencontrer des gens. « Les gens sont très fidèles Ă  leur langue », note-t-elle. « Vous devez comprendre que l’hĂ©breu est la langue sacrĂ©e de la terre d’IsraĂ«l. Insister sur votre langue maternelle, rendra par la suite plus difficile d’intĂ©grer le pays » .

« Je suis en contact avec beaucoup d’Olim et je vois beaucoup de gens qui se ferment, ont des difficultĂ©s d’Ă©duquer leurs enfants, et ne parviennent pas Ă  comprendre leur conjoint », dit-elle. « Une personne qui fait l’Aliyah doit venir avec un esprit ouvert et rĂ©aliser que la boĂ®te Ă  outils qu’ils utilisaient dans leur ancien pays n’est pas le mĂŞme que celle qu’ils utiliseront ici. Le système Ă©ducatif n’est pas le mĂŞme système d’Ă©ducation. La vie n’est pas le mĂŞme et les mentalitĂ©s ici sont diffĂ©rentes. Dans la diaspora, l’Ă©ducation est influencĂ©e par l’environnement des non juifs. Une personne doit ĂŞtre prĂŞte Ă  se sĂ©parer de toutes ces habitudes, qui ne sont plus applicables dans la terre d’IsraĂ«l ».

« Une partie de la difficultĂ© des Olim est le rĂ©sultat d’essayer de se raccrocher Ă  ce qu’ils avaient lĂ -bas, principalement en termes de choses physiques », affirme Devorah. « La vie dans la Diaspora implique plus de confort physique et de richesse, mais il est important de rĂ©aliser que l’avenir de notre peuple et nos enfants est ici dans la terre d’IsraĂ«l. Dans la diaspora il n’y a pas d’avenir pour les Juifs ».

2 Commentaires

  1. Très Ă©mouvant et authentique. En fait, seule une aliah spirituelle conjointe donne une chance de se « rempoter »…
    Ceux qui fuient là-bas pour y trouver une sécurité en seront pour leur frais. Une Montée doit etre collégiale, hormis les tout-petits qui suivent, comme une circoncision surprise.
    IMPERATIF que en Amont, le travail soit fait, et pas une fois que la detresse soit installĂ©e…
    Comme un entraĂ®nement « militaire » avant d’aller au front.
    Y a-t-il une structure prĂ© Aliah, ou seulement un cours d’apprentissage oulpan ? Dommage…
    Ça urge. Des catastrophes comme cette mère et ses 4 filles…
    Hashem aie pitiĂ©…

  2. Merci de retirer tout de suite la photo liĂ©e Ă  cet article. Il s’agit de ma famille et je n’ai jamais donnĂ© mon accord pour utilisation, surtout pas pour un sujet aussi grave. Retirez la immĂ©diatement sous peine de poursuites, il s’agit de mon bĂ©bĂ© sur la photo.