Sur ordre de l’armée : les préparatifs à Meron sont gelés — et la hillula devrait être annulée

La hillula annuelle de Meron, l’un des événements religieux les plus massifs d’Israël, est sur le point d’être annulée. Sur instruction de l’appareil sécuritaire, les ministères gouvernementaux impliqués dans l’organisation de l’événement ont reçu l’ordre de geler tous les préparatifs — en raison de l’escalade de la situation sécuritaire au nord du pays et des alertes aux roquettes qui se poursuivent.

Malgré ce gel, la construction des infrastructures sur le site se poursuit, afin de maintenir ouverte la possibilité d’organiser la hillula si la situation sécuritaire devait se stabiliser. Pour l’heure, la directive est claire : suspendre toutes les préparations opérationnelles — l’organisation des flux de foule, la planification des axes de circulation et des barrages prévus pour le jour de l’événement, qui devait accueillir jusqu’à 200 000 personnes. Plus de 100 millions de shekels avaient déjà été alloués à ces préparatifs, alors même que les évaluations initiales tablaient sur une faible probabilité que l’événement se tienne réellement.

La hillula de Meron : ce qu’elle représente

Chaque année à Lag Baomer, le 33e jour du compte du Omer, le mont Méron se transforme en l’un des plus grands rassemblements humains d’Israël. Des centaines de milliers de pèlerins — religieux, traditionnels, hassidim de toutes obédiences — convergent vers la tombe de Rabbi Chimon bar Yohaï, sage talmudique du IIe siècle à qui la tradition attribue la rédaction du Zohar, texte fondateur de la kabbale. La hillula — terme désignant l’anniversaire de la mort d’un juste, célébré dans la joie plutôt que dans le deuil, conformément au vœu exprimé par le rabbi lui-même avant sa mort — est marquée par l’allumage de grands feux, des chants, des danses et la cérémonie du premier cheveux coupé pour les garçons de trois ans.

La montagne de Méron, point culminant d’Israël hors du plateau du Golan, est un lieu de pèlerinage depuis au moins le XIe siècle. Elle abrite également une base militaire stratégique de contrôle du trafic aérien — une infrastructure qui en fait une cible récurrente des roquettes et drones du Hezbollah, et qui complique structurellement l’organisation d’événements de masse à proximité.

Un précédent douloureux

La prudence des autorités sécuritaires s’inscrit aussi dans la mémoire de la catastrophe de 2021, la pire tragédie civile de l’histoire d’Israël : 45 personnes avaient été tuées et 150 blessées dans une bousculade meurtrière lors de la hillula, dans un couloir étroit sur le site. Une commission d’enquête d’État avait depuis lors tenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu personnellement responsable de cette tragédie, dénonçant les défaillances organisationnelles et sécuritaires accumulées depuis des années.

Depuis ce drame, les autorités israéliennes ont investi massivement dans la rénovation des infrastructures d’accueil et dans les dispositifs de sécurité, tout en limitant le nombre de participants autorisés lors des éditions suivantes. Cette année, l’annulation potentielle répond à une logique différente — non plus organisationnelle, mais militaire : le nord d’Israël est en état d’alerte permanente, et concentrer des centaines de milliers de civils à portée des roquettes du Hezbollah constitue un risque que l’armée n’est pas prête à assumer.


Pour approfondir sur infos-israel.news :

Les rabbins de Netanya ont ordonné : « Il est interdit d’entrer à la plage de Tsanz » — la dimension religieuse et sécuritaire dans la gestion des grands rassemblements en Israël.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b