Suite Ă  l’interdiction de l’abatage casher, les Juifs belges sont face Ă  des boucheries vides

La communautĂ© juive de Belgique a du mal Ă  faire face aux retombĂ©es d’une interdiction de facto de la Shehita dans le pays, qui a Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©affirmĂ©e par la plus haute juridiction de l’UE.

La loi belge contre l’abattage des animaux sans Ă©tourdissement prĂ©alable a Ă©tĂ© adoptĂ©e en 2017. Étant donnĂ© que les pratiques religieuses juives et musulmanes n’autorisent pas l’Ă©tourdissement avant l’abattage, la loi rend l’ abattage casher et halal illĂ©gal en Belgique.

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Ce mois-ci, la Cour constitutionnelle belge a rejetĂ© une dĂ©cision de dernier recours faisant valoir que l’interdiction de la shehitah restreignait la libertĂ© religieuse.

Politico Europe a signalĂ© que l’interdiction du casher a un effet très prĂ©judiciable sur la communautĂ© juive, et cela est particulièrement visible dans les bouchers juifs et les restaurants casher.

Moishy Hoffman du restaurant casher de Hoffy a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait « gĂŞné » par le manque de viande casher Ă  sa disposition.

« Vous allez chez le boucher ici et vous voyez les comptoirs vides, vides, vides », a dĂ©clarĂ© Hoffman Ă  Politico. « Parfois, ils me donnent 10 steaks. J’ai besoin de 60 ou 70, et j’en ai 10. Qu’est-ce que 10 ? J’ai besoin d’un steak de canard, je ne l’ai pas. Agneau, nous n’avons pas ».

Le prĂ©sident du ComitĂ© de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), Yohan Benizri, ne pense pas que l’interdiction ait Ă©tĂ© initiĂ©e pour cibler spĂ©cifiquement la communautĂ© juive. Mais il a dĂ©clarĂ© que les dommages qu’il cause Ă  la communautĂ© ne semblent inquiĂ©ter personne non plus.

« Si vous faites quelque chose comme ça, votre intention est probablement simplement le bien-être des animaux ou un gain politique, mais vous envoyez un signal. « Nous ne nous soucions pas vraiment des Juifs. Nous ne nous soucions pas de leurs coutumes, nous ne nous soucions pas de leurs traditions », a-t-il déclaré aux médias.

La communautĂ© de 42 000 personnes – dont la moitiĂ© vit Ă  Anvers – se contente de viande casher importĂ©e d’autres pays. Cependant, Benizri a dĂ©clarĂ© qu’il craignait que les interdictions ne soient Ă©tendues au reste de l’UE.

Ă€ l’heure actuelle, par exemple, le gouvernement britannique Ă©tudie la possibilitĂ© de mettre en Ĺ“uvre de nouvelles lois sur l’Ă©tiquetage de la viande pour le bien-ĂŞtre des animaux, ce qui entraĂ®nerait l’Ă©tiquetage des produits casher – en tant que « viande non Ă©tourdie » – ce qui donnerait l’impression que l’abattage casher ne ne pas tenir compte du bien-ĂŞtre animal.

Ari Mandel, propriĂ©taire de Kosher4u.eu, un fournisseur belge d’aliments casher, a citĂ© le fait que 90 % de la viande est dĂ©sormais vendue surgelĂ©e et non fraĂ®che. Le manque de viande fraĂ®che vous coĂ»te des clients. Il a ajoutĂ© que deux boucheries casher ont dĂ©jĂ  fermĂ© leurs portes et que d’autres tiennent Ă  peine le coup.

L’interdiction du sacrifice religieux qui s’Ă©tend au reste de l’Europe est une rĂ©elle prĂ©occupation pour la communautĂ©.

« Ce n’est pas une question thĂ©orique, c’est quelque chose qui se propage comme le cancer », a dĂ©clarĂ© Benizri. « Vous avez dĂ©jĂ  assez de soucis en tant que Juif en Europe. »